‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 119 sur 155 · LE PALATIN · texte numérisé non relu

LE PALATIN

fMt Déeembre.

Le Palatin. — Palais des Augustes. — Le Lararium, — Temples des dieux et des empereurs. — Statue d'Apollon . — Chrétiens de la maison do Néron. — Le Septizonium. — Saint-Sébastien alla Polveriera. — Jardins. — Forum. — Villa Palatina. — Église de Saint-Bonaventure. — Le 6. Léonard du Port- Maurice.

Sortis hier de la vieille Rome, nous y rentrâmes aujourd'hui. Il nous parut intéressant d'étudier, la veille de Noël, les palais des Césars dont l'Enfant de Bethléem, encore dans sa crèche, ébranla les fondements : à neuf heures nous étions sur le Palatin . Des sept collines, disent les auteurs, celle-ci fut la première habitée. Évandre y fonda une bourgade qu'il appela Pallanteum, du nom de la ville d'Arcadie, son ancienne capitale. Les cinq premiers rois de Rome y fixèrent aussi leur habitation. Sur la fin de la république, ces modestes demeures firent place aux maisons somptueuses des Gracques, de Cicéron, de Claudius, de Catilina, de Marc-Antoine et d'Auguste lui-même, qui y naquit le 23 septembre, l'an 62 avant l'ère chrétienne *. A tous ces titres, la colline prit le nom de Palatin, fnon§ Palatinus, qu'elle conserve aujourd'hui. Elle le V/fità bien mieux encore, lorsque les successeurs du prétnier des Césars l'eurent couverte de leurs palais d'or et de marbre. Là, dormirent Tibère, Caligula, Claude, Néron, Domitien * ; et leurs ombres effrayantes semblent encore errer parmi ces ruines désolées, pour commander au voyageur l'étonnement et la crainte.

^ Quelquefl-uqs disent qu'il naquit à Vellétri. « SvET., c. V. — Stat., Sylv.^ Ub. \V\.

De tous les édifices qui couronnaient le Palatin, le plus imposant était le palais Augustal, siège de l'empire et séjour de la majesté romaine, Sedes romani imperii *.Ce palais, modeste d'abord, développa bientôt ses proportions et revêtit la plus incroyable magnificence. Un superbe escalier y conduisait du Forum par le coteau de la Victoire, per clivum Victoriœ, De chaque côté de la porte prindpale s'élevaient perpétuellement deux lauriers, doirt les têtes soutenaient, en se rapprochant, une couronne de chêne. Le sénat avait accordé cet insigne honneur à Auguste, vainqueur des ennemis et sauveur des citoyens*. n parut bon aux successeurs de ce prince de s'attribuer le même privilège; et quels que fussent leurs titres à cette distinction, ils n'avaient pas à craindre l'opposition du sénat.

De vastes portiques en marbre de Lacédémone et en porphyre entouraient la demeure impériale, dont ils défendaient l'accès au vulgaire, mais non aux douleurs et aux noirs soucis. Combien de fois leurs voûtes silencieuses virent, pendant la nuit, Caligula, tourmenté par les insomnies de la débauche, errer comme un insensé et appeler à grands cris le retour de la lumière ^ ! Des thermes à l'usage de la cour avec le Lararium, ou chapelle domestique des empereurs, formaient le corps avancé des bâtiments. Alexandre Sévère a rendu célèbre le Lararium impérial. Dans la partie la plus intime, ce

* Victor., de Région.

* Tune decretum fuit laurum pool ante ejus sedes regias, et coronam querceam superponi tanquam inimicorum victori et servatori civium. Dio, lib. LUI. — Plin., lib. XV, c. xxx ; lib. XVI, c. IV.

' Magna parte noclis vigiliae, cubandique laedio, nunc thoro residens, nunc per longissimos porticos vagus, inyocare identidem, atqiie exspeclaTe\uc«;mçjwi«ofiN««x.^«k«:^.^^

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