‹ Les trois RomeChapitre 26 sur 75 · SERMON DE LA PASSION · texte numérisé non relu

SERMON DE LA PASSION

dépouillés, ce long cri de douleur dont elle fit retentir les échos du Golgotha. Cependant le chapitre s'est retiré^ l'autel reste entièrement découvert^ les cent vingtdeux cierges qui entourent la confession sont éteints. Dans ce moment de dépouillement et de silence quelque .chose de froid et d'inaccoutumé impressionne Fàoie plus fortement peut-être qu'à toute autre époque de Tannée; les proportions de la basilique semblent doublées; les ténèbres mystérieuses qui régnent dans ses profondeurs les plus reculées» quelques lueurs lointaines qu'on aperçoit dans le fond de Téglise pour di* riger les pas de ceux qui, les derniers^ quittent cet immense temple font naître conune une religieuse terreur dans Fàme du spectateur habitué aux riches clartés de la splendide basilique '•

Le temps nous permit de visiter quelques reposoirs* Ceux qui par leur bon goùt^ leur brillante illumination et le pieux concours dés fidèles nous causèrent une plus douce émotion sont ceux du Jésus et 'de Saint- Antoine des Portugais. Nous terminâmes cette journée^ riche de tant de grâces et de souvenirs, en assistant à Saint-André délia Valle au sermon de la Passion. C'était à la troisième heure de la nuit; l'église était remplie; et nous souhaitons à tous les pèlerins d'entendre, comme nous, raconter les douleurs du Fils de Dieu par l'éloquent P. Ventura.

* Chapelles papaUSf p. 274.

234 L£8 TROIS EOIIE.

9» Mat».

Vendredi Saint — Coap d'oeil sar Rome. — Vénération des reliques à Sainte-Croix en Jérusalem. — Office à la Chapelle Sixtine. — Adoratton de la Croix. — Tribut royal. — Exposition de la Traie Croix. — Ténèbrei.— Vénération des reUqaet à Saint-Pierre. — Les trois lieucea d*agooie. — Le Chemin de la Croix. - L'heure de Marie désolée. — Office selon le rit grec. — L'académie des Arcades.

Le Vendredi Saint ! Rome est en deuil ,• c'est Marie sur le Calvaire. Tout ce qu'elle possède des vestiges de la Passion ou des instruments du déicide^ la Jérusalem de rOccident Fexpose à la piété des pèlerins et le vénère elle-même les larmes aux yeux. Dès le matin le trésor de Sainte-Croix en Jérusalem est ouvert : le titre de la croix, le clou et les autres grandes reliques sont exposés solennellement à la vénération des fidMes*. Le

* Les plus insignes reliques de Sainte-Croix en Jérusalem sont : deux épines de la sainte Couronne , un clou et récriteau de la Croix . L'écriteau est une planchette en bois de couleur noîrftke, d^environ un pouce d^épaisseur sur six k sept pouoe de largeur et dix de longueur. L^inscadptiony en hébreu, en grec et en latin, est écrite de droite à gauche, suivant la manières des Juife* Au-dessus est Thébreu, au milieu le grec, au bas le latin. Hebraicc^ grece et latine, comme le dit avec tant de précision saint Jean l*Êvangéliste. On ne lit plus que ces mots Nazarenus Re, écrits comme il suit ea scnerazan ; ces mots se répètent en grec et en hébreu.

Les deux parties extrêmes de Técriteaa , portant le reste de rinscription, ont été enlevées par un cardinal espagnol ( je crois du nom de Mendoza), qui, étant protecteur de Sainte-Croix, voulut faire jouir sa patrie d'une portion de cette relique infiniment précieuse. Mais on conserve à Sainte-Croix le fac-similé de récriteau entier, qui peut avon» deux pieds de lonjg sur sept pouces de haut.

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