‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 123 sur 155 · LE SEPTIZONIUM. 4S · texte numérisé non relu

LE SEPTIZONIUM. 4S

Sur la pointe orientale du Palatin s'élevait le Septizonium de Septime Sévère. Chaque empereur faisait des augmentations ou des embellissements au palais Augustal. Pour en décorer l'entrée du côté du montCœlius, Septime Sévère fit construire un superbe édifice à sept portiques, élevés les uns au-dessus des autres et soutenus par sept rangs de colonnes de formes différentes ^ On dit que les bacheliers, les licenciés et les docteun de répoque venaient y recevoir leurs grades, marqués par chaque étage». En 1216, le Septizonium était encore assez bien conservé pour loger le Sacré-Gollége qui élut Honorius m ^.

Aujourd'hui il n'en reste pas de vestiges; le palais impérial même, les temples des dieux et des hommes, toutes ces puissantes constructions romaines qui décoraient le Palatin ont entièrement disparu ; des ruines informes^ couvertes de ronces, attestent seules la grandeur romaine dans le centre même de sa majesté, Sedes romani imperii. Les jardins Famèse et la villa Palatina, remarquable par quelques fresques de Raphaël, occupent en grande partie le plateau de la colline; et de paisibles jardiniers cultivent des artichaux et des petits pois dans le temple d'Apollon, dans le palais d'Auguste, sous le portique de Caligula et sur l'Hippodrome si bruyant des empereurs*.

^ Locum septem soliis septem ordinibus columnarum constructum ubi dicitur, quod gradatim adscendentibus el meren- Ubus dabatur gradus scientiarum. /d., id,

« Gard. Aragon., in Vita Grey. IX ^ t. III, p. 2.

' Les ruines impériales se déblayent aujourd'hui par ordre de Napoléon III, devenu propriétaire du Palatin, acheté du roi de Nar»Ies, héritier des Farnèse. Ces fouilles ont amené la découverte d'une fresque qui nous donne la véritable forme de la croJJT sur laquelle Notre-Seigncur e^^\tBi.

Ici, comme ailleurs, le Christianisme seul resie debout. Vainqueur des Césars, il a planté sur les mines de leur palais ses colonnes triomphales. L'é^se de Saint-S&astien alla Polveriera consacre le lien même où le commandant des gardes prétoriennes remporta sa glorieuse victoire, et sur le côté opposé du Palatin, vers remplacement du Septizonium, s'élève, svelte et gracieuse, réglise de Saint-Bonaventure.

Là nous attendait un miracle semblable à cdoi qui nous avait si vivement frappés dans Féglise des Capucins. Sous le maître-autel dort du sommeil des justes le B. Léonard de Port-Maurice. L'infatigable missionnaire du Bolonais et des montagnes de l'Italie mourut ici, en 11S1, à l'âge de soixante-quinze ans. Il nous fut donné devoir de près le saint de Dieu, miraculeusement préservé de la corruption du tombeau : on dirait un vieillard près de se réveiller. Dans le tombeau du héros chrétien rqpose, comme l'épée victorieuse à côté du guerrier, l'effrayante discipline encore teinte de son sang. Elle explique en quelque sorte l'incorruptibilité du saint corps, et senible dire éloquemment : Voyez ! celui qui sacrifie sa vie en ce monde pour Jésus-Qirist la retrouvera glorieuse en l'autre. Deux armoires, suspendues de chaque côté de la nef, contiennent le grand crucifix et l'image de la Sainte Vierge que le saint portait toujours avec lui dans ses missions.

Le couvent, dont l'église forme le centre, est habité par les frères du bienheureux apôtre, les Franciscains de l'étroite observance. Ces religieux sont l'édification de Rome ; sous leur bure grossière vit la pauvreté, la mortification, l'humilité, l'obéissance et la pureté des premiers fidèles. Évidemment la Providence a voulu que, dans les derniers âges ôuiawÀ^A^^^^^^asix^^

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