‹ Les Trois Rome (volume 2)Chapitre 25 sur 106 · INSCRIPTIONS. — PLAISANCE · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS. — PLAISANCE

quarts d'heure, nous alteudtmcs sur la roule, grelottant de froid, qu'il plût à messieurs les douaniers d'accomplir leur devoir. A peine si la visite dura le temps que je mets à l'écrire; car ce fut la cliose du monde la plus simple. Un vieux douanier s'approcha de nous, et tirant de dessous sa capote grise, lisérée de vert, une main amaigrie, armée de cinq doigts normands, il nous dit à mi-voix : Si(jnori : nous comprîmes. La bvona manda tomba dans le récipient, merveilleusement prompt à se refermer, et tout fut dit. Un instant après, nous étions en voiture, blancs comme neige et faisant maintes réflexions au sujet de ce qui venait d'avoir lieu.

Vers neuf heures, on découvrit les rives fameuses de la Trébie. Torrent plutôt que rivière, la Trébie, comme la Bormida, coule dans un lit de cailloux, dont l'extrême largeur nous fit comprendre quel redoutable obstacle elle peut présenter à une armée, au moment des crues. Annibal, que nous avions trouvé sur les bords du Rhône, nous apparut ici avec ses éléphants et ses troupes africaines, espagnoles et gauloises. Le consul Sempronius, avec ses Romains, se montrait sur la rive opposée. Encore un peu, et nous aurions entendu le cliquetis des armes, tant notre classique imagination était montée. Mais l'écho répète un autre bruit à peine expirant, c'est celui de l'artillerie allemande et française, qui naguère ébranla ces lieux et ces ondes tant de fois rougies de sang humain. Sur ce même terrain où, deux mille ans auparavant, les Romains avaient été vaincus parles Charthaginois, Macdon^ld livra, le 19 juin 1799, au redoutable Sovvarow, le sanglant combat qui dura trois jours. De part et d'autre, on brûla cinq millions de cartouches et l'on tira soixante-dix mille coups de canon : quinze mille hommes y périrent, et les armées couchèrent sur le champ de bataille.

Bientôt nous arrivâmes au pont magnifique bâti par Marie-Louise. Eu face même de la colonne qui est au milieu, nous transcrivîmes l'inscription passablement antichrétknne qui consacre tous les souvenirs militaires dont je viens de parler :

MARIA LUDOVICA

niP. FRANCISCI I CAES. FILIA

ARCHIDLX AUSTRI^

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