PLOTIN
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MARCIAN* AVC.
C05JV0. AVO.
SORORl. AVG,
âur les ruines du temple de Yénua s'élève la cathédrale, dédiée à saint Cyr ou Cyriaque, et dont la façade, oiiTrage de Margaritone , offre une belle page de Tart chrétien. C'est près de là que fut péché le fameux turbot sur lequel Domitien fit délibérer le sénat.
Anoâfne la dorique ' rappelle au chrétien et les dia^ ciples de smnt Pierre qui vinrent la délivrer du joug de l'idolâtrie et les glorieux martyra dont le sapg généreux cimenta l'édifice de la foi. Dana la chapelle des reliques, hàtie par Vanvitelli , on conserve les corps sacrés des saintes Palatia et Laurentia, qui ^ vers Tan 303, sanctifièrent par reffttsioQ de leur sang virginal ces lieux souillés par le culte de rinfâme déesse. L'artiste ne doit pas oufaÛer^ dans la même église, les colonnes antiques,' autre nionument du triomf^ de la foi sur le paganisme, non plus que le tableau de sainte Palatia et le beau fareophage de Gorconius, placé dans la crypte. Ce monument^ qui remonte au quatrième siècle ( 366 )j, présente l'Enfant Jésus dans la crèche , au milieu du txBuf et de l'âne. Il ruine ainsi les prétentions de certains auteurs qui assignaient au cinquième siècle rorigine de la tradition qui place ces deux animaux dans l'étable du rédempteur^. Du reste^ la même circonstance est repro-
* Ante domum Veneris quaxn dorica suâtinet Ancon. ^uv, ' Scipio Maffei, Qbserv. liiterar.^t, v., p. 194.
336 LES TBOIS HOME.
duitc sur des verres des catacombes beaucoup ptas anciens^ en sorte qu'il faut aller jusqu'au berceau de la foi pour trouver le commencement de cette tradition , contemporaine de révénement.
C'est à Saint-François mil/^a qu'on trouve la Yiei^e si naïve et si pure du Titien et l'Annonciation du Guerchin.
Un touchant souvenir me préoccupait en parcourant les rues d'Ancône. C'était celui d'une jeune Israâite dont la merveilleuse conversion avait , quatorze ans plus tard, amené au pied des autels son oncle j sa. tante et ses trois cousines : heureuse famille au triomphe de laquelle nous avions assisté dans l'église romaine A'Ara-Cœli. Je tenais beaucoup à voir les lieux où ce fait s'était accompli. Mais le fait lui-même^ peu connu en France^ comme tous ceux du même genre, veut être d'abord raconté. Le voici tel qu'il est consigné dans la relation authentique publiée à Ancone même par un témoin oculaire. En 1826, la jeune Annina Costantini^ âgée de seize ans, fille unique d'une des plus riches familles juives d'Ancône, fut mise en pension chez les maîtresses Pies. Quoique baptisée secrètement, lorsqu'elle était au berteau, par une nourrice chrétienne, elle éprouvait pour le christianisme une répugnance extrême, augmentée par une tendresse inexprimable pour sa famille : le seul mot de conversion aurait suffi pour provoquer sa colère. Toutefois les exemples qu'elle avait sous les yeux, les paroles qu'elle ne pouvait s'empêcher d'entendre dissipaient peu à peu ses préjugés : l'esprit était convaincu , -mais le cœur résistait. Personne, du reste, n'était le confident de ce travail intérieur.
Le jour de la Fête-Dieu arrive. La jeune endurcie se met à une fenêtre qui donne sur la place, afin de voir
GONYEfiSION DE LA iBfOUM AmnilA GOSTANTINI. 337
passer la procession. L'éTéqoe ^ monseigiiear Meobrini Gomaga^ qui portait le saint Sacrement, s'arrête pour bénir la mer et les vaisseaux. A ce moment solennel An* nina fixe les yeux sur la sainte hostie et, a Je vis, ce soirt ses propres paroles, au milieu de rayons lumineux qui partaient du centre de l'ostensoir, un joli petit enfant qui vola droit à moi, se posa sur mon sein, m'embrassa avec amour et me remplit d'une suavité inexprimable*. » Elle tombe évanouie entre les bras de ses maîtresses et de ses compagnes , vivement inquiètes d*un état dont elles ignorent la cause. Revenue peu à peu, elle reprit ses sens et versa d'abondantes larmes ; mais tel était son attachement à sa famille qu'elle cacha soigneusement ce qu'elle avait vu , dans la crainte d'être obligée de se faire catholique. « J'aurais mieux aimé , disait* elle, tomber en enfer en restant juive que de contrister ma famille en devenant chrétienne ^ »
Dieu, qui voulait avoir cette âme d'éUte, sut bien triompher de son opiniâtreté, comme il avait triomphé de celle de Saul il y a dix-huit siècles et de celle d'Alphonse Ratisbonne il y a quatre mois. Dans la chambre où couchait Annina se trouvait une vieille image de saint François de Paule, le thaumaturge de la Calabre. Sans savoir pourquoi, elle se sent prise d'une grande dévotion envers ce saint , et court se prosterner en fondant en larmes devant son portrait. « François, lui dit-elle, si vous êtes un saint , si la religion chrétienne que vous
* Quando (lo dire coUe sue précise parole ) essa vide fra molta luce dell'ostensorio un vezzoso bambino , ed a lei direttamente yolare , e posarsele in grembo, e stringersele al seno sûavemente, il coore empiendo di non più udita ddcezza. Âelaz . , p . 12.
* Kelflw., p. 13.
33S L88 mOlf RÛMS.
avei fNTOfenée fur k terre eil vérHdilô y ^taien^moi dft Dim la grftce de vaimure ma répugnance. » « Pepuis ce moment , ajoute>«t-eUe , je mer Motis remplie d(» tendresse poor ee faint ; et je oe compicnaui p(i9 oomme^t je pou* Yaîs aimer d'un ameur ai aensiUe un être inviaib^ cii cpii m'éUût parfaitement iœwna. Jamais je n'ai eu de paraib sentîmenta pour aueune créature terrertre, bien que ma tradresse pour ma famille f(it immense '. »
En attendant y elle résistait à toutes les solUcitatiops de la grftce ; et telles étaient ses luttes contre Pieu qu'elle eo perdait l'appétit et passait les nuits à pleurer, « ËnQn, dit-elle^ dans la nuit du 97 juin je m'éveillai; et m'aperçus qu'en dormant je priais moQ cher saint. l4es derniers mots de ma prière étaient encore sur mes lèvres, lorsque^ étant parfaitement éveillée, il m'apparut merveilleusement à droite de mon lit, et, me prenant par la main, il me dit ^vec douceur : a Consolez-vous, et a calmez votrQcœur; vous serez ma fille... toujours... « toujours; » et il disparut \ »
La victoire est remportée. Ni l'amour incroyable qu'elle a pour sa famille, ni la perte d'un riche mariage, convenu déjà avec un de ses cousins, ni la certitude de contrister sa mércj veuve depuis longtemps, et son oncle, qui lui a s^rvi de pèr^, et sa tante, qui l'a élevée, ne peuvent lui faire retenir la vérité captive. Dès le 31 juillet elle écrit trois lettres, où son âme si tendre, si dévouée, mais en même temps si courageuse et si forte, se révèle
* Rélaz,y p» 15.
^ . . . • Quando a me svegliata perfettamente in mtrabil modo egli apparve alla sponda désira del letlo, e presami per la mano : — Ti consola , BoaveiQente ini disse « e raoserena il ûio cuore. . . . tu serai mia figlia... , s^mpre... , sewpre, — E ciè dettoswâ. Re/a2.,p. 16.
CONVERSION DE LA IWCTMM JU^KBIA GOSTANTINI. 389
toBl flDlière^ Lt fmmiëre est à a» mèrre, la aooonda à son oncle ^ la troisième à sa tante. Elles sont adaûraMeil cbsinifilieité^ de piété filiale et d'énei^fie ehrdtîenae. Je n'en eiterai qn'une seule :
Foris, — a A ma très-cbère maman Gei^tiie Pejieiu. Intus. — a TR|is-GH|iiLE Maman ^
« Hy a environ quatre mois que, par respect humain , pour ne pas perdre un riche époux, pour ne pas me priver de nombreux avantages et de nombreux plaisirs et beaucoup plus pour ne pas affliger mes bien- aimés parents, je vis cruellement combattue par des sentiments opposés et toujours en dure révolte contre Dieu et contre mon intime conviction. Mais la grâce céleste a opéré en moi d'uae manière telle que je ne dois ni ne puis plus résistey. Dieu, ô ma chère et très-chère maman ! veut que je sois chrétienne, et il m'a fait connaître évidemment sa volonté par mille moyens plus sensibles les uns que les autres.
«Je comprends qu'une semblable nouvelle vous percera Tâme; et c'est là, soyez-en sûre, le principal motif pour lequel ma présente résolution coûte tant à mon cœur et pour lequel j'ai versé jusqu'ici et je verse encore tant de lannesamères. Mais tranquilUse^vouSj de grâce , ma bonne et tendre maman , et consoiez-vous en penstant que, votre Anoina ne se faisant point chrétienne par ca* price, mais pour correspondre à la grâce de Dieu, elle ne sera jamais indigne de vous et ne fera jamais rien qui puisse mériter vos reproches. Dans cette vraie religion , ma bonne maman, vous avez déjà placé, sans le vouloir et avant moi, une de vos filles qui, étant morte après
340 u» nom ion.
avoir reçu le sami baptême des mams de sa nouniee ; joaît mainteDant de Dien dans le cieL
« Et voilà rexfdîcatioD do songe mystérieox qae vous eûtes avant ma naissance et dans lequel il vous fut commandé de me donner le nom d'Annina, nom que portait ma petite sœur morte au berceau. Ce songe , que vous m'avez raconté, je ne rai jamais communiqué à personne^ excepté lorscpie j'ai su avec certitude que ma petite sœsar avait été baptisée, et il a été pour moi un nouveau motif d'embrasser avec force, comme je le fais , la religion chrétienne. Pldse au Seigneur qu'il soit aussi pour ma chère maman une raison qui la détermine à suivre ses deux filles et à pourvoir ainsi au véritable bien de son âme!
fit Bénissez-moi^ ma bien chère maman; offrez mes respectueux sentiments à mon excellent oncle Léon ; donnez mille tendres baisers à mes chers petits frères, et souvenez-vous que je vous aime sans mesure, et ne cessez pas, de grâce, de m'aimer toujours.
« Ancône, 31 août 1826.
«Votre fille tout aimante,
« Annina Costantini'.»
L'effet de ses lettres, joint aux circonstances mwveilleuses de sa conversion, fut tel sur l'esprit de son oncle Benedetti Costantini qu'il détermina^ après quatorze
* la gloria di Dio manifestata nella conversione ammirabiie deir egregia ed illustre donzella âgnora Annina Costantini, d'Ancona , operetta dedicata alla medesima dal canonico Mariaiio Bedetti, publicoprof. d'istor. eccl.nel vescovile sem. di dettadttà, i0settemb.jl826.
SlVIGljftilU. 341
ans de listes intérieures, cet eicellent homme avec toute sa Ceunille à suivre Tex^nple de sa nièce.
Cet intéressant souvenir, rendu plus vif encore par la vue des lieux théâtre de ce consolant prodige , nous occupait délicieusement, tandis que, par une route cha^ mante, tracée sur les bords de la mer , nous franchissions l'espace qui sépare Anc6ne de Sinigaglia. La nuit tombait comme nous entrions dans cette dernière ville^ antique fondation de nos aïeux.
5 AttU.
Sinigaglia. — Sa Foire. — Fano. — Fonombroiie. •- Sonvenif d'Asdnibal . — Pesafo. — Cattiédrala. — SoaYeoIr de RoMini, de Raphafll et da BramaDte. — Bépabllqne de San Marine. — Organisation dvile et jn^cialre des États pontificanx. — La Cattolica. — Soayenirs des Pères de Himini. — RiminL — Are d'Aogntle. — ËgHaeti — Maityiil de saint Gaodens. — TaUean dePaol Véronèse.
II est un proverbe, vieux de quelque mille ans, qui a couru et qui court encore le monde entier; ce proverbe dit : a Pas de guerre sans soldat gaulois, NuÛum hélium sine milite gallo. 0 Nos aïeux étaient donc de tous les combats, comme d'autres sont de toutes les parties de plaisirs. Quel pays, quel siècle ne les a pas vus guei^ voyant, tantôt pour leur compte, tantôt pour le compte d^autrui^ laissant leurs ossements sous tous les climats et fondant des colonies sur les terres" étrangères ? Donc, en Tan 358 avant Jésus-Christ, les bords charmants de l'Adriatique virent arriver une armée de Sénonais <iui se rendirent midtres du littoral et y fondèrent une yille à laquelle ils donnèrent leur nom. Sous Tenveloppe italienne de Sinigaglia reconnaissez la fille des Gaulois sénonais, l'antique Sena Gallica. Sa belle cathédrale, ses vieux remparts, ses rues superbes annoncent et Tanti-
342 LE» TMtt MME.
qttlté de son origine^ M la pyogpérilé 6ê ton oonmeree^ et les progrès de sa moderne eivUisatioii.
SHttigaglia> qui compte environ neuf ndUe àmee , est le Beaucaire dentalie. éa foire célèbre commence au mois de juillet et dure Jusqu'au 90 aoftt. EUa attire une af^ fhience prodigieuse de marchands italiens f sioilieus , al« lemands, dalmates, grecs surtoat De terapa immémorial ces derniers ont l'habitude de venir cherober à Ancône et à SinigagUa les produits de Tindustrie euro« péenne et de les distribuer ensuite dans Tintérieur de la Grèce et aux Échelles du Levant. Avant la redoutable concurrence que lui fait Trieste, Ancdne ressemblait à one cité du PMoponnèse et de l'Archipel. Les bâtiments de l'Hellénfe remplissaient le port; la plupart des magaâns, desbotttiqueSf descafés appartenaient aux Grecs^ et Sînigaglia était un marché à peu près exclusivement ouvert à leurs compatriotes. Aujourd'hui ils ne viennent plus guère à Sinigaglia , et c'est par correspondance qu'ils opèrent. Trieste^ mieux placée, s'accrott aux dépens de son ancienne rivale^ dont les exportations se réduisent maintenant au blé^ chanvre^ tabac, suif, peaux, tartrate de potasse^ bois de construction.
Malgré sa décadence, Sinigaglia offre encore, pendant la tenue de la foire, un spectacle digne du pinceau de l'artiste. Qu'on se figure un mouvement perpétuel d'hommes de toutes les nations, aux costumes variés, occupés à se chercher ou empressés à faire transporter les marchandises du port à la ville et de la ville au port; une vHIe entière dans les rues, garnies de deux rangées de boutiques élégantes, surmontées de tentes que l'on humecte de temps en temps et dont le sol est garni de planches pour la commodité des transports ; une ville devenue un vaste bazar et dont les fossés, les glacis.
FOIRB BE BlNtGA&itA. 343
les plAÎDés enrimnnafites gont oouverleft de bar(M|ilM, do cDisiûes^ de chevaux au piquet ; c^esi un spectacle qu0 présentent à peine les villes orientales où aboutissent les grandes caravanes de la Mecque et du Sahara.
Nous quittâmes nos cousins les Gallo-Sénonais après avoir pris une tasse de leur excellent caffè hianeo , et quelques heures plus tard nous étions à Fano, L'antique Fanum Fortunx ne conserve guère d'autres souvenir, de son histoire païenne que son nom ^ les restes d'un arc de triomphe élevé en l'honneur d'Auguste et une belle statue de la Fortune, placée sur la fontaine publique. Le nom et la statue immortalisent la reconnaissance des Romains pour la victoire dont je vais parler. C'est à Pano qu'on passe le Métaure, fleuve célèbre par la dé faite du malheureux Asdrubal, digne frère d'Annibal. L'habile capitaine cherchait à opérer sa jonction avec le vainqueur de Cannes, auquel il amenait des renforts. Arrêté dans sa marche par les consuls Livlus Salin ator et Claudius Nero, son corps d'armée fut taillé en pièces et lui-même resta sur le champ de bataille. Ce combat, auquel Rome dut peut-être son salut, se donna près de Fossombrone , Forum Semproniiy Tan 207 avant Jésus- Christ, à quelques milles sur la gauche de Fano. A la montagne, qui porte encore le nom d'Asdrubal, on voit la voie Flarainienne, creusée par le ciseau pendant l'espace d'un mille dans le coeur même du rocher vif. Cette ouverture, capable d'étonner notre corps royal des ponts et chaussées, est la Petra Pertusa de Victor, dont l'origine se perd dans la nuit des temps.
Midi sonnait lorsque nous entrions à Pesaro, autre ville dulittoral d'environ dix-huitmîlleâmes. Comme on le voit, toute cette côte de l'Adriatique est très-peuplée. J'aurai WentAt occasion de revenir sur ce fait. On célébrait la
fête de saint Vincent Ferrier, le grand tbaumatorge du quinzième siècle. Les églises étaient pleines d'une foule recueillie et avide d'entendre une très-belle messe en musique, exécutée par les amateurs de la ville : la patrie de Bossini est féconde en artistes distingués. Nous vîmes à la cathédrale, remarquable édifice, une superbe Ci rcancision du Barroche, le maître de la peinture dans la Romagne, et un Saint Jérôme du Guide. Pesaro est, du reste, une ville charmante par sa position et riche par la fécondité de son territoire, qui produit les meilleures figues de l'Italie.
Continuant à courir sur la voie Flaminienne , on laisse à gauche Urbino, la patrie de Raphaël et du Bramante ; un peu plus loin on se trouve en regard de la montagne sur laquelle repose la république de San Marina. Ce petit État compte environ cinq mille âmes de population, possède trois châteaux et cinq églises. Ses usages et son droit coutumier firent tomber la conversation sur Toi^anisation administrative et judiciaire des États pontificaux.
Le domaine temporel du Saint-Père se divise en vingt provinces.
Celles de Bologne , Forli , Ferrare, Urbino et Pesaro sont présidées par un cardinal légat et prennent le titre de légations.
Les autres , nommées délégations , sont régies par un prélat délégat apostolique.
Chaque province est divisée en districts.
Chaque district comprend plusieurs arrondissements ou gouvernements.
Au-dessous des gouvernements viennent les communes.
Dans chaque commune il existe un conseil municipal,
lAruBLianB m san mabino. 345
composé de seize à quarante-huit membres , suivant llmportance de la population.
Dans chaque conseil municipal il y a un ou plusieurs députés ecclésiastiques , choisis par les évéques. Ils assistent aux réunions municipales et ont voix délibérative lorsqu'il s'agit de questions relatives aux intérêts des fondations pieuses^ des établissements de charité et des biens du clergé.
Le conseil municipal nomme et révoque les employés communaux.
Chaque commune entretient, pour le service public, un médecin , un chirurgien vaccinateur, un maître d'école, un secrétaire, un receveur des impdts et un trompette chaîné d'afficher les lois et ordonnances et de publier les arrêtés du pouvoir local.
Pour faire face aux dépenses, le conseil emploie les revenus des biens-fonds de la commune.
En cas d'insuffisance il peut établir, l» un impôt sur tous les objets de consommation , excepté les grains et la farine ; cet impôt ne peut jamais excéder soixante baïoques (trois francs) par tête d'individu mâle, depuis qua-* torzejusqu'à soixante ans^S^surles mêmes individus, un impôt personnel , gradué suivant la richesse des familles et qui ne peut dépasser quarante baîoques ; 3« si les droits de consommation et de taxe personnelle ne suffisent pas, on a recours à des centimes additionnels établis sur le foncier*.
Tous les citoyens nobles, propriétaires-, artisans sont représentés au conseil municipal. En y joignant lesdéputés ecclésiastiques, tous les intérêts ont leurs organes et leurs défenseurs dans cette assemblée vraiment populaire.
^ Yoy. États ^om,y parM. fu)cbiron,tom. iii,p. 2i^,
346 ii]Bs TROfi imm.
Do cette of||iwi«atioii oivito réstdte» 4<» que las Ëttto
pontificaux ne sont point, oonioie le dkent œrUiiod jou^ naux^ livrés à Tarbitraire du despotisme sacerdotal; 2<» que les institutions municipales y sont plus complètes et plus libérales que les nôtres ; S^* que les impôts y sont comparativement très-légers.
Pas plus que la fortune des particuliers ^ leur réputation , leur vie n'est nullement à la merci du pouvoir. Une organisation judiciaire est là pour défendre le faible, réprimer et punir le méchant.
Le premier degré de juridiction se trouve dans la commune; les auditeurs légaux jugent par voie économique pour les sommes au-dessous de cinq piastres.
Le second se trouve dans le chef-4ieu du district^ où le gouvernement peut prononcer sur une valeur de deux cents piastres.
Le troisième est au chef-lieu , où siège un tribunal
Le quatrième est dans les cours d'appel , qui connaissent en seconde instance des procès jugés en première par les tribunaux civils.
Le cinquième est le tribunal suprême de la Sagra RUotaj siégeant à Rome; c'est notre cour de cassation. ' La jurisprudence des Étais pontificaux veut que deux sentences conformes aient été obtenues pour qu'il y ait chose jugée. Il en résulte des lenteurs qui ont provoqué le blâme de plusieurs écrivains. L'application de cette loi peut être vicieuse , mais le principe nous parait bon. Ces délais, qui sont une preuve nouvelle de la prudence romaine > donnent aux parties le temps de préparer leurs moyens de défense y aux juges celui d'étu^ dier les pièces du procès et de connaître la sentence anticipée de l'opinion publique } d'un autre côté les pas-
ORGANTSATKW PgS itïATS PONTIFICAUX. 347
àom 9$ Miment I et des arrengemente à TamiaUe deviennent pliig facileg.
Parallèlement à cette hiérarchie judiciaire s'en élève une autre à laquelle les parties sont heureuses de recourir. Les évéques et archevêques sont juges en première instance dans les limites de leurs diocèses. Ils prononcent par Torgane de leurs grands vicaires, n'im* porte la somme en litige , sur les affaires ecclésiastiques ou nùxtes et même sur les séculières^ sMl y a consentement des parties.
Onpeut en appeler de la sentence de l'évéque à cellede l'archevêque dont il relève; en tout cas l'appelant atou* jours le droit d'en appeler directenoent au Saint-Siège.
Celui-ci juge par les tribunaux ecclésiastiques de la chambre apostolique et du cardinal vicaire.
Les crimes ecclésiastiques et contre les personnes engagées dans les ordres sacrés ou dévouées à Dieu par la profession religieuse, sont jugés par les tribunaux ecclésiastiques.
Ces tribunaux ont cinq juges : Tarchevêque ou Tévéque du diocèse et quatre "personnes choisies parlai.
On peut appeler de ce jugement à la Congrégation romaine des évêques et réguliers.
A Rome^ c'est au cardinal vicaire qu'appartient exclu* 8ivement le jugement des crimes contre les bonnes mœurs. Le prélat vice-gérant, le prélat suppléant civil 6t deux assesseurs composent le tribunal.
L'appel de la sentence est porté à la Congrégation des évêques et réguliers.
Les crimes et les délits des soldats et officiers sont exclusivement de la compétence des tribunaux militaires ^
* Voy. ÉtaU jRom., par M, Fulchiron, t. ui| passim.
348 UBS TBOIS BOUS.
Enfin les offenses contre la religion sont déférées au tribunal de Tlnquisition^ le plus miséricordieux de tous les tribunaux.
Telle est y à grands traits^ Tesquisse de l'organisation judiciaire dans les États romains. La distinction des différentes classes de personnes est soigneusement maintenue. Les simples citoyens, les ecclésiastiques et les militaires ont leurs tribunaux particuliers. C'est là^ ce nous semble^ une chose tout à fait équitable , et qui contribue plus qu'on ne pense au maintien de la morale publique. Il en est de même des catégories de crimes. Quoi de plus sage, par exemple, que de réserver la connaissance des fautes contre les mœurs ou la religion à des juges qui, par leur caractère sacré et par leurs études spéciales, sont plus aptes que tous autres à traiter avec la réserve et la science convenables ces causes difficiles? En tout cela nous confessons ne pas trouver la moindre trace de ce despotisme abrutissant dont nos journaux accusent le gouvernement pontifical.
Qu'il y ait dans la législation romaine des lacunes et des défauts , qu'il y ait de la mollesse et même des abus dans l'application des lois , nul ne songe à le révoquer en doute. Mais où ces inconvénients ne se rencontrentils pas? Depuis cinquante ans nous en sommes à faire des révolutions pour détruire les abus; y avons-nous réussi? Les abus ont changé de nom , de place et d'ol>' jet; mais, s'il en faut croire nos yeux , ils existent tonjours. Les abus se détruisent non par les lois, mais par les mœurs; et les mœurs se forment par la religion, lumière de la conscience, principe de vertu et frein de toutes les passions ; ce qui porte à conclure très-logiquement, en faveur de la législation et de la législature romaines , que les défauts et les abus y sCMit moins fi^