ANTIQUITÉ, FORME PRIMITIVE
balustradres de marbre à jour, servant de grilles pour protéger la confession. Dans le chœur, berna, les ambonSy ab ambiendo, d'où Ton annonçait la parole divine; les lectoria, d'où se faisait la lecture des livres saints : on en compte trois, tous en marbre.
Deux sont tournés vers Tautel : le plus petit, destiné à la lecture de l'évangile. Près de ce dernier est le candélabre lapillatum, c'est-à-dire en marbre, revêtu d'une marqueterie en mosaïque. Le troisième, tourné vers le peuple, servait à lire les prophéties de l'Ancien Testament. Des ambons se prêchaient aussi les homélies et les discours adressés aux fidèles *. On remarque encore le pastophorium^ lieu sacré où l'on conservait la sainte Eucharistie, comme l'indiquait saint Paulin; il est à droite et sert aujourd'hui de tabernacle pour les saintes huiles. A gauche était une armoire destinée à renfermer les livres canoniques. Saint-Clément présente encore la nef antique, navis, et au-devant de l'église le portique quadrangulaire, porticm quadripartitus.
Tels sont les principaux vestiges de notre vénérable antiquité qui se trouvent dans cette modeste Basilique. Le souvenir de nos pères dont les mains ont fabriqué tous ces objets, la pensée des générations nombreuses qui les ont vus, qui les ont entourés, qui les ont arrosés de leurs larmes et parfumés de Tencens de leurs prières, vous reportent aux beaux âges de l'Église et vous jettent dans une religieuse mélancolie. Monde du dix-neuvième siècle, qu'as-tu fait de la piété et de la foi de tes pères? Distraits un instant par l'étude de l'antiquité, nous revînmes à la pensée qui avait dirigé nos pas. Vénérer le glorieux martyr au triomphe duquel nous avions as-
* Ilist. Tripartil., lib. X.
384 LES TROIS ROMB.
sisté dans l'amphithéâtre, tel était le but de notre pèlerinage. Les ossements dlgnace, brisés par les daits des lions^ reposent sous le maître autel avec ceux du pape saint Clément et de Fillustre martyr Flavius GlemeoS; cousin de Domitien, mis à mort par ce farouche persécuteur. Quel fenent Credo on récite là, agenouillé ie\M ce glorieux autel!
Les monuments écrits manquaient pour constater le culte rendu par TËglise primitive au martyr consul et cousin des empereurs Titus et Domitien. £n 17!2S, une antique inscription vint lever tous les doutes à cet égard. Gravée sur une table de marbre, elle fut trouvée dans réglise de Saint-CIém^t, sous le maiti'e autel, oii elle recouvrait une petite châsse de plomb contenant des ossements, des cendres imprégnées de sang, un vase de verre brisé, deux croix, etc. Cette inscription est ainsi conçue :
FLAVIUS. CLEM. MTR.
HIC. FEUCIT. E. TV.
« Flavius Clemens martyr, hic féliciter est tumulatus *.» Aux noms des plus illustres martyrs la vénérable Basilique ajoute des souvenirs également précieux pour le savant et pour le chrétien. Ici, l'hérésiarque Célestiusfit sa rétractation entre les mains du pape Zosinae ; ici, saint
* Voyez Mémoires relatifs à Fhist. eccl., par M. de Greppo, p. 178. — Cette inscription contient une troisième ligne qoi a fort exercé les savants. Voyez le P. Zacgaria,- Dissert., etc. L'inscription de saint Clément n'est pas le seul trésor récemmont trouvé dans la vénérable Basilique. En 1862, des travaux de restauration ont amené la découverte de Téglise souterraine ornée de fresques d'une haute antiquité et qui jettent une grande lumière sur les premiers siècles de l'Église. Elles ont été savamment expliquées par M. de Rossi.