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propre à élever la charité de tous se» meabros jnMpi*!
la fraternité <.
Après avoir^ grftce aux détails qui précèdent^ admifé avec intelligence le Baptistère et le dyptique, nous partîmes peur réglise deux fois monumentale deW Ann/un-' ziata neW Arena. Monumentale parce qu'elle occupe l'emplacement de Famphithéàtre^ et présente la Reine des vierges , la mère de la miséricorde^ la douce Marie, honorée au même lieu que la volupté et la cruauté païenne souillèrent de tant dMniquités; monumentale parce qu'elle est une des plus belles pages de Tart catholique* Assise et Padoue sont les deux immortels feuillets du livre écrit par le pinceau de Giotto. VAnnunsiata fut fondée en 1303 par Henri Serovigno^ riche citoyen de Padoue : Giotto la peignit en 1306. 8es vastes fresques représentent les principaux traits de l'Ancien et du Nouveau Testament, et surtout l'Enfer, exécuté , dit-on , d'après les inspirations du Dante.
Malgré le poids de cinq siècles, cette grande composition est dans son ensemble très-bien conservée. Quant aux détails, on est ravi d'y trouver l'éloquente justification de Técole catholique. Les artistes de la renaissance n'ont cessé de lui reprocher son ignorance en fait de correction et d'ornementation. Or, les peintures de l'ilnnunciatay surtout celles de la partie supérieure, sont ravissantes de grâce, de douceur et de correction dans le dessin , de souplesse et de naturel dans les draperies, de beauté dans les poses et d'expression dans les figures. Derrière l'autel s'élève le magnifique tombeau en marbre du fondateur. Au pied de sa statue, debout
* Voyez le précieux ouvrage de Donati, J)e* ditiici d^gh antU^i profani c$acri. In-4'*. Lucques, 17§3«
pvèt de la aaArfttid, on U4 s Ffoprimflfum HmwNil Vm* nei S&rtwigni miHti» d$ Btu^mia. Le^ pemCnref du dhcBur^ repfésABlant la vie de la sainte Vierge , sont de Thadée Bartolo, élève de OioUo , et prouvent, maigui leur infériorité , qu'il ne fui pas indigne de len glorieux matlM. Sam la déviation du seifiAiiie ftièole^ à quel degré de perfection ne terait pat arrivé Tart catholique t
n fallut dire adieu à VAnfiun»iaia et à ses trésors : SahUe*JusHne nous appelait pour nous montrer les siens. Le premier est Péglise même. Debout au milieu du Pmtù délia Valiez contemplez ce temple magnifique sur lequel trois siècles ont passé sanslul faire perdre le brillant éclat de sa jeunesse ; il lance dans les airs ses huit coupoles k jour, dont la plus élevée forme le piédestal aérien de I statue de la sainte titulaire; sa triple voûte est supportée par une longue rangée de pilastres composites, appuyés deux à deux sur la même hsse. Sa forme est une croix latine : troiscentsoixante-huitpiedsdeloDgueur^centsixde hauteur, cent vingt«inq de largeur, telles sont ses dimensions. En y comprenant la statue de la sainte, la grande coupole mesure intérieurement cent trente-trois pieds, extérieurement cent soixante-seize d'élévation. De qui est la pensée créatrice de Tattguste monument ? D'un humble frère de Baint-Benott, dom Jérôme de Bresda. Quel en fut l'architecte? Un enfant de Padoue, André Reccto. Quel pinceau Pa décoré de ses splendides peintures ? La gracieuse sainte Gertrude en extase est de Pierre Hiberi ; Totila , roi desGoths, prosterné devant saint Benoit appartient k Jean-Baptiste Maganza;saintCosme et saintDamien, sauvés du naufrage par un ange^ est une composition pleine de feu , d'Antoine Balestra $ enfin le martyre de sainte Jnstine, placé au fond du chœur, passe pour le chef-d'œuvre de PaulVéronèse. Lesbelles stalles du chosur, ornéesdebas-^
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reliefe représentant les divers sujets du Nouveau Testament, sont en partie l'ouvrage d'un Français^ Richard Taurigny, de Rouen ^ qui a fait aussi les belles stalles du dôme de Milan. Quelle est maintenant la sainte à qui la ville de Padoue a dédié cette magnifique église?
Fondé sur les monuments de Thistoire et de la tradition^ Baronius compte quarante missionnaires, prêtres ouévéques; dirigés dans les différentes parties de l'Italie^ des Gaules et de la Germanie par saint Pierre y durant son séjour à Rome. Dans ce nombre figure le saint évéque Prosdocimus, disciple du pécheur galiléen , envoyé par lui dans la ville de Padoue Tan 46 de Notre-Seigneur, la quatrième année de l'empereur Claude y immédiatement avant Fédit contre les Juifs, qui obligea l'Apôtre à reprendre le chemin de l'Orient'. A la voix du saint évéque, les yeux s'ouvrirent; on déserta les autels des idoles. Parmi les néophytes se distingua une jeune viei^e nommée Justine. Chose remarquable ! presque partout les femmes furent les premières à embrasser l'Évangile, et presque partout elles soutinrent les pluâ nobles combats. Marie, la mère du Sauveur, sainte Madeldne et ses compagnes sur le Calvaire donnèrent naissance à cette génération d'béroïnesrqui payèrent et défendirent, par la généreuse effusion de leur sang, la réhabilitation de leur sexe. Justine, arrêtée par ordre du président Maxime , est soumise à tous les genres de tortures ; ferme et pure comme un diamant, son âme virginale résiste également aux menaces, aux promesses et aux supplices. Le glaive du confecteur met fin à la lutte. Maxime est vaincu; l'héroïne a triomphé ; l'idolâtrie chancelle, et Padoue , purifiée , consacrée par le sang de la sainte
* Jfma/., t. i,an. 46, n, 2,
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victime ^ devi^Mira une des villes les plus religiettses de ritalie : telle est la glorieuse martyre pour laquelle a été bâti le temple magnifique où nous sommes. Elle s'y trouve^ du reste^ en nombreuse et noble compagnie.
Dans l'autel de la grande chapelle y à gauche du tran* sept, on vénère une partie considérable du corps de l'a« pôtre saint Mathias , apporté de TOrient. Derrière Tautel une porte colossale ouvre sur un antique atrium, au milieu duquel est un puits. Prosternez-vous, qui que vous soyez , la terre que vous foulez est une terre sainte. Ce puits, appelé des Saints-Innocents , renferme les reliques d'un grand nombre de martyrs, dont le sang inonda la place du Prato. Descendons maintenant ce petit escalier sombre et tortueux ; il nous conduit à une crypte, vénérable berceau du christianisme à Padoue. Sous la pierre de cet autel, où il offrait silendeusemaat l'auguste victime, repose le saint évéque Prosdocimus. Cette vierge byzantine que vous voyez sur l'autel fut apportée de Constantinople par le saint prêtre Usius. L'an 741 Ficonoclaste empereur Constantin Copronyme la fit jeter dans les flammes, d'où elle sortit miraculeusement intacte. Avant de quitter l'église , nous vînmes, sur les pas de tant de générations, nous pros* temer au pied du maltre-autel devant le corps sacré de sainte Justine^ en conjurant le Dieu des martyrs de ré* chauffer dans les veines de leurs derniers enfants le sang généreux des premiers chrétiens.
Le voyageur catholique n'est pas au terme de ses jouissances. L'Italie compte quatre principaux sanctuaires : Rome, Lorette, Assise, sont les trots premiers; Padoue est le quatrième. Cette ville a eu l'insigne bonheur de posséder pendant une grande partie de sa courte vie et de couronner après sa mort le saint le plus
()opttl«re du moyen âge : j'ai nommé autii Antoine de Padoue» Il faut ajouter que la confianoe^ l'amour^ l'euthousiasme des habitants per il Sanio est vraiment admirable : nous en jugerons par le monument que leur piété filiale a dédié en son honneur. Commencée en 1255 pat le célèbre Nicolas de Pise et achevée en 1307| l'église de Saint-'Antoine est un édifice gothique de la meilleure époque et du meilleur goût. Les six coupoles qui la surmontent sont une réminiscence du style byzantin ; et ses statues^ ses bas-reliefs de Donatello, ses fresques immortelles de Giotto, ainsi que ses quatre grands orgues, attestent la réunion de tous les arts pour glorifier sur la ten*e l'humble saint dont le Ciel couronne les vertus. En entrant nous fûmes très-étonnés de voir aux portes deux chiens dalmates^ de l'espèce des chiens de bergers. « De temps immémorial, nous dit le frère Prosper» la garde de l'église est confiée à ces fidèles animaux* De père en fils ils s'acquittent parfaitement de leur devoir. Ceux que vous voyez surprirent, il y a quelques années, un domestique de la maison Sografi qui était resté le soir en prières après la fermeture des portes ; ils se placèrent à ses côtés^ l'un à droite, l'autre à gauche, prêts à s'élancer sur lui au moindre mouvement, et ils le tinrent ainsi en arrêt jusqu'au lendemain matin. »
L'église est un véritable musée de peinture et d'architecture, dont la description nous entraînerait trop loin* Parmi tant de richesses on admire, à la chapelle du Saint-Sacrement^ le tabernacle en marbre précieux orné de bas-reliefs en bronze de Jérôme Gampagni, célèbre sculpteur du seizième siècle, et les quatre anges dus au ciseau de Donatello. Au chœur est le grand candélabre de bronze d'André Riccioi le Lysippe vénitien;
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c'est le plus beao qa'il y ait au monde; il coûta dix aonées de travail à Tartiste» Les quatre «tatues des protecteurs de Padoue, la Vieige et TEnfant Jésus, sont autant de chefs-d'œuvre de Donatello. Après avoir admiré les belles fresques du quatorzième siècle qui décorent la chapelle de Baint^Félix^ on aime à s'age^ nouille devant Fautel oA repose le corps du glorieut martyr* Plus loin sont deux anciennes chapdles où l'on voit de précieuses peintures^ antérieures à la renaittanoe^ dont l'une représente saint Antoine révélant au B. Luca Belludi la délivrance de Padoue de la tyrannie d'Ksselin. Le corps du bienheureux repôae sous l'auteh
Nous arrivâmes enfin à la chapelle de Saint-Aiitoine, une des plus riches du monde. Je ne sais combien d'hommes célèbres ont travaillé à la construire et à Torner. Commencée en 1500 par Jean et Antoine Minello^ oontbiuée par Sansovino et Falconetto, elle fut <H*née de gracieuses arabesques par Matthieu Allio et Jé«r6me Pironi, et de bas-reliefs exquis par Gampagni, Tul- )ius et Antoine Lombard. Autour de la chapeHe«ont neuf compartiments décorés de bas-reliefs en marbre, représentant les principales actions du saint. On admire surtout le miracle de la jeune fille des environs de Padoue étouffée dans un bourbier et ressuscitée par le saint; la conversion de Thérétique Aloardine^ dont je parlerai plus tard; le saint remettant à un jeune homme le pied qu'il s'était coupé pour avoir donné un coup à sa mère. Les stucs delà voûte, ouvrage de Titien Minio, sont d'une extrême élégance; mais il semble que Tart se surpasse lui-même à mesure qu'il approche de TauteL
Voici les superbes statues en bronze de saint Bonaventure^ de saint Louis, évèque de Toulouse, etde saint
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Antoine; les quatre anges qui portent les candélabres, la grille de bronze et enfin F autel de niarbre avec ses magnifiques sculptures. Dans Tautel repose le saint, sur le corps duquel j'eus le bonheur d^offrir les augustes mystères. Telle est l'immense popularité de saint Antoine de Padoue que la magnifique église, avec sa chapelle^ plus magnifique encore, ont été bâties avec les offrandes des fidèles de toutes les nations. Une des trois superbes lampes en or massif, fondues en 1797 pour acquitter la contribution de guerre, était un présent du grand Turc. De nombreux tombeaux se dressent autour de la chapelle, dans l'église et jusque sous les cloîtres du couvent , tant est vif le désir de n'être point séparé, même après la mort, de celui qu'on aima si tendrement pendant la vie ! Entre ces illustres mausolées de patriciens, de généraux, d'étrangers, distingués, de professeurs célèbres^ il faut étudier ceux d'Alexandre Gontarini, général de la république ; du cardinal Pierre Bembo, d'Armintus d'Orbesan ^ baron de la Bastide, jeune guerrier français mort en 1595, âgé de vingt ans. Son élégante inscription latine sent un peu trop la renaissance'.
Malgré l'affaiblissement général de la foi, d'innombrables pèlerins arrivent encore de toutes les parties de PEurope» surtout de l'Allemagne et de la Pologne^ au tombeau de saint Antoine. Chaque jour sont envoyés des ex-voto à sa chapelle ou des offrandes pour sm trésor. D'où vient cette popularité si constante et si
Gallus eram , Patavi morior, spes una parentum ;
Flectere ludus equos , armaque cura fuit : Me quarto in lustro mihi prsevia Parca pepercît ,
Hic tumulus , sors haec, pax sit utrique : vale.