‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 124 sur 155 · MESSE PAPALE · texte numérisé non relu

MESSE PAPALE

sur le Palatin couvert de ruines, aussi pur, aussi victorieux de la chair et du monde qu'aux siècles primitifs, alors que le palais de Néron cachait cette redoutable colline sous Téclat éblouissant de sa magnificence : avis à ceux qui proclament la mort du catholicisme.

Rappelons, en finissant, que la veille de Noël est à Rome un grand jour de jeûne. Le peuple, imitant les premiers chrétiens, s'abstient de toute nourriture jusqu'aux étoiles, c'est-à-dire jusqu'à la nuit : alors commencent de joyeux repas de famille. On s'invite et on se réconcilie ; oui, on se réconcilie, c'est un fait. Le souper, servi en maigre et accommodé à l'huile, se prolonge jusqu'à minuit; quand sonne l'heure solennelle, la table se couvre d'aliments gras, et l'on continue de se réjouir. Cet usage est tellement enraciné qu'il n'y a point de messe de minuit à Rome, sinon dans quelques communautés. La première se dit à Sainte-Marie Majeure, vers les deux heures du matin.

SS Décembre.

Messe papale. ~ HaUebardiers. — Esprit de conservation de l'Église romaine. — Entrée du Sainl-Père. — Pourquoi le souverain Pontife ne porte pas de crosse. ~ Épée. — Chapeau ducal. — Épttres et Évangiles chantés en grec. — Consécration. — Saiote-Marie Majeure. — La Crèche. — Détails. — Description.

Le beau jour de Noël, jour que j'avais tant désiré de voir à Rome, se montra tel que je l'aime pour être en harmonie avec la fête. En France et dans les pays du Nord, je veux qu'il soit bien froid, bien glacial; que les étoiles étiacellent sur l'azur du firmament ; que la neige crie sous les p^, afin d'exciter dans \fôs» e.«ws^ >»Nfc ^^

tendre, une plus vive compassioii pour rEn&Dt divin qui grelotte et qui pleure sur la paille, dans sa crèche ouverte aux quatre yents. A Rome et dans les pays chauds, à dé&ut de glace et de neige, je veux un Iffooillard plus ou moins épais, plus ou moins pénétrant, et de la pluie plus ou moins firoide, plus ou moins abondante : nous fumes servis à souhait.

A huit heures nous étions au Vatican. Qu'il me soit permis de le dire à Féloge de notre curiosité, nous y filmes des premiers. Or, ce jour-là, il est convenu qu'mi ne va pas à Saint-Pierre pour prier, mais pour regarder; à moins que regarder ne soit aussi prier, ce que je croi« rais volontiers, du moins pour le catholique respectueux qui assiste aux cérémcmies papales. Quoi qu'il en soit, nous nous mimes à regarder. Le premier obj^ qui fixa notre attenticm fur^t les hallebardi^^ du pape, dont une compagnie entra peu après nous et vint prendre position en avant de la Confession de saint Pierre, afin de garder Tenceinte réservée. Rien de plus pittoresque et de plus gracieux que leur uniforme : haut-de-chansses noir, rouge et jaune; cuirasse ronde du moyen âge, avec brassards articulés; fraise autour du cou, casque rond en acier, surmonté d'un panache rouge ; large baudrier jaune, et longue hallebarde à l'antique : on dirait la résurrection des temps chevaleresques.

Ce spectacle, si nouveau, servit de thème aux réflexions suivantes : Voyez conmie Rome est essentiellemeat conservatrice! Qu'on parcoure tous les États de l'Eurqpe, nulle part on ne trouvera, si ce n'est peut-^tre dans b poussière des musées, ce costume d'un temps qui n'est plus. Seule, la Ville étemelle le garde et l'expose au grand jour comme une pa^ d'histoire que diacun peut are. Plus d'une fois, ^aas ^<(raL\ft,V& \KiQsrvâ^K& ^issasc^

Page 1