‹ Les Trois Rome (volume 2)Chapitre 49 sur 106 · OBÉLISQUE DE NÉRON · texte numérisé non relu

OBÉLISQUE DE NÉRON

béni, où tant de prières, tant de larmes ont été répandues ; d'où se sont élevés vers le ciel tant de vœux, tant de soupirs, tant d'acclamations triomphales : je vais enfin jouir d'un bonheur, l'ambition de ma vie. Puisst'-je éprouver quelques-uns des sentiments d'amour et de foi qui ont fait battre ici tant de nobles cœurs !

Cependant nous étions arrivés au Tibre. Nous le traversâmes sur le pont Saint-Ange, autrefois pont Élicn. Laissant ti droite le môle d'Adrien, nous fûmes en quelques pas en vue de la plus grande merveille du monde moderne. La place qui précède Saint-Pierre de Rome me tira de mes rêveries. Il était impossible de désirer, pour mettre en relief l'auguste basilique, une place plus majestueuse et plus imposante. Elle est de l'orme ovale, environnée d'un superbe portique à quatre rangs de colonnes, surmontées de statues en marbre blanc. Au milieu s'élève un obélisque ég>"ptien entre deux fontaines dont les eaux s'élancent en gerbes argentées et retombent en cascades bruyantes dans des vasques de bronze. Frappés, et comme éblouis de tout ce que nous voyions , nous restâmes quelque temps immobiles, sans rien distinguer, en face du portail de Saint-Pierre. L'obélisque eut le privilège de fixer enfin notre attention.

Transporté d'Egypte à Rome, par ordre de Caligula, ce monolithe fut placé dans le cirque du Vatican, auquel il servait de borne. Il vit Néron, déguisé en cocher, -conduire son char à la lueur des flambeaux vivants, c'est-à-dire des chrétiens revêtus de la toge incendiaire, attachés h des poteaux placés de distance en distance, et éclairant les jeux nocturnes du cruel empereur (i). En 1386, Sixte V le fit transporter au milieu de la place Saint-Pierre, en face de la basilique. Dans le principe il était supporté par quatre lions de bronze, et pouvait avoir cent pieds d'élévation ; les lions ont disparu, et la hauteur de l'obélisque ne s'élève plus qu'à 7-2 pieds. Sur un des côtés qui regardent les fontaines se lit la dédicace ({ui en fut faite par Caligula aux empereurs Auguste et Tibère. Sur le côté opposé à la place est gravée cette inscription triomphale, digne inspiration de Sixte V :

ECCE CRLX DOMINI,

FUGITE,

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