SAINTS MAI8(MI BE NAZARETH
A la suite des Apdtres et des fidèles de Jémtilein^ voici venir les pontifes de i'Ooddent^ les plus fllustras matrones de la Ville étemelle^ la reine du monde , Finipératrice sainte Hélène; puis FOccidaat tout entier représenté par ses myriades de chevaliers et de croisés , solennel pèlerinage qui fut clos par le plus illustre de nos rois. L'an iS5S , saint Louis^ sur le point de revenir en France , assista une dernière fois à Toffice divin dans la sainte Maison de Nazareth/. L'existence perpétuelle et Fidentité de Tauguste demeure étaient des faits in* contestés et incontestables ^ comme des faits qui avaient eu pour témoins FOrient et FOccident pendant treize siècles : la description en était sur toutes les lèvres et dans tous les livres.
Cependant le départ de saint Louis fut le signal d'une nouvelle invasion de la barbarie musulmane et de sa domination séculaire dans la Palestine. La prise de Damiette et le sac de Ptolémaïde rendirent le calife d'Egypte maître de tout le pays. Irrité de ses précédentes défaites^ le nouvel Antiochus allait se venger par des ravages et des profanations inouïes. C'est à ce moment solennel que la sainte Maison de Nazareth disparut , ne laissant sur le sol que ses fondations échancrées.
Or^ le iO mai de Fan 1291 , sous le pontificat de Nicolas IV, sous Fempire de Rodolphe 1*', Nicolas Frangipane , de l'antique famille Anicia , étant gouverneur de la Dalmatie, et Alexandre de Giorgio^ natif de Medrusia,
in que ab angelo salutata Ghristum Dominum concepit, saois usibus dedicarunt;... eodemque postmodum loco Dei Genitrid peramœnum et quod archiepiscopali cathedra prœceUeret ezdtatum fuit templum. — Adricom.* in Zabulùn de Nazareth, n. 73 ; S. Hieron., epiit. 27 ad Eustœh. * Gnillel. de Nangis, de Ge$Hs s, ImâotUi.
a06 hMs nois noms.
étant évécpie de Sttiat-Gdorgeg^ quelques habitants des bords de TAdriatiqne étaient sertis de grand matin pour aller aux travaux de la campagne. Entre Piume et la petite ville de Tersatz , ils trouvent non loin de la mer, en un lieu appelé Raunizza , un édifice solitaire , placé dans un endroit où jamais l'on n'avait vu jusque-là ni maison ni cabane. Ils courent , hors d'eux-mêmes , annoncer ce qu'ils ont vu. On arrive de toutes parts , on examine le mystérieux bâtiment y construit de petites pierres rouges et carrées y liées ensemble par du ciment. On s'étonne de la singularité de sa structure , de son air d'antiquité ; on ne peut surtout s'expliquer comment il se tient debout, posé sur la terre nue sans aucun fondement.
Mais la surprise augmente quand on pénètre dans rintérieur par l'unique porte ouverte sur le côté. La chambre forme un carré long. Le plafond^ surmonté d'un petit clocher, est de bois peint en couleur d'azur et divisé en plusieurs compartiments parsemés çà et là d'étoiles dorées. Autour des murs et au-dessous des lambris on remarque plusieurs demi-cercles qui s'arrondissent les uns près des autres et paraissent entremêlés de vases diversement variés dans leur forme. Les murs épais environ d'une coudée, construits sans règle et sans niveau, ne suivent pas exactement la ligne verticale. A droite de la porte s'ouvre une étroite et unique fenêtre. En face s'élève un autel construit en pierres fortes et carrées, que domine une croix grecque ornée d'un crucifix peint sur une toile collée au bois, où brille le titre sacré de notre salut : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » Sur la droite de l'autel apparaît une statue de la sainte Vierge debout et portant l'enfant Jésus dans ses bras. Les visages sont peints d'une couleur