SALERNE
sur le trône de Naples ; tout le pays lui obéissait à l'exception de ^imprenable Capri. Murât ordonne au général Lamarque de réduire cette forteresse. Lamarque pariavec seize cents hommes d'élite^ et ^ après des prodiges d'audace^ il force les assiégés à capituler. Â cette occasion Salicetti^ ministre de Naples , écrivait de Capri : a J'y ai trouvé les Français, mais je ne puis croire qu'ils y soient entrés. » Or, celui qui défendait ce nouveau Gibraltar était le futur geôlier de Sainte-Hélène, sir Hudson-Lowe!
Nous doublâmes rapidement le cap Campanella, et quelques heures suffirent pour nous rendre au rivage de Saleme. Voyez cette ville d'environ douze mille âmes, gracieusement assise sur le penchant des montagnes, dominant le golfe qui porte son nom. Ses rues irrégulières, étroites, pavées de dalles du Vésuve, ses édifices aux murs bariolés semblent indiquer une ville moderne et d'une importance secondaire; pourtant c'est l'antique Salernuniy la fille des Grecs l'esclave des Romains, des Lombards et des Normands, la cité savante dont l'école médicale est connue du monde entier. Mais le temps et les hommes; plus redoutables que le temps, ont mutilé, changé son antique physionomie. L'Université existe encore, mais elle ne jette plus d'éclat; et les aphorismes précieux de l'école de Salerne ont été traduits en vers burlesques ".
La cathé(h*ale, gothique d'origine, est toute moderne par les ornements et les décorations de l'artiste San Fe-
* Ils furent écrits en vers latins au conunencement du douzième sîéde par Jean de Milan, en faveur de Bobert, duc de Normandie. Ce poème, dontil ne reste que le tiers (373 vers sur 1239), aété travesti en vers burlesques par L. Martin en 1653 .