LA CATTOLICA
quents et surtout moins graves que dies un peuple sans
religion.
Quant à la jurisprudence des États pmtificaux^ elle se compose^ pour le fond^ du Ck)de JustiQien et des prescriptions du droit canonique; pour la partie organique^ des ordonnances et règlements des papes y c'està-dire^ dans la réalité ^ de tout ce que la sagesse humaine connaît de plus parfait. De là ce mot du publiciste le plus profond des temps modernes : « Que dironsnous de Rome? demande l'illustre comte de Maistre. C'est dans le gouvernement des Pontifes que le véritable esprit du christianisme doit se montrer de la manière la moins équivoque. Or^ c'est une vérité universellement connue que jamais on n'a reproché à ce gouvernement que la douceur. Nulle part on ne trouve un régime plus paternel 9 une justice plus également distribuée^ un système d'impositions à la fois plus humain et plus sa«> vant, une tolérance plus parfaite * . »
Cependant les heures avaient fui rapidement. Au sortir du monde administratif et judiciaire^ nous entrâmes sur une terre féconde en souvenirs de notre antiquité chrétienne. Voici sur le bord de la route le petit village délia Caitolica, D'où lui vient ce nom singulier? En 359, une grande bataille se livrait à Rimini : le catholicisme^ c'est-à-dire la vérité ^ la civilisation y la liberté^ était aux prises avec l'arianisme , c'est-à-dire avec l'erreur, mère de l'esclavage et de la dégradation; soutenu par la ruse de ses chefs et par le glaive des Césars^ un moment l'arianisme triomphe. Les Pères catholiques cèdent à l'orage ; et plutôt que de trahir le dépôt de la foi^ ils s'exilent volontairement dans le petit village où nous sommes.
Ui\n$ sur VInq», leit. i» p. 22.
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A cette glorieuse retraite il doit le ngm quil porte» Saluons en passant les illustres champions dont il fut rafiile. Pbébade d'Agen, Gervaie de Tongres^ chefs de la courageusie cohorte f oonservez-nous la foi pour laquelle vous avez si noblement combattu ! C'est le premier de ces saints évéques qui , en apprenant la chute du plus ancien de ses collègues, le centenaire Osius de Ciordoue , écrivait une lettre qu'il faut lire à la chute de toutes les grandes colonnes de TÉglise ! « Je ne doute pas y dit le nouvel Athanase, qu'après avoir examiné et exposé toutes ces vérités à la lumière de rintelligence publique on ne nous oppose, comme une puissante machine, le nom d'Osius, le plus ancien de tous les évéques et dont la foi a toujours été si sûre ^ mais je réponds en peu de mots que Ton ne peut employer Tautorité d'un homme qui se trompe à présenti ou qui ' s'est toujours trompé. Tout le monde sait quels ont été ses sentiments jusqu'à ce grand âge; avec quelle fermeté il a reçu la doctrine catholique à Sardique et à Nioée et condamné les Ariens. S'il a maintenant d'autres sentiments , s'il soutient ce qu'il a condamné et cwdamne ce qu'il a soutenu , je le dis encore une fois, son autorité n'est pas recevable. Car s'il a mal cru pendant près de quatre-vingt-dix ans^ je ne croirai pas qu'il croie bien après quatre-vingt-dix ans; et s'il croit bien maintenant, que doit-on juger de ceux qu'il a baptisés dans la foi qu'il tenait alors et qui sont sortis du monde? Que dirait-on de lui-même s'il fût mort avant cette assemblée? Donc, comme je l'ai dit^ le préjugé de son autorité n'a aucune force t parce qu'elle se détruit ellemême. Aussi lisiMisHious que la justice du juste ne le sauvera point s'il tombe une fois dans l'erreur ^ » ' Biblioth.PP,,i. ii.
KIMINI. 351
Le Symbole de Nîcée . récité de la Cattolica à Rtmîni , en réparation des ootfages faits h la divinité du Rédemp«teur, est doux à l'âme comme Test à la bouche le fruit mangé surTarbre. Nous entrâmes dans Tantique cité par la porte Romaine, formée d'un bel arc de triomphe élevé enrbonneur d'Auguste, Comme toutes les villes échelonnées sur cette côte jusques et y compris Venise, Rimini, TaDcienne Arimînum, n'est plus qu'une ombre d'ellemême. On n'y compte que dix-sept mille àme$. La mer s'est éloignée de ses murs, et c'est à peine si on voit quelques traces de l'ancien port. Une partie des marbres qui Tembellissaient ornent aujourd'hui plusieurs églises delà ville, entre autres la cathédrale. Cet édifice, dont la fondation remonte au quatrième siècle, mérite, tout modernisé qu'il est , la curieuse attention de Tartiste chrétien.
Ce qui le rend surtout vénérable aux yeux de la foi , c'est le sang épiscopal dont il fut rougi par ordre de l'empereur Constance, protecteur des ariens et arien lui-même. Au temps du trop fameux concile, saint Gaudens, évêque de Rimini , déjouait avec une irrésistible logique les ruses d'Ursace et de Valons. Pour lui répondre, Constance employa la logique des tyrans; Il le fit égorger par les licteurs du proconsul*. Bâtie sur les ruines du temple de Castor et de Pollux, la cathédrale perpétue encore le souvenir du triomphe de rÉvanglle sur le paganisme, tandis que celle des Capucins marque l'emplacement de l'amphithéâtre de Publius Sempronius, dont elle protège les derniers vestiges. La statue de bronze de Paul V , élevée sur la grande place, rappelle les bienfaits du Pontife , et dans l'église Saint-Julien le
' Baron., J¥oe. ad MùHyr., 14 ôcdob.
3SS LES TEOIS ROKE.
pinceau de Paul Véronèse redite avec Téloquence du génie ^ les combats et les victoires du glorieux martyr.
6 AttII.
Tribune de César. — Chapelle da Miracle. — Saint Antoine de Padooe; 8on discours aax poissons. — Conversion de Bonvillo. - Porte Saint- Julien. — Pont d*AugU8te. ~ Passage du Rubicon. — Cervia. — La Pignata. — Monastère de Classe. — Mosaïque. ~ Saint Romuald. - L'empereur Othon. — Ravenne.
Sur la place du Marché s'élèvent deux monuments qui excitent d'abord la curiosité du voyageur. Le premier est un piédestal en granit, d'un mètre et demi de hauteur sur cinquante centimètres de largeur. Qu'est-ce que ce monument tronqué? pourquoi est-il là au milieu de la rue, gênant la circulation plutôt qu'il n'embellit la place? On vous répond : A ce piédestal se rattache un fait décisif de l'histoire romaine. Ici même, du haut de cette singulière tribune, César harangua son armée après le passage du Rubicon, pour l'exhorter à'marcher sur Rome. On sait quelles furent les conséquences de ce discours.
Le second monument est une jolie petite chapelle circulaire, dont la présence au milieu de la place publique est en réalité aussi contraire aux règles du bon goût qu'elle paraît d'abord opposée aux convenances religieuses. Mais ces considérations, si graves qu'elles soient, ont dû céder devant des raisons plus graves encore. Au lieu même occupé par cette chapelle un fait admirable s'est accompli : ne fallait-il pas en marquer le théâtre et par un monument durable le rappeler au pieux souvenir des générations futures? Ainsi en jugea la cité re-