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quiow miUei vingt mille pèlerins^ arrivant de toutes laa parties du monde et campant dans la plaine deux ou trois jours avant l'heure sainte ! Bien des peuples ne sont plus que faiblement représentés à ce saint rendez-vous d'indulgence y où Ton contait jadis cent raille personnes; mais les Italiens ^ sont restés fidèles.
«C'est là qu'il faut les voir avec leurs costumes si gracieux et si variés. Ce sont les paysans de la Toscane^ les plus propres^ les plus élégants de tous, surtout les fem* mes avec leur vêtement court, toujours bleu ou écarlate^ sans manches, leurs cheveux ordinairement blonds, nattés en rond derrière la téte^ leurs chapeaux de paille et les longues touffes de rubans de diverses couleurs qui flottent autour d'elles* Ce sont les montagnards de rOmbrie et des Abruzzes avec leurs braies serrées, leur justau corps gris, leurs larges chapeaux et cette chaussure de grosse toile et de cuir liés avec des cordelettes; les femmes avec leur coiffure si riche, quoique grossière et simple, en toile blanche ou de couleur, leur corset de velours vert ou rouge bordé de noir ; leurs jupes lar^ ges à mille pUs, et leur mantelette, longue pièce de drap ordinairement rouge ou bleu, bordée de quelque couleur voyante et dont elles se drapent d'une manière pittoresque. C'est là dans cette grande iéte populaire que le peuple italien apparaît réellement peuple-roi^ roi de la grâce, de la poésie, de Tart; cette royauté vaut toutes les autres.
« Tout le long de la route de Pérouse à Spolette , à plusieurs milles, des marchands dressent leurs boutiques; on y vend des vivres, des étoffes et surtout des chapelets, des médailles et autres petits objets de dévotion ; chacun veut emporter un souvenir, un gage qui doit charmer les embrassements du retour.
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« La journée est ordinairement consacrée à visiter la basilique d'Assise , le tombeau de sainte Claire^ Saint*- Damien, tous les sanctuaires vénérés de ce paradis de l'Apennin; mais les bandes pieuses^ en chantant des cantiques^ aiment surtout à aller prier dans l'humble et trèsancienne chapelle délie Carceriy solitude chérie de saint François. Le soir, après que chacun a pris son repas en famille, car il y a des familles entières, ou avec des compagnons de route , les uns se reposent de leur voyage , les autres racontent d'édifiantes histoires, quelques-uns chantent en s'accompagnant d'instruments de leur pays. Sous ce ciel d'Italie, pendant ces nuits d'été si sereines, les anges descendent sur la terre et recueillent pour les présenter à Dieu toutes ces joies confiantes et ces douleurs résignées. Les portes de l'église restent toujours ouvertes , et plus de trente confesseurs sont occupés à panser et à guérir les blessures de l'âme.
« L'intérieur du couvent présente l'aspect d'un grand caravansérail, où se serait arrêtée une nombreuse caravane. Tous les bons paysans des environs, qui, plus d'une fois, ont accueilli le frère quêteur, descendent de leurs montagnes et viennent demander à leur tour une hospitalité qu'ils n'ont jamais refusée. D'ailleurs le couvent est par excellence la maison du peuple ; il s'y établit comme chez lui. Dans la cour il met son âne, son cheval; il se couche tranquillement dans les corridors, dans les cloîtres et sur les marches des escaliers.
« Cependant la cloche du Sagro Convento donne le signal solennel que la journée du pardon s'ouvre dans le ciel et sur la terre. Tous les religieux de Saint-François défilent en longues processions sur la route d'Assise ; l'évêque suit avec le clergé , tous les grands personnages ecclésiastiques et les magistrats. Les portes de
Notre-Dame des Anges s'ouvrent avec cérémonie, et le peuple s'y précipite avec une passion^ un délire dont il est difficile de se faire une idée. Ce sont des invocations^ des cantiques, des larmes : chacun à sa manière témoigne à Marie^ reine des anges et des hommes, son amour^ son respect, sa reconnaissance : il est impossible de n'être pas profondément ému d'un pareil spectacle ^ »
Assise nous offrit à chaque pas les souvenirs de saint François. Nous visitâmes successivement l'église et le monastère de Sainte-Claire , première abbesse des Clarisses et dont le corps repose sous le maître autel, entouré des fresques de Giotto ; Saint-Damien, où nous vîmes la porte murée de laquelle sainte Claire^ armée du Saint Sacrement^ repoussa les Sarrasins déjà maîtres de la ville; le couvent et la double église de Saint- François.
A notre grand déplaisir, nous ne pûmes donner qu'un rapide coup d'œil à cette perle de l'Italie ; car c'est ici le chef-d'œuvre de l'école Ombrienne et le véritable sanctuaire de Fart catholique. Le couvent^ avec ses merveilleux cloîtres et son réfectoire , le plus superbe des réfectoires, répond, par ses proportions et par ses fresques d'Adone Domi et de Solimène^ à la magnificence de l'église. L'église elle-même est une épopée qui retrace la vie du Saint dans sa double phase du temps et de l'éternité. L'église inférieure , image de François sur la terre^ respire la tristesse, la pauvreté et la pénitence. Aux compartiments de la voûte du transept vous' voyez les inséparables compagnes ou^ pour mieux dire, la personnification du glorieux patriarche : c'est la sainte pauvreté^ la sainte obéissance^ la sainte chasteté et plus
• Yie de s /Francis y c. xi,passim.
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haut la glorification de François ^ assis surira tr6ne d'or, rayonnant de lumière^ revêtu de la riche tunique de diacre et entouré des choeurs angéliques qui célèbrent son triomphe. L!œil admire ces chefs-d'œuvre , le cœur prie devant ces figures^ et l'esprit demande quel est l'auteur de ces pages inspirées.
En 1250» le patriarche de la peinture, Cimabue, était à Assise^ peignant les grandes figures byzantines de l'église supérieure. Or, un jour, se promenant dans la campagne de Vespigniano, il trouva un pauvre petit berger qui dessinait sur une pierre pkite une brebis de son troupeau : c'était le roi futur de l'art catholique; il s'appelle Giotto. Dans la plénitude de son inimitable talent, il a peint, avec un amour filial, les grandes figures devant lesquelles six siècles sont restés muets d'admiration. De son côté, Giottino, supérieur peut-être à Giotto pour la forme, l'harmonie et le sentiment, a déposé le tribut de son génie dans l'histoire de Notre- Seigneur et de la très-€ainte Vierge, qui décore la croisée droite de l'église inférieure. Stefano Fiorentino, Puccio Capanna, Buonnamico, BufTalmacco et bien d'autres sont venus écrire quelques lignes de ce grand poème. L'un deux exprimait ainsi la pensée de tous : a Nous autres peintres, en travaillant dans ce sanctuaire des beaux-arts , nous ne nous occupons d'autre chose que de faire des saints et des saintes sur les murs et sur les autels, afin que par ce moyen les hommes, au grand dépit des démons, soient plus portés à la vertu et à la piété. » Â la bonne heure ; voilà des artistes qui comprennent leur mission, la mission du génie.
L'église supérieure, brillante, lumineuse, image de François dans les splendeurs de l'éternité , forme un habite contraste avec l'église inférieure. Cimabue y
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peignit les quatre docteurs^ saint Ambroifte, saint Augustin^ saint Grégoire et saint Jérôme^ et les grandes fresques de TAncien et du Nouveau Testament : on at* tribue à Margaritone les gigantesques figures qui or-* nent les côtés d^une fenêtre. L'ami , le condisciple de Raphaël, Aluigi d'Assise, que son merveilleux talent fit surifommer flngegno^ Tesprit, suspendit aux voûtes de la chapelle de Saint-Louis les inimitables groupes des quatre Sibylles et des quatre Prophètes.
L'Église elle-même , premier monument gothique de Fltalie , respire le symbolisme profond des temples du Nord. Elle est double, nous en savons la raison mystérieuse; bâtie sur le modèle de la croix ^ elle offre de plus, dans sa partie inférieure , la figure mystérieuse du Tau, imprimé sur le front de saint François; dédiée à Marie, Reine des Anges, et aux saints Apôtres , elle a ses murs de marbre blanc, pour signifier la pureté de Marie et des anges, et ses douze tourelles de marbre rouge en mémoire du sang répandu des Apôtres *.
Après nous être prosternés, à l'imitation de tant de millions de pèlerins, devant le tombeau de saint François, le plus glorieux après celui du Calvaire, dit un historien, nous nous rendîmes au lieu même où naquit cet homme unique dans les annales du monde. Comme le divin Midtre dont il devait être un si parfait imitateur, François vit le jour dans une étable et fut déposé sur la paille. Au-dessus de la porte de ce lieu vénérable, on lit :
Hoc oratorium fuit bovis et asiiii stabulum, In quo natus est Franciscus, mundi spéculum.
Des hauteurs d'Assise nous saluâmes dans le lointain Pérouse et ses monuments étrusques; le lac de Trasi*
' Hitt, êocr. Conv. Assît., p. 26.
ÉGLlSfi ET COUVENT Dfi SA1NT-FR1N(J01S D' ASSISE. 299
mène et Annibal vainqueur et Flaminius vaincu , et les cimes élancées de l'Apennin, avec leur ermitage de Gamaldoli et leur couvent de Monte-Corona , habité par les fils de saint Romuald, en qui le ton^ le langage^ les manières distinguées de la bonne compagnie se réunissent à l'humilité des anachorètes et à la charité des religieux hospitaliers.
En retournant à Foligno , il nous semblait près de Notre-Dame des Anges contempler dans la plaine cjbs cinq mille religieux , disciples de saint François^ venus au chapitre général de Tan 1219. A la vue de cette armée, logée non loin du Chiascio dans les cabanes faites avec des nattes de paille et de jonc et campée ainsi autour de son chef, on ne peut s'empêcher d'admirer la miraculeuse propagation de cet ordre et de se demander quelle en fut la raison providentielle. Il faudrait, pour la développer, raconter l'histoire du moyen âge. Qu'il suffise de dire que la prédication vivante des vertus évangéliques était, parmi les populations de l'Europe et surtout de l'Italie , d'un à-propos et d'une nécessité vivement sentis. Chasser les hérésies qui sous mille noms divers se glissaient partout; rétablir la paix entre les princes , les villes et les républiques en tarissant par d'illustres exemples les sources fécondes de toutes les guerres, la concupiscence des yeux, la concupiscence de la chair et la concupiscence de l'or, tel était le grand besoin du monde. François et Dominique furent chargés de cette mission; ils Taccomplirent, et la face de la terre fut renouvelée. Y a-t-il lieu de s'étonner si la voix unanime des peuples a salué avec transport ces deux envoyés du Ciel, si les arts à l'envi ont célébré leurs bienfaits et si l'Église a couronné leurs vertus?
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Tolendoo. — Saint-Nioolas. — Napoléon. — Murât — Maoerata. — Recaoati. — Lorette. — Porte de la ville, — Rue, — Place. — HUtoire de la sainte Maison de Nazareth.
A la pointe du jour nous étions à Tolenttno. D'épaisses ténèbres nous avaient dérobé la vue des gorges mal famées et des précipices effrayants au milieu desquels on traverse cette partie de l'Apennin qui sépare rOmbrie de la Marche d'Ancône. Entre deux montagnes à peine éloignées l'une de l'autre de cent cinquante toises le gros bourg de Serravalle, avec les murs pantelants de son vieux château , avait passé sous nos veux comme je ne sais quelle vision des Mille et une Nuits. Au pont de la Trave» nous saluâmes^ de loin sur la gauche, Camerino , petite ville qui raconte encore avec orgueil qu'elle envoya six cents hommes» la fleur de sa jeunesse ^ à Scipion pour passer en Afrique.
Tolentino, bâti sur la Chienta^ est une petite ville intéressante seulement par les souvenirs qui s'y rattachent. Le plus vivace ^ le plus populaire quoique le plus ancien y est celui d'un pauvre religieux appelé du nom béni de saint Nicolas de Tolentino. Il fut un de ces prodiges de pénitence que la miséricorde divine envoie aux peuples qu'elle veut épargner. L'histoire de l'époque révèle le secret de sa mission. Pendant trente années entières, le saint prêtre jeûna, pria, édifia sa seconde pairie. 11 mourut le 40 septembre 1308; et la reconnaissance publique et la confiance filiale qui l'avaient environpé pendant sa vie l'environnent encore six cents ans après sa mort. La chambre qu'il sanctifia par sa présence, les instruments de pénitence avec lesquels il
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expiait sur sa chair innocente les iniquités d'autroi, la chapelle où tant de fois il imnuda Tauguste Victime et dans laquelle repose son corps sacrée tout cela est encore le trésor, la joie, le sanctuaire chéri desTolentins.
Agenouillés nous-mêmes sur ces lieux» en présence de ces objets ^ témoins de tant de vertus , nous mêlâmes avec amour nos fu^tives prières à celles de tant d'autres en répétant avec le Ftophète : Qu'il fait bon vous servir, grand Dieu ! qui payez quelques années de labeur par des siècles dé gloire , sans préjudice des félicités étemelles.
A ce souvenir^ si doux au chrétien, en succède un autre humiliant et pénible pour le voyageur français. Tdentino rappelle le traité ou plutôt l'acte d'odieuse spoliation par lequel le Directoire^ abusant du droit de la force , enleva au Saint-Père le comtat Venaissin^ Ferrare, la Romagne , trente et un millions de francs^ des tableaux, des statues et autres objets précieux pour une somme incalculable. Dix^-huit ans plus tard, le 3 mai 1815^ le beau-frère de l'homme qui avait dicté ces iniques et dures conditions perdait^ au même lieu^ une bataille et un royaume!
Au travers d'ime plaine fertile et bien cultivée , on arrive à Macerata. Cette ville de douze mille âmes , située sur une gracieuse colline ^ occupe l'emplacement de l'ancienne Helvia Ricina, dont les ruines blanchâtres^ parsemées çà et là dans les environs^ ressemblent à des ossements sur un vieux champ de bataille. L'église de la Miséricorde mérite d'être vue. Sa magnificence rap* pelle au voyageur qu'il est encore dans la patrie des arts, tandis que l'Adriatique^ dont la surface azurée borne l'horizon ; lui annonce qu'il touche aux limites de ritalie. On descand de Macerata dans une campagne.
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OU plvtM dans un vaste jardin tout émaiUé de tulipes venues d'ellefr-mômes comme les coquelicots duis nos champs de blé. Rien de plus agréable que ce coup d'œil aux premiers jours du printemps : le paysage tout entier semble se parer de grâces à mesure qu'on approche du sanctuaire chéri de Taimable Reine du ciel.
Du fond de la vallée ^ la route s'élève en serpentant sur le flanc d'une longue colline dominée par la ville de RectmaU. Des habitants , descendus pour chercher de l'eau et du bois dans la plaine, remontaient avec nous vers la cité aérienne. Les uns portaient eux-mêmes leurs fardeaux ; les autres s'en étaient déchargés sur le dos de quelques ànes^ en tout pays complaisants serviteurs du pauvre. Ce pénible labeur^ qui se renouvelle chaque jour, est une suite des guerres sans cesse renaissantes qui désolèrent si longtemps les républiques italiennes. Pour mettre sa vie, sa fortune, sa liberté à l'abri du brigandage et de la dévastation^ on fut obligé de se réfugier sur les hauteurs ; et par conséquent de faire venir de la plaine les choses nécessaires à la vie. Recanati offre au voyageur un remarquable monument en bronze, placé sur la façade de l'Hôtel de Ville et qui rappelle la translation de la Santa Casa dans le territoire de la cité.
En sortant de Recanati, nous prîmes la route du Mont-Royal , et descendîmes dans une belle campagne qui sert d'avenue à Lorette. La ville apparaît dans le lointain, gracieusement assise sur le plateau d'une verte colline. Au-dessus des remparts s'élance le svelte clocher et la majestueuse coupole de la basilique : à cette vue le cœur vous bat fortement; on aspire au bonheur de mettre le pied sur cette terre de miracles. Toutefois un instant l'attention est attirée par un autre objet ; je
vèui parier de l'a^u^doc dont les arcottox gigunteaiiueB sorteat d'une colline, traversent la plaine, rentrent dans le flanc d'une montagne et vont porter une source abondante et pure au nnilieu de la place publique de Lorette. Cet ouvrage > digne des Romains , est dû au cardinal Soipion Borghèse , protecteur de la sainte Cha* peUe^en Tan 1620.
Enfin nous arrivons à la porte Romaine. Deux statues de prophètes surmontées de la statue de Marie en forment l'encadrement et annoncent que la reine de la cité est la Vierge divine annoncée par les prophètes* Nous voici sur la place des Coqà , ainsi appelée d'une superbe fontaine ornée d'un dragon et de quatre coqs qui jettent une eau limpide : devant nous se dérouie la Grande» Rue^ ou pour mieux dire l'unique rue de Lorette. Mais cette rue est large, longue, bien pavée; et, comme celle d'Ëinsiedeln^ bordée de chaque côté de boutiques où l'on vend des chapelets, des médailles et autres objets de dévotion. Elle aboutit à la superbe place de la Madone, exécutée sur les dessins de San Gallo et terminée par l'auguste basilique. Au milieu s'élève une magnifique fontaine , dont la pyramide et le vaste bassin sont embellis par des armoiries et des groupes d'aigles , de dragons et de tritons en bronze , chefs-d'œuvre des deux Jacometti. A gauche le palais apostolique présente sa brillante façade et rappelle glorieusement les souverains pontifes Jules 11 et Benoît XIV; enfin, sur la droite est le collège Illyrien , où les pères jésuites forment une nombreuse jeunesse à la science et à la vertu.
Après ce premier coup d'oeil, suivi d'un premier hommage offert à Marie sur le seuil de son sanctuaire, Hous entrâmes à l'hôtel délia Campana. Quelques heures de repos, rendues nécessaires par les fetigues de la route,
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deviient précéder la visite détaillée de TËglifle et de la sainte Maison. Elles furent employées à nous rappeler Fhistoire du saint lieu y que je vais rapporter en peu de mots.
L'Évangile nous apprend que la sainte Viei^e avait sa maison dans la petite ville de Nazareth en Galilée. Elle y vivait avec saint Joseph lorsque Tarchange Gabriel vint lui annoncer le my^re de Tlncarnation, qui s'accomplit aussitôt dans ses chastes entrailles. Elle y revint habiter au retour de la fuite en Egypte avec saint Joseph et l'enfant Jésus. La sainte famille n'eut pas d'autre séjour jusqu'à la prédication publique de Notre-Seigneur. Cet humble asile fut donc le témoin de l'enfance du Fils de Dieu^ de ses vertus^ de ses entretiens avec Marie^ sa mère, et saint Joseph^ son père nourricier. Là s'accomplirent , dans le silence et l'obscurité , les inefTables mystères d'humilité^ de pauvreté , d'obéissance et d'amour qui^ révélés plus tard , sont devenus la base de l'Évangile et le principe de la plus étonnante révolution morale dont le monde ait conservé le souvenir. Qu'on juge de l'amour filial et de la vénération profonde des Apôtres et des premiers chrétiens pour un lieu tout à la fois si éloquent et si saint ! On comprend qu'ils ont dû le garder avec un soin jaloux et le visiter souvent : l'histoire vient confirmer cette induction du simple bon sens. Elle nous montre» depuis l'ascension de Notre-Seigneur dans le ciel , une procession non interrompue de pèlerms accdurus de tous les lieux de l'Orient et de l'Occident pour vénérer le berceau de la foi catholique, la sainte Maison de Nazareth*.
* Ob hœc igitur quœ in bac urbe operata sont my8teria« Apostoli, post Cbristi in cœlos a906nsionein,B. M. Y. domicilivmy