SACRÉ COLLEGE
Pour honorer la science cl la vertu partout où elles se rencontrent, le sacré Collège se recrute dans les rangs du clergé séculier et régulier, et, autant qu'il est possible, dans toutes les nations. Il doit compter au moins quatre docteurs en théologie, appartenant aux congrégations religieuses et surtout aux ordres mendiants. De peur que l'esprit de famille ne se glisse dans une institution éminemment catholique, les deux frères, les deux cousins, l'oncle et le neveu, ne peuvent jamais, quel que soit leur mérite, siéger ensemble dans l'auguste sénat.
Le nom des cardinaux révèle à lui seul le rôle important qui leur est assigné dans la hiérarchie catholique. Semblables aux pivots qui soutiennent les portes du temple matériel, ils sont placés dans l'édifice de l'Église comme des gonds sacrés sur lesquels roule la porte iamiortelle qui ouvre et ferme le ciel; c'est-à-dire qu'ils sont l'appui et le sénat du vicaire de Jésus-Christ, qu'ils entourent de leurs lumières, de leur expérience, de leur courage et de leur dévouement sans limites (i). Inscrit pour la première fois dans l'histoire, à l'époque du concile de Rome, sous Constantin, leur nom brille ensuite à chaque page des annales chré-
25» Sancli Rarlholomœi in Insula ; 2G" Sancli Augiislini; 27° Sanctœ C.Tciliœ;28''Sanctorum Joannis el Pauli; 29» Sancli Martini in Monlibus; ÔO" Sancli Aicxii; 51° Sancli Oiemenlis; 32» Sanclœ Slarise de Populo; ùô"Sancloium Nerœi el Achiilœi; 04» Sancta3 Maria' de Pace; 5o» Sanctœ Mariœ de Ara Cœli; 36" Sancli Salvatoris in Lauro; 07" Sanclœ Crucis in Jerusaleiu ; 38» Sancli Laurenlii in Panisperna ; 39" Sancli .loannis anle Portam Lalinam; 40" Sanclae Pudenlianœ; 41° Sancla; Prisc;c; 42» Sancli PancraUi; 40" Sancla; Sabinœ; 44» Sanctœ Mariœ supra Minervam ; 4> Sancli Caroli; 40" Sancli Thomœ in Parione; 47» Sancli Hieronymi Illiricorum ; 48» Sanclœ Susannœ; 49» Sancli Sixli; oO« Sancli Maltœi in Merulana; ol» Sanclissimœ Trinilalis in Monte Pincio.
Pour les cardinaux diacres, voici le nom des diaconii.'s : I» Sancli Laurenlii in Damaso; 2» Sanclœ Mariœ in Via Lala; 3» Sancli Eusiachii; 4» Sanclœ Mariœ Novœ; o» Sancli Adriani; 6» Sancli Xicolai in Carcere Tulliano; 7» Sanclœ Agalhœ; 8° Sanctœ Mariœ in Dominica ; 9» Sanclœ Mariœ in Cosmcdin ; 10» Sancli Angeli in Foro Piscium ; 1 1» Sancli Georgii in Velum aureum ; 12» Sanctœ Jlariœ in Porlicu ; 13» Sanclœ Mariœ in Aquiro ; 14»Sanctorum Cosaiœ el Damiani ; 13» Sancli Vili in Macello.
En ajoutant les six évûchés d'Osiie,de Porto, d'Albano, de Sainte-Sabine, de Frascali el de Paleslrine, vous avez soixante-douze litres, deux de plus en apparence que n'en fixe la bulle de Sixte V. Mais il faut remarquer que le lilre de Saint-Laurent w Damaso n'est pas une diaconie proprement dite. Il est toujours donné au vice-chancelier de l'Église romaine, qu'il soit diacre, prêtre ou évêque. En conséquence, Sixte V ajoute deux litres, afin que si le vice-chancelier était diacre ou évê(]ue, aucun autie cardinal, diacre ou évoque ne lui privé de son titre. Dans toutes les lettres apostoliques où se trouve la souscription des cardinaux, chaque cardinal doil signer en indi(]uanl son litre.
(0 Apostûlica Sedes capul et cardo à Domino et non ab aliis conslilula est, el sicut cardine ostium regitur, sic hujus aposlolicœ Sedis aucloritale omnes ecclesiœ (Domino disponenle) regunlur. Unde Senalus cardinalium à cardine nomen accepit, quasi se régal el alios; sicuU enim ostium regitur per cardines, ila Ecclesia per istos. El cardinales cardines dicunlur in Romana Ecclesia duplici simililudine, vel quia sicut domus habet ostium et cardinem, sic Ecclesia habel papam qui est ostium Dei vel Ecclesiœ et cardinales, etc. Moscon. de Majeslate milii. eccl. lib. i, c. v.; el ex cap. SacroSancta,2, dist. 22; el le pape Eugène IV, dans sa constitution Non Mediocn, § 14: Quorum olïicio nomen ipsum consonat oplimè, nam sicul super cardinem volvilur oslium domus, ila
tiennes (i). On les voit tour à tour présider les conciles généraux, ou traiter en qualité d'ambassadeurs, auprès des empereurs d'Orient et des rois d'Occident, des plus graves intérêts des sociétés modernes ; administrer l'Église elle-même pendant la vacance du Saint-Siège, et exercer dans les conclaves la glorieuse prérogative de donner un chef à la chrétienté (2).
Ainsi tous ces personnages vénérables que nous allions voir pour la première fois réunis autour du vicaire de Jésus-Christ, surpassent en dignité les évêques, les archevêques, les patriarches et les primats (3). S'il est beau de voir un roi au milieu de ses grands officiers, on nous permettra de trouver encore plus beau de contempler le souverain Pontife environné de son auguste cour.
Tant de grandeurs et de puissance devaient être entourées de cet éclat extérieur, nécessaire, quoi qu'on en dise, pour commander le respect. Aussi, les souverains Pontifes ont-ils eu soin de rehausser par des distinctions et des privilèges la dignité des princes de l'Église. Au concile général de Lyon, en 1244, Innocent IV leur accorda le droit de porter le chapeau rouge; Paul II y ajouta l'usage delà batrelte et de la calotte rouge, défendant, sous des peines graves, à quiconque d'orner sa tête d'une coiffure de pareille couleur; enfin, il fixa le caparaçon de pourpre pour leurs montures, lorsque le sacré Collège sortirait h cheval. Le titre d'Éminence, (.Véminentissime, donné aux cardinaux, privativement à tout autre dignitaire de l'Église, date d'Urbain VIII. Mais un des plus glorieux privilèges des cardinaux, c'est le droit d'obtenir la grâce d'un criminel
super eos Sedis aposlolicœ el lolius Ecclesia; oslium quiescil. — El le cardinal Picrie d'Ailly, de Auct. Eccl. cap. de card- : Senalui aposlolorum succedil Collegium sacrum cardinalium f|iianlum ad illura stalum,quo Aposlolico consislebant Pelro antequam fièrent pariiculurium ecclesiarum episcopi.
(1) l'rœsul nondamnelur nisi cum 72 leslibus; presbyter vero cardinalis nisi cum 64 teslibus non deponalur; diacoiius autem cardinalis urbis Romœ, uisi cuai 27 leslibus non condemiiabilur. Cap. prœsul. 2, 90, o, caus. 2.
(ï) Jiis(iiraii XI* siècle, le souverain Pontife élail élu par le clergé loul entier avec le témoiiinu(je du peuple. Pour éviter les inconvénients attachés à ce mode d'élection, le pape Nicolas II, en 1059, au concile de Rome, décida que les cardinaux auraient la principale part dans l'élection ponlilicale, mais que le reste du clergé et le peuple seraient coiiïullés et priés de donner leur conseniement. « Decernimus atijue slatuimus, » ut obeunle liiijus Romana; universalis Ecclesiœ Ponlifice, in primis cardinales epis- > copi diligonlissiniè simnl de eleclione tractantes, mox (-luisti cIern;os cardinales ad- » hibeanl, sic(]ue reliquus clerus et populus ad consensum novœ electionis accédât. » Cap. in nomitie Uontitii, i, dist. 23. — Ce nouveau mode d'élection dura jusqu'au temps d'Alexandre III, en 1 179. Des divisions se manifestant encore quelquefois, ce souverain Pontife, décida au concile général de Latran, que celui-là serait canoniquement élu, qui réunirait les deux tiers des suffi âges des cardinaux, le clergé el le peuple devant désormais rester étrangers à l'élection. Tel est le mode actuel confirmé par des siècles, par les souverains Pontifes et par les conciles généraux. Voyez Barbosa./MS. Ecc. univ., lil). I, c. I, n. btj.
(i) Sauclx Romans Ecclesise cardinales coc(ero<omne«, etc. Ferraris, art. Cardin.