IX. SAtOUJS
enfant de onze ans, elle voua sa virginité au Seigneur et prit l'habit de Sftint*Benoit^ qu'elle porta dans le monde jusqu'à sâ mort. Jeune fille^ elle excita l'admiration du monde savant; philologue^ poète, littérateur^ die parlait l'espagnol^ le français, le latin^ le grec, l'hébreu, l'arabe, chantait ses vers en s'accompagnant, disputait sur la théologie, les mathématiques, et fut reçue docteur en philosophie à l'Université. Une belle statue de marbre^ placée sous le vestibule de l'Université, rappelle les traits de cette femme extraordinaire , morte en 1684, à l'âge de trente-huit ans. L'Université compte aujourd'hui quinze cents élèves, et conserve son ancienne organisation par facultés et par collèges. On vante le oabinet d'histoire naturelle et le jardin botanique.
A l'étude des sciences et des lettres Padoue joignit et elle joint encore le culte passionné des arts, grand nombre d'œuvres remarquables attestent ses succès. Notre excellent compatriote nous conduisit d'abord au palais de justice. Sur la place des Légumes y délie Erbe^ s'élève un immense édifice, dont la construction dura plus d'un siècle. Commencé en 1172 par l'architecte Pietro Cozzo, il fut achevé en 1306 par le frère Jean, de Tordre des Ermites, le Bramante de son époque. La merveille de ce palais, de forme ellyptique, est la salle d'audience, appelée // Salone, à laquelle on arrive par quatre grands escaliers. Au-dessus de chaque porte dentrée est le buste d'un illustre enfant de Padoue : Tite-Live, le prince des historiens ; frère Albert, de Tordre des Ermites, la perle des théologiens ; Paul, la gloire des jurisconsultes, et le fameux Pierre d'Albano, astrologue et médecin du treizième siècle. Rome, Paris, Westminster^ Florence n'ont rien de comparable pour
rétendue au salon de Padoue, le premier du monde, non-seulement par sa grandeur^ mais encore par sa forme et ses ornements.
n faut se représenter une pièce de quatre-vingt-dix-sept mètres quarante* cinq centimètres de longueur sur trente-deux mètres quarante-huit centimètres de largeur et autant d'élévation^ sans autre soutien que les murs, dans lesquels sont incrustés quatre-vingt-dix gros pilastres. Le salon est bâti parallèlement à Téquateur; en sorte que les rayons du soleil levant qui entrent par les fenêtres orientales traversent la pièce de part en part et vont sortir par les fenêtres occidentaïes. De même aux équinoxes les rayons solaires qui pénètrent par les fenêtres du midi vont sortir par les fenêtres du nord. Chose remarquable ! les rayons du soleil^ changeant successivement de direction, éclairent chaque mois les signes, du zodiaque correspondant. Chose plus remarquable encore I toutes les peintures du salon sont de Giotto. Elles ont^ il est vrai, subi plusieurs retouches, notamment dans le dernier siècle, où le roi des restaurateurs, Zannoni, les rendit à leur vie primitive. Ces peintures, divisées en trois classes et formant trois cent dix-neuf compartiments, représentent les signes du zodiaque; les travaux propres à chaque saison; les douze Apôtres, dont chacun est placé auprès du signe zodiacal qui correspond à l'époque de sa fête; Thistoire de l'Ancien et du Nouveau Testament; puis les effets de la Rédemption empruntés de l'Apocalypse. Entre ces grands sujets se détachent huit figures ailées, représentant les huit vents des anciens. Telle est l'idée générale de ces peintures ou plutôt de ce musée, où le ciel, la terre, les éléments, la vie matérielle et religieuse du genre humain , en un mot où k poésie , dans