SEKMONS DE SAINT ANTOINE
dtt savant évéque de Toul Dussaussaye^ vous aurez vu que nos pères s'adressaient à un saint en particulier pour chaque maladie^ chaque besoin : l'Italie^ rAlleinagne, toutes les autres parties de la catholicité faisaient comme la France. Saint Antoine de Padoue était invoqué pour retrouver les choses perdues. Reste précieux du vaste naufrage où le protestantisme et l'incrédulité ont englouti tant de pieux usages y cette dévotion est encore pratiquée de nos jours; elle est même populaire en Orient et en Occident : voilà un fait. Respectable déjà par sa catholicité et par son ancienneté^ ce fait le devient plus encore par son origine. Des exemples nombreux et des témoignages incontestables consignés dans la vie de saint Antoine de Padoue prouvent qu'il avait reçu de Dieu le pouvoir non-seulement de guérir les malades, mais encore de consoler les affligés en leur faisant miraculeusement retrouver les choses qu'ils avaient perdues ^
En sortant de Téglise , on est tellement pénétré de ce qu'on vient de voir et^ quand on est chrétien , de ce qu'on vient d'éprouver qu'il reste à peine assez d'attention pour jeter un coup d'œil sur la statue équestre en bronze du grand capitaine Guattamelata , qui décore la place. Cette statue , la première qui ait été fondue en Italie et chez les modernes, est le chef-d'œuvre de Donatello. Nous dîmes un dernier adieu au bon frère Prosper, exilé volontaire pour l'amour de Dieu et du prochain; à saint Antoine; à Padoue ; aux conservatou'es de pauvres et d'orphelins, et nous parUmes pour Venise.
La route suit les bords de la Brenta , si vantés par les amateurs de paysages et si célèbres dans nos fastes militaires. Au travers d'Une campagne couverte de jardins,
* Vita di s, Ant.» lib. ai| p. 266.
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OÙ Ton dirait qvm les statues de maibre GnmBeiil comme les champignons, on arrive àMestre : ici vous attendent les gondoliers vénitiens pour tous conduire dans leur merveilleuse dték
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Clocher d« Si^MIaM. ^ Tue d hMoir« éb Yenlie. — £gllie Saint- Mafo. — TransUUoo da oorpt de saint Haro* ~ Trésor. — Place Saiatllarc. — Chevaux. — Lion. ~ Palais du doge. ~ Prisons. — Inscriptions.
Le voyageur qui entre à Venise après la chute du jour se croit transporté dans quelque cité fabuleuse des MiUeet Une Nuits. Une ville superbe , vaste, populeuse^ assise au milieu de la mer, sans qu'on aperçoive, pour lui servir de base, ni un pouce de terre ni une pointe de rocher, de longs canaux bondés de maisons et de palais, dont les fondements sont cachés dans les flots ; tandis que la façade, moitié européenne , moitié orientaie, s'élance majestueusement dans les airs; un silence lugubre que ne trouble ni le pas des chevaux ni le mouvement des voitures, mais le bruit monotone des rames qui frlippent à coups égaux la tranquille surface des ondes; le son varié de nombreuses sonneries, les mille voix criardes de tout un peuple qui encombre plusieurs centaines de ponts grands et petits, et passe rapidement au-dessus de votre tète; des gondoles, aux couleurs jaune et noire, qui parcourent en tout sens les longues sinuosités des lagunes ;Jes falots de ces voitures d'eau , les réverbères et les torches dont la lumière ince^ taine éclahre ce singulier spectacle, tout cela étonne ^ surprend et produit une impression qui aie privilège de ne ressembler à nulle autre.
Pour la compléter, nous voulûmes, après avoir vu