SAINTS-JEAN-ET-PAUL. 4S
prisons destinées aux chrétiens et aux malfaiteurs dont la mort devait amuser le peuple. Ce qu'on éprouve en voyant tout cela, à la lueur vacillante d'une torche, je n'entreprendrai pas de ledire; je répéterai seulement que la foi devient plus vive et qu'on croit sans peine à toutes les atrocités de l'histoire.
Mais d'oîi vient au couvent et à l'église des Passionnistes le nom des Saints-Jerni-et-Paul ? Au quatrième siècle, deux illustres Romains avaient ici leur habitation. Officiers dans les armées de Julien l'Apostat, ils furent sollicités par ce prince de retourner au culte des idoles. Soldats de Jésus-Christ avant de l'être de César, les deux frères, se rappelant les glorieux exemples de la légion Thébaine, répondirent que leurs grades et leur vie étaient à l'empereur, mais que leur àm^ et leur foi appartenaient à Dieu. Désespérant de les vaincre, l'indigne rejeton de Constantin les fit égorger secrètement dans leur maison. En entrant dans l'église dédiée en leur honneur, on voit, à droite, une large table de marbre blanc, entourée d'une grille : elle marque le lieu même de leur supplice. Comme tous les pèlerins catholiques, vous vous prosternerez de grand cœur sur ce théâtre d'un immortel triomphe, oîi vous lirez comme nous l'inscription suivante :
LOCVS MARTYRII SS. JOANNIS ET PAVLI.
m iEDlBVS PBOPRIIS.
« Lieu du martyre des saints Jean et Paul, dans leur propre maison. » Puis, avançant de quelques pas, vous jléposerez vos vœux et vos hommages devant la magnifique urne de porphyre placée sous le maître-autel et cs^v renferme les corps des deux héros ctoéli^u^.
Près des Passionnistes se trouve la villa Mattei, une des plus belles delizie de Rome. Ses antiquités de lont genre méritent l'attention du voyageur, qui peut se flatter d'être parfaitement accueilli *.
Continuant notre marche vers Saint-Jean de Latran, nous arrivâmes à la partie du Cœlius occupée jadis parles logements des soldats étrangers, Castra peregrina. Plusieurs inscriptions, trouvées en ce lieu, fixent les émdits sur remplacement de ces casernes fameuses dans Thistoire. Je n'en rapporterai que deux, dont la seconde, légèrement tronquée, se conserve au musée du Collée romain.
COCCEIVS PATRVINVS