‹ Les trois RomeChapitre 20 sur 75 · L. GESTIYS. QYJS. EX. PARTE. AD · texte numérisé non relu

L. GESTIYS. QYJS. EX. PARTE. AD

EYH. FRATRIS. HEREDITAS

M. AGRIPPJE. MYNERE. PER

YENIT. EX. £A. PEGTmA. QUAM

PRO. SYIS. PARTIBYS. REGEPER.

EX YENDITIONE. ATTALIGOR.

Q\M. EIS. PER EDIGTYM.

iEDILIS. IN. SEPYLGRYM.

G. GESTI. EX. TESTAMENTO.

BJYS. INFERRE. NON IIGYIT.

1» Dans les quatre premières lignes elle nous fait connaître les cinq héritiers de Caius Cestius.

2° Dans les trois suivantes elles nous apprend qu'une partie de la succession de Caius Cestius revint à son frère Lucius par la libéralité d'Âgrippa. Cette circonstance est doublement précieuse. D'abord elle rend témoignage à rhabitude où étaient les Romains de faire héritiers d'une partie ou de la totalité de leur fortune les grands personnages de l'empire, quelquefois l'empereur lui-même. Cette conduite étrange , mais qui peinlt les mœurs du temps, avait plusieurs motifs. Chez les uns , « c'était la flatterie; afin de s'attirer les bonnes grâces d'un homme puissant, ils le déclaraient publiquement leur héritier. Tel fut ce Sextus Pacuvius dont parle Dion, qui, après des bassesses de tout genre pour capter

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la bMnmllioee iFA«piste^ M on jaar*aitminoer à «se prince qu'il lui léguait toute se fortune'. La» eutras avaient pour but d'assurer à leur famille la proteetiop de quelque grand personnage. Certains de la bonne foi de leur l^ataire , ils lui donnaient en fidéicommis une partie de leur succession, afin qu'elle retournât aux héritiers qu'ils voulaient favoriser, mais que les circonstances ne permettaient pas d'envoyer directement eu possession.

Tel est dans l'inscription le cas de Lucius Gestius. La remise de la succession par l'héritier fiduciaire s'appelait une faveur, un acte de libéralité, comme Texpriment ces trois mots Agrippx munere pervenit. Dans la réalité, ce nom ne lui convenait que trop bien. La bonne foi et le désintéressement étaient rares parmi les Romains du temps de l'empire; et comme aucune loi écrite ne forçait les héritiers fiduciaires à rendre la succession, il arrivait fréquemment que les intentions du testateur n'étaient pas remplies ^. Les abus devinrent si criants qu'Auguste chargea les consuls d'interposer leur autorité pour faire accomplir les fidéicommis. Cette mesure fut insuffisante, et Claude se vit obligé de créer des magistrats spéciaux , prœtores fidei-eommissarUy pour veiller à l'exécution de ces clauses testamentaires.

Ensuite les mots de l'inscription, Agrippm munere pervenit, ont encore l'avantage de fixer l'époque du tombeau de Gestius : ils nous apprennent qu'il remonte au siècle d'Auguste, dont Agrippa était le gendre. Ainsi

» Lib. 53.

' Qttia, dit U téf^fOMS'CûmulU TribeUàuê» jmxH> invitus eo^ebatur praostare id de quo rogatiis erat; quia nullo vinculo juris, «ed tantum pudore earum qui rogabantur contÂnebantur.

nrÈAUtDB Dfe oÈStius. 1119

nous pDi^oiK jugêT) d'après ce luontimeiit âittiMitique^ de l'ardiitectaîe, de la peinUire, dti goftt et de la niegnMcenee des Romainfi dans leufsconsInictiôiiB Ainàtwes.

3* LesUgiieacinq^ fit, êtfiy hnit^ neuf et dix révèlent d'autres partiealarités non moins IntéiMMiiteB. Nous y voyons que Lucîus Cesttus coassera sa part de la succession fraternelle à édifier le monument de son. frère ; que les héritien firent le complément de lasomme nécessaire en vendant les attaiiquâ$ du défunt. On appelait àttaliea des draps d'or, ornés de peintures à Taiguille, servant de oourtes^nles pour les lits, de tapis pour les tables ou même de manteau. Sous ce nom étaient encore compris les vêtements précieux y tels que les laticlaves, la robe prétexte, etc. Ces objets de luxe, auxquels Attale» roi de Pergamei avait donné son nom, étaie&t d'une valeur immense ^ Toutefois les riches avai^dt coutume de les brûler avec le corps de leur propriétaire.

40 i„es trois dernières lignes nous apprennent qu'un des édiles était particulièrement chargé d'empécber cette dépense non moins ruineuse qu*inutile; que dans le fait il ne la permit point aux héritiers de Cestius; qu'en conséquence ceux-d employèrent l'argent provenant de la vente des altalica à élever une statue à Cestius ; enfin^ que l'édile pouvait même annuler la clause du testament qui ordonnait de livrer aux flammes du bâcher ces précieuses tentures.

5® L'ensemble de l'inscription joint à l'existence d'une statue qui devait être magnifique 1 afin de ne point déparer le superbe tombeau de Cestius, semble indiquer clairement l'énorme fortune de ce Romain et surtout le

• Plin.jlib. 37, c. 1.

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nombre et la richesse de ses attaliques. Mais qoi étui Caius Cestius? L'histoire n'en dit rien ; et nous serions réduits à une ignorance complète si la seconde inscription ne venait jeter quelques traits de lumière sur une existence qui n'a d'autre gloire que celle de la tombe. Sur ]& façade orientale de la pyramide on lit :

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