CIVITAS IBI GLORLE TV^ AUTORI PROMISIT ISTE DAT KRISTUS OMNIA TIBI
QVI ALIVM PARAVIT THEATRVM IN COELO.
« C'est donc ainsi que tu récompenses, cruel Vespasien; pour prix tu » reçois la mort, Gaudentius. Réjouis-toi, Rome, dont l'empereur se « contente de faire des promesses à l'auteur de ta gloire, car le Christ les » accompht toutes pour toi, lui qui t'a préparé un autre théâtre dans le M ciel. »
Le mot théâtre est ici placé par opposition avec Y amphithéâtre; cette antithèse est très-belle, puisque dans les théâtres on ne représentait que des choses riantes et agréables, tandis que dans les amphithéâtres on donnait des spectacles de sang et d'horreur (2).
Non loin de Sainte-Martine est l'église dédiée aux saints martyrs Cosme et Damien. Elle est bâtie sur les ruines, peut-être avec les propres pierres du temple de Ronuilus et Rémus. Au-dessus des bénitiers sont incrustés dans le mur deux de ces blocs de marbre noir que les bourreaux attachaient au cou des chrétiens en les précipitant dans le Tibre. A l'exemple de tous les fidèles, nous baisâmes avec un respectueux amour ces monuments éloquents du courage et des souffrances de nos pères (3). De là, nos regards s'arrêtèrent sur la superbe mosaïque de l'abside : c'est
(1) Ciampini, t. ii, p. 55.
(i) Voyez Marangoni, Cose cjeniihsche, etc., del Coliseo.
[o] Le savanlPèreGallonio a très-bien prouvé, dans son ouvrage .vuî- lei Martyrs, que ces pierres n'étaient pas des poids à Tusage des marchands.
une pngc d'histoire qui veut être étudiée. Au sommet de l'arc apparaît le Sauveur, debout, la main droite levée pour bénir, la gauche tenant l'Évangile. Une dalmatique de pourpre et un manteau d'une blancheur éclatante forment son vêtement sur lequel brille le T, monogramme symbolique du fils de l'homme. La figure du Sauveur, ornée du nimbe circulaire, mais non radié, est d'une majesté, d'un grandiose que nul artiste moderne n'a pu imiter. A droite du Sauveur paraissent trois personnages magnifiquement vêtus : le premier est saint Pierre conduisant au Sauveur saint Cosme qui porte en ses mains une couronne ornée de fleurs : c'est le pain de l'oblation off'ert par les fidèles pour le sacrifice, et qu'ils avaient coutume de couvrir de fleurs. A la suite du saint martyr vient le pape saint Félix, fondateur de l'église dont il porte le modèle dans ses mains. A gauche de Notre-Scigneur est saint Paul conduisant saint Damien, distingué par le même attribut et par la même chaussure que son frère. Cette chaussure est pleine, tandis que celle des apôtres se compose de simples sandales. Saint Damien est suivi de saint Théodore, le glorieux général de l'empire, martyrisé sous Licinius. Au-dessus du Sauveur on voit le jardin et les quatre fleuves du paradis terrestre, emblèmes éloquents de la vérité, sortant du ciel et de la Judée, se répandant aux quatre coins du monde. L'Agneau de Dieu, fondateur, apôtre et martyr de l'Évangile, apparaît plus bas, le nimbe en tête; à sa droite et à sa gauche viennent douze agneaux, symbole des douze apôtres qui sortent de deux cités : Jérusalem et Bethléem, commencement et fin de la vie mortelle du Rédempteur.
Au bas de cette magnifique mosaïque on lit l'inscription suivante, si connue des archéologues :
AVLA DEI CLARIS RADIAT SPECIOSA METALLIS, IN QVA PLVS FIDEI LUX PRETIOSA MICAT.
MART-VRIBLS MEDICIS POPULO SPES CERTA SALVTIS VENIT ET SACRO CREVIT HONORE LOCUS.
OBTULIT HOC DOMINO FELIX ANTISTITE DIGNUM MVNVS VT iETHEREA VIVAT IN ARCE POLI.
L'attention ne se détourne avec peine de ce chef-d'œuvre de l'art chrétien au sixième siècle, que pour se reposer sur le magnifique vase de porphyre qui brille dans la chapelle du Crucifix. Archéologues, artistes et chrétiens, ne manquez pas de voir ce nouveau chef-d'œuvre. Rempli d'ossements de martys, il a le double pouvoir de ravir l'admiration et de remuer toutes les fibres de l'ilme. Enfin, n'oubliez pas que c'est ici, dans ce tenq)lc, dont la destination primitive est peu connue, que fureut trouvés les fragments en marbre du plan de l'ancienne Rome, transportés par ordre de Benoît XIV au musée du Capitole.
En avançant toujours sur la gauche du Forum, on arrive à l'église de