‹ Les trois RomeChapitre 64 sur 75 · VISITE DÉTA.ILI.ÉE · texte numérisé non relu

VISITE DÉTA.ILI.ÉE

la vérité; qui remporte un nouveau triomphe, prépare ceux de la vertu. Pour n'en citer qu'un seu!, cette montagne de marbre^ cette église merveilleuse ^ au faite de laquelle nous sommes assis, quelle en fut la pensée créatrice? Quel souv^ir redit-elle aux générations qui la contemplent? Au quatorzième siècle vivait, à Milan, un de ces hommes de fer comme l'Europe d'alors en comptait des milliers. Galéas Visconti, duc de Milan, s'était emparé par trahison de la personne de son oncle et du patrimoine de ses cousins. Mais le remords vivait dans son âme cupide , comme il vivait au cœur de la société contemporaine. En expiatioi\de son double crime, il fit bâtir deux magnifiques églises en l'honneur de Marie ^ que tous les siècles appellent le Refuge des pécheurs. Ces deux merveilles sont la Cathédrale de Milan et la Chartreuse de Pavie. Le prince pénitent donna, outre des sommes considérables, une carrière de marbre blanc d'une pureté admirable : c'est la carrière de Candoglia^ près du lac Majeur.

Après ce coup d'œil d'ensemble, nous descendîmes du Duomo pour commencer la visite détaillée de la cité. La sacristie de l'église de Saint-Satyre , en forme de petit temple octogone, offre à l'admiration de l'artiste son architecture du Bramante et ses sculptures grandioses du Caradosso. Elle attire aussi le pèlerin catholique par sa madone miraculeuse du onzième siècle. Cette image de la sainte Vierge est une des plus vénérables de l'Italie. Au portail de Saint-Nazaire nous vîmes les huit sarcophages de la famille Trivulce. Singulier spectacle que ces grands cercueils de pierre suspendus audessus de votre tête! On s'arrête ému et silencieux devant celui de Jean-Jacques Trivulce, le célèbre maréchal, créateur delà milice française etle bras droit de Louis XII*

AU LUS tiidls &ôttÈ.

Sdtl eftfactè]*e âéitiblê pêlflt dàhâ I'éj[)itâph6 qu'A s6 fit 8 lui-même : a Joanneê JaeôbUé TrivulHUs, ÀnimU fttiîièy qui nmquam qUievit, quièscit. Taêé. — /em^ Jacques Trivulce, fils d* Antoine , qutjàmaié M se reposa, repose. Silence. » l^àint-Nazâife , fotidé en 3S9 ^ fâppelte une gloire bien supérieure à eélle ded conquérants. Les autelà, les muts de TantiqUe sanctuaire redi» ëeiit encore lesiioms immortels des glorieux mart^ de Milan ^ les saints Nazaire et Celse; et du grand apdtrè de la cité; saint Ambroise^ qui vint, il y à quinze siècles^ déposer leurs reliques dans Ce vénérable sanctuaire.

A Téglise Saint-Laurent, rebâtie par saint Charles, on admire le génie si hardi et si fécond deé architectes italiens. Il ne s'agit plus de croix latine, de croix greô^ que ni même de rotonde; voici un édifice octogone, dont quatre côtés disposés en demi-quarts de cercle pré* entent dans leur enfoncement àmn rangs de colonnes ^ l^un sur l'autre , qui servent de galeries tournantes. Les autres côtés en ligne droite n'ont qu'un seul rang de colonnes; mais ces colonnes ont deux fois la hauteur des premières , et soutiennent la coupole. Plusieurs tableaux distingués d'Hercule Procaccini, d'Aurèle Luini et de Vlmercati ajoutent leurs grâces brillantes au* formes extraordinaires de rédîficé.

Si l'église di San Lorenzo est une des plus curieuses de Milan par son architecture, celle de Saint-Alexandre est peut-être une des plus remarquables par ses richesses. A la voûte et dans les différentes parties de ce temple magnifique brillent les excellentes peintures de Frédéric Blanchi , de Philippe Abbiati , de Son Agoê" iino, dont lés Unes re|)résentent les principaux traits de PAncien testament et de la vie du ^ôtietix titulaire. Le maltrè-autel resplendit sôus sa riche gamltare de

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