‹ Les trois RomeChapitre 61 sur 75 · U8 TROIS MU · texte numérisé non relu

U8 TROIS MU

sftttlèiue flièole Upaptuté, doniode par le génie de l'anibitii» , eaeourêgeeit leg Hiassaeres de* hérétiques ^ la révolte des sujets contre les {vinces esnemis de l'Église et les crimes qui sont la suite ordinaire des perturbations sodales ext (Hromettant le pardon de tous les crimes à la condition de visiter telle ou telle éf^ise. Voilà pourtant de quelle manière un trop grand nombre de voyageurs en Italie^ le sachant ou sans le aayoir, travestissent , les uns sur un point, les autres sur un autre y les actes pontificaux^ livrait la religion au mépris^répandent et fortifient contre elle de haineux préjugés ^

Si Tartiste entre avec amour dans Saint-Geoi^ies Majeur, le chrétien n'y pénètre qu'avec un profond sentiment de respect ^ de reconn«ssance et d'admiration. C'est ici le temple éternellement glorieux où fut

* Afin de mettre les pièces du procès sous les yeux du lecteur, je vais transcrire risscription telle qu'elle est , et telle que l'auteur lui-même la rapporte :

Quisquis criminibus expiatis

Statas precans preces

ad

XII Kal. aprilis

iCdes hasce supplex

inviserit

Is

Veniam scelerum

Maximam consequuturum

se sciât

Gregorius XIII

Pont. max.

Sacro eam diplomate

iribttit*

MONUMBirr tu MftS IlIGHUI. 4SB

7^ eoillMirefiMBl à loalei les prévMMè hu« inafaMs «t à toutes las prédMions dé nmpiété iriotn « phante ^ la chaîne inteirompiie des SoQrerains Pontifes. Pie VI était mort à Valence; et la philosophie antichré^ tienne avait entcmné Thymne ftinèbre de la papauté. Devant les bataillons révolutionnaires y touë les ntenibrea du Sacré Collège s'étaient dispersés i tnattres de l'Italie^ les Français rendaient le conclave impossible. Et voilà que la Providence saisit d'une mafai le jeune guerrier dont la présence gène son action , et le jette aux extrémités de l'Orient; de l'autre ^ elle amène les Anglais et les Russes^ qui chassent les troupes françaises de ritalie. Un éclair brille entre deux orages; et cet instant suffit à TArbitre Suprême pour accomplir son oeuvre : Pie Vil est proclamé à Saint-Georges. Reviennent maintenant et le consul Bonaparte et ses légions victorieuses^ qu'importe? TÉglise a un ohef ; l'oeuvie divine est sauvée, sauvée malgré tous les calculs, tous les désirs, toutes les fureurs de Tiniquité. Le portrait de Pie VIT , placé à Saint-Georges, redit dans toute son étendue ce drame mémorable.

Le tombeau du doge Dominique Micheli, le saint Bernard et le Godefroy des croisades vénitiennes, en rappelle un autre. On dirait que la Providence a voulu rap-, procher ces deux souvenirs dans un même lieu, pour faire briller avec plus d'éclat son action perpétuelle sur rÉglise. A la tête de ses deux cents navires , Micheli , vainqueur de Jaffa, conquérant de Tyr et d'Ascalon, la terreur des Grecs , fut un des principaux instruments dont Dieu se servit pour repousser la barbarie musulmane dans la grande lutte du moyen âge.

Notre pèlerinage finit à Saint -François délia Yigna. Cette vaste église possède dix-sept chapelles, dont la

436 us TK»S BOia.

plus riche est la chapdle Giiistiniani, loate revêtue de sculptures en marbre. Plusieurs mausolées du quinzième et du seizième siècle , ainsi que la Résurrec* tion et la Sainte Vierge , de Paul Véronèse^ forment la principale richesse de ; cette grande basilique. La petite chapelle de Saint-Marc, située dans le jardin du couvent voisin y occupe, suivant la tradition , la place même où saint Marc, se rendant de Rome en Egypte, s'arrêta et entendit une voix divine qui lui disait : Pax tibiy Marée f Evangeliita meus, que les Vénitiens adoptèrent pour devise ^

14k AttII.

duufté TéattioiM. — U Pitié. - SpedaUUa. - Saint Jérôme Emiliani.

— Caaa di Ricûvero, — Ca»a tTIndutiria. — AumÔDes annuelles. — lie de Murano. — Glaces. — Perles. — Clou de la Passion. — Ile Saint- Laiare. — Médiitaristes. — Départ de Venise. — Phosphorescence de la mer. ~ Dernier reflet de la gloire de Venise. — Flotte et l>ataUle de Lépante. — Noms des vaisseaux.

En baptisant une nation le christianisme lui imprime trois caractères, la force, l'intelligence et là charité. La plus puissante des républiques modernes, Venise^ porta, dès l'origine, cette glorieijse auréole. Ses victoires en Europe et en Orient nous ont témoigné de sa valeur; son intelligence brille encore dans ses églises, dans ses

* Que saint Marc ait prêché Tévangile à Aquilée, où il eut, pour successeur le glorieux martyr Hermagoras , c'est un fait attesté par la tradition constante ; qu'il ait passé en se rendant en Egypte par les Lagunes où Venise est bâtie, TinspectÂon de lieux rend vraisemblable un fait que la tradition donne pour certain. Voyez Bar., i4n., t. i, an, 46. Mamacbi, OH^.^etc, t. u, lib. ii,

CHARITÉ YÉNITIBIINE. 437

musées, dans ses galeries et dans ses souvenirs historiques. Sous ces deux premiers rapports^ la reine de l'Adriatique est déchue de sa splendeur ; mais la charité lui reste ^ et ce divin flambeau^ qui répandit un doux éclat sursaprospérité^ embellit encore d'un noble reflet les débris de sa grandeur effacée. Il est consolant de contempler cette gloire qu'on n'a pu lui ravir. D'ailleurs, si l'histoire religieuse et charitable*des pays qu'il parcourt fut^ dans tous les temps, le but le plus noble et le plus utile du voyageur, aujourd'hui de nouveaux motifs doivent le rendre sacré. D'une part, l'indifférence religieuse et la philanthropie, qui menacent de tout envahir et de tout matérialiser; d'autre part, le progrès du paupérisme, parallèle à celui de l'industrie, et les idées qui fermentent parmi les peuples créent une situation grave, pleine de menaces et de périls. La charité seule peut la conjurer et venir en aide à la société. Faire connaître ses œuvres^ ses secrets, ses admirables inventions est donc un service d'autant plus utile que, sous ce rapport, nous avons beaucoup à apprendre. Cette pensée, qui m'a fait indiquer ou décrire^ dans chaque ville , les institutions charitables , me détermine à faire aujourd'hui l'esquisse de la charité vénitienne , comme je le ferai bientôt pour Milan et pour Turin.

Des richesses que la valeur et Thabileté de ses navigateurs faisaient refluer vers ses Iles la reine de l'Adriatique fit toujours une belle part aux pauvres, et nul genre de misère ne fut délaissé. Au dixième siècle le saint doge Pierre Orseolo construisit un hôpital, en face de son palais, pour les innombrables pèlerins de la Terre Sainte; un siècle plus tard il s'en élevait un autre sous le patronage des saints Pierre et Paul^ où trouvé-

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rent Êcoèê wm-seuleïmni les pèlerins, nmis etmif» l66 blessés, à quelque natîoa qu'ils spparti»sseQt ^ i# treizième siècle vit bfttir, par le fils du doge Pierre Ziaui, le iDagniflque hosiNce des Arméniensi qu'edministreoi encore les Mécbitaristes de Saint-Lsstare.

Au quinzième siècle Venise fui témoin d'une autre merveille. Le tumulte des armes, le concours d'une multitude d'étrangers avaient produit dans l'opulente cité un grand relâchement de mœurs. Les naissances illégi^ times se multipliaient et les abandons aussi. C'est alors que vint prêcher, dans cette ville , un religieux franeit* cain , Pi^re d'Assise, homme d'un sèle aposldique et d'une charité ardente. Ses vertus et son éloquence ne tardèrent pas à le foire chérir des Vénitiens. Il rencon* taiût souvent, dans les rues, des enfants exposés, et les eris de ces pauvres petits lui déchiraient l'âme. Ne pre^ nant conseil que de sa tendre compassion, il résolut, lui étranger et indigent, de leur Gtéer un refuge» Il en de* mande Tautorisation au magistrat, puis il se rend de muson en maison faisant retentir cette seule invocation : PiHà! PiHàl

U n'en fallut pas davantage ; les portes et les bourses s'ouvrirent. Bientôt des centaines d'(H*phidins étaient affranchis de la mort \ à leur sauveur demeura le surnom de Petit Frère Pierre de la Pitié. Sous sa direction, deux confréries d'hommes et de femmes s'organisent; les hommes vont par les rues à la recherche des enfante, les recueillent, les portent eux-mêmes à l'asile préparé, où les fenunes leur prodiguent de tendres soins* Lors* que Pierre mourut, en I3S3, son pieux établissement» fondé depuis sept ans , était consolidé , et le doge en aec^ttût le patronage è perpétuité. Jusqu'en 1707, lea pbis haute patrieiens se drent honneur de l'admimatrer*

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