‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 138 sur 155 · SAINT-GEORGES · texte numérisé non relu

SAINT-GEORGES

fernal, et votre gloire de le terrasser. Comme il fut avec vos pères. Dieu est avec vous; ne craignez rien : Georgh noli timere, ecce ego tecum sum *. »

A réglise Saint-Georges s'appuie un petit arc triomphal, en marbre, élevé en Thonneur de Septime Sévère par les banquiers, les négociants et les marchands de bœufs du Forum boarium. La même place portait encore le nom de Forum tauri, à cause d'un taureau d'or placé vers le milieu ^. C'est un mince détail dont je ne parlerais pas, s'il ne rappelait un glorieux souvenir consigné dans les annales sanglantes de la primitive Église.

Filles d'un père et d'une mère martyrs, sainte Bibiane et sa sœur, sainte Démétrie, lavèrent aussi leur robe virginale dans le sang de l'Agneau. Démétrie mourut au pied du tribunal du préteur. Bibiane, expirée sous les coups, fut abandonnée aux chiens dans le Forum tauri; mais ces animaux, moins cruels que les hommes, respectèrent le corps sacré de la vierge martyre. Recueillies par les chrétiens, les dépouilles mortelles des deux sœurs furent enterrées près du palais Licinien , demeure de saint Flavien, préfet de Rome, et chef de leur illustre famille ^.

Du reste, on comprend sans peine qu'ici, comme dans tous les autres quartiers de Rome, le sang de nos vierges et de nos martyrs était nécessah^e pour purifier une terre souillée par tant d'infanticides et de superstitions cruelles. Vous rappelez -vous qu'avant d'entrer en campagne, les Romains, tant admirés dans les collèges, enterraient tout vivants un homme et une femme du pays

* Mazz., t. VI, p. 278.

* A Foro boario, ubi aureum lauri simulacrum conspicimus. Tacit., Annal, lib. XII.

* Mazz., l. VI, p. 478 et suiv.

aoqael ilsaTaient déclaré la guerre? Eh bien ! e'esteneore dans le Forum boarium que s'acomiplissait l'horrible sacrifice ^

Non loin de Saint-Georges subsiste un autre menament de la superstition romaine : c*est Tare de Janus quadrifnms, ainsi appelé parce qu*il a quatre faces. Ka que dépouillé des statues de bronze et des bas-reliefe dont il était orné, cet édifice est néanmoins une preuve de la magnificence déployée par le peuple-roi, même dans ses ouvrages de second ordre. Il est tout en marbre, d*une bonne architecture et d'une solide construction. Suivant Publius Victor, on avait coutume d'éle\'er des arcs semblables dans les carrefours et dans les forum. Us servaient aux marchands de comptoirs, de bureaux, d'abri contre le soleil et la pluie, d'autels pour certaines idoles, sans avoir pour cela rien de conomun avec le temple de Janus.

En avançant de quelques pas, on arrive devant la plus ancienne merveille de Rome : le grand égout de Tarqoin. La solidité de cet ouvrage tient vraiment du prodige : il y a quinze siècles passés que Pline s'en étonnait ; que diraitii aujourd'hui s'il voyait la Cloaca maxima toujours inexpugnable? Ni les constructions colossales qu'elle a supportées, ni le choc des eaux qui s'y précipitent des autres égouts ou qui refluent violemment du Tibre, ni les tremblements de terre, ni la chute des anciens édifices, rien n'a pu l'ébranler, et tamen obnixa firmitus resistit^.

Debout devant l'embouchure, nous pûmes nous faire

* Boario vero in Foro Gnecum Grœcamque defossos, aut aliarum gentium, cum quibus res esset, et nostra aetas vidil ciijus sacri precationem, etc. Plin., lib, XXVII, c ii.

*A/.,lib.XXX\\,c.iL\.

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