DU REVÈTEMSHT HE LA SAINTE -CHAPELLE
toucher de leurs maiot le Roi glorieux des vivants y ee Roi qu'une vierge sans tache réchauffera dans scm sein mortel', a Vient ensuite Moïse, qui proclama devant Fancien peuple la gloire du Législateur futur : aLe Sei<gncur te suscitera de ta nation un Prophète comme moi S »
La mort de la sainte Vierge est un autre chef-d'œuvre qui sépare ces statues des deux suivantes. Les Apôtres portent leur Reine au lieu de la sépulture; les anges ^ voltigeant dans les airs^ semblent attendre le moment de la conduire au ciel , tandis qu'une troupe de Juifs cherchent à enlever le précieux dépôt.
Les deux derniers prophètes sont la Sibylle de Cumes dans le Pont et Balaam. La Sibylle remplit le monde de cet oracle : a Humble en tout^ le Fils de Dieu choisira pour mère une vierge chaste ^; le Prophète, malgré lui, s'écrie du haut de la montagne : « Il sortira une étoile de Jacob, et un rejeton s'élèvera d'Israël ^. a
Tels sont , en abrégé , les magnifiques sujets que le génie a sculptés sur le revêtement de la Sainte Chapelle. Est-il étonnant que le monde entier se soit donné rendez-
' Hune poterunt clarum vivorum tangere regem Humano quem virgo sinu inviolata fovebit.
Canisius , de Beata Firy., lib. u.
* Propbetam de gente tua , sicut me , suscitabit tibi Dominus* Dettt.,xviii, 15.
^ In cunctis humilis, castam pro matre puellam Deliget ; hase alias forma praBcesserit omnes.
Canisius, de Beata Tirjf., lib. ii.
^ Orietur stella ex Jacob , et <îonsurget virga de Israël. A'uwi . XXIV, 17. — Dans cette description , nous n'avons fait qu'abréger M. Cailîeau, dont le récit est tiré de Giannizi , etc.
3S4 LES TROIS ECmi.
VOUS autour du sanctuaire de Nazareth? N'est-ce pas là que s'accomplit le mystère auquel viennent aboutir quarante siècles d'attente^ de figures y de promesses et de préparations. Ou le mot poésie n'a plus de sens, ou Ton conviendra qu'il rayonne ici dans toute sa splendeur.
Avant de pénétrer dans la Sainte Chapelle, nous lûmes encore la belle inscription gravée sur la façade orientale par Clément VIII. Elle est ainsi conçue : « Chrétiens étran- « gers qui; conduits par vœu de la piété^ êtes venus dans « ce lieU; vous voyez la sainte maison de Lorette, vénéraa ble aux yeux de tout l'univers par les divins mystères et a par la gloire de ses miracles. C'est ici que la très-sainte a Vierge Marie, Mère de Dieu, a vu le jour ; ici qu'elle a été « saluée par l'ange; ici que le Verbe étemel de Dieu s'est a fait chair. Transportée d'abord par les mains des anges <t de la Palestine à la ville de Tersatz, en lUyrie, l'an du a salut 1291, sous le pontificat de Nicolas IV, trois ans « après, au commencement du règne de Boniface VIII, « elle a passé, soutenue par le ministère des esprits a célestes, sur les terres d'Ancône , près de la ville de c< Recanati, dans un bois de celte colline où, après avoir a changé trois fois de place dans l'espace d'une année, « elle a aussi, par un effet de la Providence, fixé ici a son séjour depuis trois cents ans. Dès lors, la noua veauté d'un si grand prodige ayant frappé d'adinirac tion les peuples voisins et le bruit des miracles opé- « rés en ce lieu s'étant propagé au loin, toutes les nations « ont environné de leurs respects cette sainte maison , « dont les murailles , quoique posées sans fondement « sur la terre, demeurent, après tant de siècles, solides « et dans une parfaite intégrité. Le pape Clément Vil « l'a revêtue de toutes parts de cet ornement de mara bre, dans l'année 1525. Clément VIII, souverain pon-
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t tife, a commaiidé d'écrire sur cette pierre une courte ff histoire de cette admirable translation ^ Tan 1595. « Antoine-Marie Gallo^ cardinal-prétre de la sainte « Église romaine y évéque d'Osimo y protecteur de la a sainte maison, a pris soin de faire exécuter cet ordre, ff Pour vous^ pieux étrangers^ venez religieusement im- « plorer la Reine des anges et la Mère des grâces^ afin ir que^ par ses mérites et par ses prières^ vous obteniez « de son aimable Fils , auteur de la vie ^ le pardon de « vos péchés y la santé du corps et les joies de Péter- « nité. »
Enfin nous entrâmes danslasainte et très-sainte maison. Ce que nous en avons dit déjà peut servir à s'en former une idée. H reste à en préciser les dimensions et à la montrer avec les changements légers et les nouveaux ornements que la piété des souverains Pontifes a cru de voir y apporter. La sainte maison a vingt-neuf pieds huit pouces de longueur^ sur douze pieds huit pouces de largeur , et treize pieds trois pouces de hauteur. Les murailles ont un pied deux pouces d'épaisseur. Elles sont non pas en briques, mais en pierres vives, de couleur rougeàtre, sur lesquelles serpentent de petites veines jaunes '. Ces pierres, d'un échantillon de moyenne grandeur et d'une forme peu
* <f Tai examiné, dit le fameux Saussure, physicien protestant, les matériaux de la sainte maison ; elle est construite en pierres taillées en forme de grandes briques , placées Tune sur Tautre et si bien unies qu*elles ne laissent entre elles que de très-petits intervalles. Ces pierres ont pris à peu près la couleur de la brique , de manière qu'à la première vue on les prend réellement pour une espèce de terre cuite ; mais en les examinant avec [attention on reconnaît qu'elles sont d'une pierre sablonneuse d'un grain trèsfin et très-compacte. » Mém. sur la CansMU phys.et Géog, phys, de riiaUe.
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310 1.1» TRoip wn.
résilierai reaaeoibltnt à DQto# mof I1qo« J'ai 4it qm les muraille» font iMAém du levétameiit d# marbra. Il nous fui facile de nous en copvaiocre au moyen d'uœ bougie placée entre le$ deux édifiées 2 l'intervalle peut être àa deu& pouces et demi. Nul fondement ne soutient l'auguste maison, d(Mit les murs repoeent sur la terre nue^ et wèm d'un côté» à cause de Tinégalité du terrain, ne touchent IMS au sol.
On s'est aisurét à plusieurs r^risesi de ce double fait au renouvellement du dallage eiktérieur. Le célèbre Tiburce Vergelli^ architecte de la Sainte GhapellSi fit remarquer oe second prodige à monseigneur Buzii gouverneur de LorettSi et à une foule d'autres témoins recommandables en passant librement son bftton entre les murailles et la terre '.
Sur une des parois on distingue les restes d'une sntique peinture représentant saint Louis miraculeusement délivré des fers dont les Sarrasins l'avaient chargé.
L- ancienne couverture n'existe plus : les tuiles en ont été placées sous le pavé actuel ; une pièce de la charpente primitive est au niveau du pavé, où^ continuellemeatj foulée par les pieds des pèlerins» elle demeure sans altération. Une autre traverse la cbapeUe et supporte les lampes d'argent qui brûlent devant la sainte Vierge. Plusieurs têtes de solives qui soutenaient autrefois le pldbnd se trouvent aujourd'hui sciées au niveau du mur. Toutes ces pièces sont en cèdre, bois entièrement étranger à lltalie et très-commun au contraire dans la Judée. Malgré leur antiquité^ ces bois se conservent entiers et sans piqûres, comme s'ils venaient d'être taillés et mis en œuvre.
' MartorelL, Trat, istor.f t. ii^fol. 3S8,
BE LA êXnrVM GHA^y^LE. 3i7
Au oiiliM de la sainte meiiOD est l'eutel. Ua petit guichet placé sur le devant permet de voir Taocien au*» tel> en pierre de taiilei venu avec le véoéraUe sanctuaire; à gauche se trouve la sainte armoire^ renrermée dans un buffet moderne. Là sont conservées les deux petites écueUes en forme de tasses qui servirent, avec plusieurs autres» aux usages de la sainte Famille. Elles sont enterre cuites d'une couleur blanchâtre, liserées de rouge. Derrière Tautel ouvre un petit cabinet appelé il SmUo Camino, à cause de l'antique chenûnée placée dans le fond. Le foyer de cet auguste monument a quatre pieds trois pouces de hauteur, deux pieds deux pouoes de largeur, et six pouces de profondeur. Là on conserve une troisième tasse, semblable aux précédentes; mais, par un heureux privilège, elle a échappé à la spoliation fitmçaisede 1797. Elle est couverte de lames d'or, am* lesquelles sont gravés les deux mystères de TAnnonciationet de la Nativité du Sauveur.
Au-dessus du SarUo Camino^ dans une niche autrefois toute d'or et parsemée de pierres précieuses, mais au-jourd'hui décorée seulement d'arabesques en bois doré^ on vénère l'antique statue de la bienheureuse Vierge. Elle est en cèdre du Liban, ainsi que celle du divin Enfant qui repose sur les bras de sa Mère. La hauteur de la première est de deux pieds huit pouces ; la seconde a un pied deux pouces. Grâce à la reconnaissante piété du monde catholique, l'auguste image est enrichie d'un nombre infini de pierres précieuses et d'ex-voto en or et en argent. Au bas de la Sainte Chapelle s'ouvre la fenêtre de l'ange, garnie d'une grille en bronze ciselé, que surmonte la croix antique apportée avec la sainte maison et dont la largeur égale la hauteur.
Après avoir jeté un regard d'ensemble sur le véné-
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rable monument^ nous eDtrftmes dans la grande chapette du Trésor.
Voici d'abord la sacristie destinée à Fhabillement des prêtres qui doivent célébrer la messe à l'autel de la Sainte Chapelle ou à celui de l'Annonciation. Les yeux sont éblouis par Téclat des peintures et des décorations. L'admirable tableau du Guide représentant une pieuse dame qui instruit déjeunes filles; la sainte Vierge communiée par Notre-Seigneur ; le Sauveur devant le peuple après sa flagellation, de Gérard des Nuits; le sainf Jérôme de Paul Véronèse ; Tensevelissement de Notre-Seigneor, par lé Tintoret; la gracieuse Madone gardée sous verre ^ magnifique copie de Raphaël^ exécutée par Sasso Ferrato; la sainte Famille à table, par le Gorrége, telles sont les œuvres principales qui ornent cette splendide sacristie.
A gauche est une porte épaisse, garnie de fer et de verrous ; elle donne entrée à la chapelle du Trésor, construite sous Paul V, en i682, La voûte est couverte de peintures d'une grande beauté, dues au pinceau de Christophe Roncalli^ surnommé le Pomarence. On y voit toute la vie de la très-sainte Vierge. Le milieu de ia voûte forme trois compartiments ; au centre brille l'auguste Mère tenant son Fils entre ses bras^ assise au sommet de sa sainte maison et portée par un -groupe d'esprits célestes. Soixante-neuf armoires en noyer environnent la salle. Telle est leur beauté et la richesse de leurs ornements qu'ellesont coûté cinq cent soixante-mille francs.
Bien que le trésor, épuisé par les guerres elles pillages, ait souffert de grandes diminutions, il a encore de quoi surprendre. On y voit une multitude innombrable de cœurs d'or etd'ai^ent^ d'étoffes précieuses, de calices, de perles, de diamants, de tableaux, de chandeliers, de