LE MUIRON
Cette frégate, prise à Venise en 1797, est celle
qui a ramené Bonaparte cVÉgypte
en 1799.
Le second, beaucoup plus petit, est la goélette VÉloik, qui transporta Napoléon de l'île d'Elbe à Fréjus eu 1815. Pour représenter les principales vicissitudes de cette grande existence, il ne manquait que le JNorthumberland, sur lequel s'accomplit le voyage de Sainte-Hélène.
Vers les trois heures du soir, nous étions à l'entrée de l'arsenal, glorieuse fondation de Louis XIV : là est le bagne. Suivant l'usage, un gendarme nous fut donné pour nous accompagner et nous servir de cicérone. Le bagne se compose de longs corps de bâtiments en pierre, avec des croisées garnies de forts barreaux de fer, ouvrant d'un côte sur la vaste enceinte de l'arsenal, de l'autre sur la mer. Dans toute leur longueur régnent, à trois pieds au-dessus du sol, deux planchers obliques, terminés h la partie inférieure par une barre de fer qui s'étend d'un bout à l'autre : c'est le lit des condamnés. Séparés en brigades pendant le jour, les forçats sont astreints aux travaux les plus pénibles : scier du bois et de la pierre, mater les navires, transporter des fardeaux, etc. A la moindre faute les coups de bâton ou de plat de sabre leur pleuvent sur les épaules. Si la faute est plus grave, on les renferme dans des cachots; s'ils se montrent récalcitrants, on les met à la double chaîne, dans des prisons obscures, où ils n'ont pour lit que la dalle humide. Là était, quand nous passâmes, le fameux Trarjine, ce redoutable bandit qui, nous dit-on, ne soupirait après sa liberté que pour assassinoj' le courageux magistrat qui s'était emparé de sa personne. Enlin, lorsque la faute est vraiment sérieuse, un conseil de guerre maritime juge le coupable et prononce