‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 121 sur 155 · CHRÉTIENS DE LA MAISON DE NÉRON · texte numérisé non relu

CHRÉTIENS DE LA MAISON DE NÉRON

ques grains de bonne semence jusque dans la cour même de Néron ? C'est là un problème dont la solution pique vivement la curiosité. Les détails suivants sont de nature à éclaircir, en partie du moins, cet intéressant mystère. Le nom chrétien était connu à Rome dès le temps de Tibère; on sait que cet empereur voulut faire mettre Notre-Seigneur au nombre des dieux. Saint Paul avait parcouru, en prêchant, les principales villes de TAsie; il avait séjourné dix-huit mois à Corinthe. Les Juifs, qui se montraient partout ses ennemis acharnés, le traînèrent devant le tribunal de Gallion, alors proconsul de TAchaïe, l'accusant d'enseigner une doctrine contraire à leur loi *.

Or, ce magistrat romain, Junim Annœus Gallio, était le frère aîné de Sénèque, précepteur de Néron *. Inévitablement le gouverneur entendit souvent parler de ce Juif énergique et disert qui se formait de nombreux prosélytes et dont les doctrines agitaient sa province. Homme instruit, il esta présumer que, dans sa correspondance, Gallion entretint son frère de ce prédicateur d'une philosophie nouvelle et sublime, et que la réputation de saint Paul avait pu ainsi le devancer auprès de Sénèque et lui inspirer le désir de le connaître : tant il y a que les meilleurs esprits ne mettent point en doute les relations de l'Apôtre, pendant son séjour à Rome, avec le précepteur de Néron 3.

Ce n'est pas tout : en arrivant à Rome, saint Paul fut, selon l'usage, remis entre les mains du préfet du prétoire avec les autres prisonniers. On ne peut guère

* AcT., xYin, I, 17.

« Tacit., Annal., vi, 3; xv,73. — Dio Cass., Hist. Rom., LX, 68d ; LXi, 699.

* Voyez Mémoires Eccl, par M. Greppo, p. %^.

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douter qD*il ne lii ait Aé présenté, ptas d'une fins pestêtre; car TApôtre attendît den ans soo jngonent. Or, dans ces andiences, commeàceDes de FâûeldeFestis, comme d^Dis sa prison même. Paol ne cessait d^annoncer rÉrangile. « le sois en prison, » écrit-il hû-mtme, c mais la parole de Dien n*est point endialnée; si Imd c qœ mes Ters sont connus dans toot le prétoire *. >

Le préfet dn prétoire était alors le célèbre Afranins Bnrrhos, assodé aree Sénèqoedans rédncation de NéroD. D partagea longtenq»; ayee loi la fiiTenr on da mmosb oo^anee dn tyran, et il parait qoe ces deux bommes d*État mardiaient assez de concert. Les relaticms qui existaient entre eux ne peuvent donc guère permettre de dooter qne Bnrrhns n'eut parié k Sénèque de ce csq[>tif si remarquable, ne lui eût inspiré le désir de le codnaitre et ne hii ai eût fourni les moyens, qui d'ailleors n*élaient pas difiSciles, le zUt de FÂpAtre devant le disposer fiivorablement à de tdies entrevues ^.

Ainsi s'expliquent sans effort les entrées de saint Paul au palais impérial. Entendue, commentée, discutée, soit par les gardes de Bnrrfaus ou par Burriius et Sénèqne, soit par les courtisans et les officiers qui assistaient aox interrogatoires, sa parole rencontra des cœurs dociles. Parmi les glorieuses conquêtes qu'elle fit à la cour on cite entre autres les saints martyrs Torpès et Évellius. Le premier était un des grands officiers de rempereur*. A peine sa conversion fut-eUe connue que Néron lui ordonna de sacrifier aux dieux. Sur son refus, Torpès. battu de verges, étendu sur la roue, expira, montrant

*Philipp., I, 13.

* Greppo, p. 103.

' Magnus in offîcio Caesaris Ncronis fuit. Martyr, Adonis ^ il mail.

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