‹ Les trois RomeChapitre 22 sur 75 · SAINT-PAUL HORS DES MUBS · texte numérisé non relu

SAINT-PAUL HORS DES MUBS

poînt de magnificence, lorsque, dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823, un incendie violent, occasionné, diton, par rimprudence d'un plombier, réduisit en cendres la plus grande partie de cet irréparable édifice. Sur-lechamp Léon XII de glorieuse mémoire , ordonna de le reconstruire : les travaux n'ont pas été interrompus , mais ils sont loin d'être achevés. Plusieurs princes sont venus en aide au Pontife. Les deux superbes monolithes qui décorent l'entrée de la grande nef ont été envoyés par le roi de Sardaigne, et Méhémet-Âli a fait don de quatre magnifiques colonnes en albâtre de cinquante pieds de hauteur.

Telle est en quelques lignes l'histoire de cette basilique; l'inventaire de ses richesses demanderait un volume entier. Le peu que j'en vais dire suffira pour faire comprendre et la générosité vraiment royale, et la foi vive des siècles chrétiens, et la profonde vénération dont ils environnèrent constamment le grand Apôtre. Suivant sa coutume, Constantin enrichit la nouvelle église d'une prodigieuse quantité de vases, de flambeaux , de statues d'or et d'ai^ent. Les impératrices rivalisèrent de générosité avec les princes leurs époux et leurs fils. Galla Placidia , fille de Théodose, épouse de Constant et mère de Valentinien , fit faire la superbe mosaïque du chœur qui existe encore. Aux maîtres du monde se joignirent les souverains Pontifes et les particuliers. Les peintures, les tabernacles en argent, les pavés en mosaïque, le matroneum ou enceinte réservée pour les femmes furent l'ouvrage des papes Symmaque, Grégoire II, Grégoire III, Adrien P', etc. Ce dernier restaura encore le portique élevé par la piété des fidèles, depuis les murs de la ville jusqu'à l'église, c'est-à-dire sur une longueur de trois milles. Bien qu'il n'existe plus

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depuis le dixième siècle , on peut y quand on a vu celui de Bologne ; se former une idée de la magnificence de cet ouvrage , digne par son caractère grandiose de la piété romaine.

La célèbre porte de bronze ^ une des merveilles de Saint-Paul , fut faite à Constant inople en 1070^ aux dépens du consul romain Pantaléon* On y voyait en relief les Prophètes , les Apôtres et les principaux traits de leur vie. Cette porte, fondue par Tincendie, n'existe plus qu'en morceaux. Heureusement que le fidèle burin deNicolaïen a conservé limage; Tarchéologie chrétienne n'aura pas tout perdu. Cent trente-deux colonnes soutenaient la basilique et la divisaient en cinq nefs. Vingt-quatre étaient de marbre phrygien, d'un travail exquis , d'ordre corinthien et cannelées dans les deux tiers de leur hauteur. Leur origine les rendait plus précieuses encore; elles provenaient ou du nmusolée d'Adrien ou de la basilique Émilienne au Forum. Les autels étaient ornés de trente colonnes en prophyre, les murs de la nef du milieu couverts de peintures du neuvième siècle et tous les compartim^ts du pavé faits en marbres précieux. De tant de richesses, Tincendie n'a presque rien épargné : ce qu'il n'a pas détruit il l'a plus ou moins endommagé.

Il faut excepter les objets suivants : les mosaïques de la façade^ ouvrage de la fin du treizième siècle ; le portique de l'église, orné de douze colonnes dont quatre en granit; la fameuse urne du troisième siècle qui se trouve sous le portique. Elle est couverte de bas-reliefs d'un médiocre travail, représentant l'infidélité et le supplice de Marcia, l'apothéose d'un poète tragique et de petits génies montés sur des navires qui entrent dans le port, syoibole de l'autre vie. Enfin, la grande mosaïque d'Ho-

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