‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 100 sur 155 · RÉFLEXIONS. 3S · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS. 3S

petites ont aassi la leur. Dieu et rhomme s'y donnent rendez-vous, car le Christianisme vainqueur et le paganisme vaincu y sont partout en présence. Œuvre de rhomme, la vieille cité de Romulus et de Néron n'oflfre, de toutes parts, qu'un vaste amas de temples, de palais, d'aqueducs, de mausolées mutilés, moitié debout, moitié couchés pêle-mêle sur le sol. Œuvre de Dieu, la Rome de saint Pierre, de Grégoire XVI, toujours rayonnante de jeunesse, bien que la croix du Calvaire ait déjà couronné le Gapitole plus longtemps que l'aigle impériale, élance tranquillement vers le ciel les dômes de ses temples, domine, protège, couvre de son égide tout ce que Dieu veut sauver de la Rome antique.

Partout vous voyez un débris privilégié du paganisme venir se réfugier sous l'aile de la religion pour échapper à une ruine entière. Semblables à des captifs qui trouvent acceptables toutes les conditions, pourvu qu'on leur accorde la vie, les vieilles gloires de Rome se soumettent à tous les usages : elles sont temples chrétiens, tombeaux de martyrs, colonnes, piédestaux, humbles seuils, pavés même dans la maison du vainqueur. Il leur sufiSt que la fille du Ciel daigne les toucher du doigt; elles sont contentes. C'est pour elles le gage de l'immortalité : on dirait qu'elles se souviennent des Rarbares et de leur terrible marteau dont elles portent les cicatrices. Pour échapper à de nouveaux ravages, elles soupirent après l'adoption de cette pauvre Église, dont elles avaient bu le sang au jour de leur gloire.

Combien de fois le voyageur catholique n'est-il pas ravi à la vue de tous ces obélisques, jadis élevés aux potentats de l'ancien monde, lorsqu'il lit à la base : Érigé à Auguste^ à Marc-AurèlCj à Trajan; et un peu plus haut : Relevé par Sixte, par Clément, successeur

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