‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 142 sur 155 · SAINT-ANGE IN PESCHERIA · texte numérisé non relu

SAINT-ANGE IN PESCHERIA

parition de saint Michel sur le mont Gargan, dans le royaume de Naples. Le pape Boniface II la consacra au glorieux archange le 29 septembre de Tan 439. Sous le maltre-autel reposent les reliques des illustres martyrs de Tibur, sainte Symphorose et ses sept fils. I/ancienne inscription qui indique les restes vénérables des héros chrétiens conservés à Saint-Ange présente une particularité fort remarquable. Elle commence ainsi : Nomma sanctorum quorum bénéficia hic requiescunt. « Noms des saints dont les bienfaits reposent ici. »

Le mot bienfait, employé au lieu de corps pour désigner les reliques des saints, voilà certes une des figures les plus hardies de la rhétorique de la foi. Pour l'inventer, lui donner cours et la faire graver sur un grand nombre de pierres monumentales *, on conviendra sans peine qu'il a fallu l'expérience la plus douce et la plus constante. Or, j'aime à penser que le voyageur sera heureux de connaître les bienfaits qui reposent à Saint- Ange in Pescheria, En voici la liste; je transcris la vénérable inscription : « des SS. Pierre, Paul, André, Jacques, Jean, Thomas, Jacques, Philippe, Barthélémy, Simon, Thaddée, Jean-Baptiste, Sylvestre, Etienne, Lin, Laurent, Césaire, Nicandre, Celse, Euplius, Pierre, Marcellin, Valenlin, Donat, Nicolas, Pancrace, Anastase, Judas, Théodore, Georges, Christophe, Alexandre, Érasme, Télius, Abacire, Jean, Domésius, Procope, Pantaléon, Nicaise, Gosme, Damien, Antoine, Léonce, Euprépius, Antipe, Anne, Elisabeth, Euphémie, Sophie, Thècle, Pétronille, Théodote, Théopiste, Auréa, Athanasie, Theucriste, Eudoxie. »

J'ai voulu citer en entier ce glorieux catalogue, oîi

'Mazzol., lih. \ll, p. 228.

sonl réunis tous les états et toutes les conditions, afin de présenter, une fois pour toutes, une remarque dont le sujet se trouve dans chaque église principale de Rome- Offrir des modèles et des bienfaiteurs à toutes les positions de la vie ; se montrer vraiment catholique par la sainteté comme par la foi, en un mot faire de chacuD de ses temples une miniature du ciel, telle est, à n'en pas douter, la pensée intime qui a dirigé l'Église romaine, lorsqu'elle a peuplé de saints et de martyrs, de toutes les hiérarchies, de tout âge, de tout sexe et de toute condition, ses nombreux sanctuaires. Connaissezvous un dessein plus noble, une intention plus maternelle?

Saint-Ange in Pescheria, dont les habitants s'illustrèrent par de glorieuses victoires, touche à un lieu célèbre par des combats d'un autre genre : ici commeuçait le cirque Flaminien. Ce nouveau théâtre des joies bruyantes et cruelles de l'ancienne Rome couvrait l'espace occupé maintenant par la place Margana, le palais Mattei et la rue des Boutiques obscures; l'église Saiwle- Catherine des Cordiers en marque h peu près le centre. Bâti par Flaminius, qui périt à la bataille de Trasimène, il devint fameux par les jeux qu'on y donnait en l'honneur des dieux infernaux *.

Tous les abords inspiraient la frayeur. La plupart des démons adorés des Romains sous des noms divers, Jupiter Stator, Neptune, Vulcain, Junon, Diane, Castor, Mars, Hercule, présidaient aux combats, et leurs temples formai<^nt comme une enceinte continue autour du cirque 2. L'extrémité, qui répond au couvent Specchi

* Festus, Ludi taurii.

« Victor, inReg., IX.— Tit.-Liv., Decad. III, lib. XVÏII; /d., Decad. lY, lib. X.— Nyi^,,\>^.^ -» ^.nw— Mmirob-v Satum., lib. 111, c. in.

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