‹ Les Trois Rome (volume 2)Chapitre 50 sur 106 · DEFENDAT · texte numérisé non relu

DEFENDAT

ce Le Christ est vainqueur, le Christ règne, le Christ commande ; que le Christ défende son peuple de tout mal. »

En quittant l'obélisque, on arrive bientôt au pied d'une rampe douce qui conduit à la plate-forme, terminée par le portail de Saint-Pierre. Ces trois places, dont la réunion présente le plus gracieux ensemble, ont une longueur totale de 1,073 pieds.

Enfin nous touchâmes au seuil des saints Apôtres : ad limina Apostolorum. Que dire du temple immortel édifié par le génie chrétien à l'illustre chef de l'Église? Un tout parfaitement harmonique, malgré ses proportions colossales, des dorures admirablement ménagées, des peintures exquises, les marbres les plus précieux, des mosaïques inimitables de richesse, de coloris et de dessin: voilà ce qui frappe, éblouit les regards, de quelque côté qu'ils se portent. Mais je ne dois point parler aujourd'hui des magnificences humaines de l'auguste monument; ce n'est pas en artiste que j'y suis venu, c'est en chrétien. Le trône de saint Pierre, la confession, la coupole, trois magnificences d'un ordre supérieur, répondent mieux aux dispositions de l'àme dans une première visite : ils nous absorbèrent tout entiers.

Dans la vaste nef où l'œil se promène sans rencontrer ni chaises, ni bancs, ni chaire à prêcher, s'élève un trône d'évêque. Un pontife y est assis, immuable et immortel comme la vérité dont il est l'organe et le gardien. Ce pontife est le môme à qui il fut dit : Pais mes agneaux, pais mes brebis, confirme tes frères; j'ai prié pour que ta foi ne défailtil jamais. Et Pierre, le pontife des siècles, est toujours là vivant dans ses successeurs, enseignant par leur bouche, veillant par leur ministère sur les brebis et les agneaux. Dans la majestueuse solitude de l'immense basilique, Pierre est seul; devant lui tout se tait, tout a disparu. Ailleurs il y aura d'autres pasteurs, d'autres trônes, d'autres voix ; mais ici, dans le premier temple de la chrétienté, il n'y a d'autre pasteur que lui, d'autre trône que son trône, d'autre voix que la sienne. Chef suprême de la hiérarchie, il voit dans tous les Pontifes répandus aux quatre coins du monde, des membres de son bercail, des coadjuteurs, et non des égaux. Sa voix est leur oracle ; ses ordres, la règle de leur conduite ; et par eux l'oracle et la règle de l'univers.

Au ravissant spectacle de l'unité catholique personnifiée dans saint Pierre, la basilique en ajoute un autre non moins sublime. Elle montre le j)êchcur galiléen achetant sa glorieuse prérogative au prix d'un immense amour. Voici à quelques pas du trône la confession de l'apùtrc. Admirable nom donné par le génie chrétien à l'autel des martyrs ; car il rappelle que

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