‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 92 sur 122 · George Sand, Histoire de ma vie · texte numérisé non relu

George Sand, Histoire de ma vie

leurs, George Sand allait surtout demander à la clémence de ce climat le rétablissement de son fils. La route s'accomplit sans accident : la traversée fut heureuse. De Barcelone à Palma, la mer se fit douce et presque sans vague, le ciel brillant. La nuit, des milliers d'étoiles s'allumaient au firmament; malgré la saison, on respirait une brise tiède; sur le pont, Chopin écoutait le chant des matelots de quart; une mélopée bizarre, où il retrouvait quelque chose de la mélancolie des dumkas * de son pays. Puis on aborda à cette île enchantée, éternellement verte, où, en plein hiver, s'étalait cette végétation luxuriante sous les chaudes caresses d'un ciel africain. Dans le premier monient d'enthousiasme, tout parut beau, et l'on se montrait prêt à s'accommoder de tout ; encore fallait-il ne pas coucher à la belle étoile. Or Palma, si belle qu'elle fût à l'œil des étrangers avec ses maisons

1 Airs d'Ukraine.

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