‹ Les trois romans de Frédéric ChopinChapitre 97 sur 122 · VALDEMOSA · texte numérisé non relu

VALDEMOSA

gémit, apportant avec elle la plainte des oiseaux, chassant de grands brouillards qui tombent tout à coup semblables à un linceul et font paraître la petite lampe, que portent les habitants de cette solitude pour se diriger à l'heure du crépuscule, comme un feu follet errant sous les galeries * . L'âme de Chopin devient alors une sorte de temple où se repercutent toutes ces rumeurs mystérieuses. « Aux jours de soleil et de santé, aux bruits des voix des enfants sous la fenêtre, au soin lointain des guitares, au chant des oiseaux sous la feuillée humide, à la vue des petites roses pâles épanouies », il jouait à ses amis, sur ce piano de Pleyel dont le transport avait coûté 400 francs, tandis que, derrière sa chaise, se tenait immobile le menuisier de l'endroit, un sauvage dompté, ému jusqu'aux larmes par la douceur de ces accords, — des choses d'une suavité exquise.' Mais, quand sa pensée s'arrêtait à des visions

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