PASSAGE DE LA TR^BIE
Un peu plus loin, aux limites sanglantes de tous ces champs de bataille, nous lûmes une inscription d'un genre biai différent. Sur le portail d'une gracieuse maisonnette, fhdchement badigeonnée, on voyait une madone, au pied de laquelle étaient agenouillés deux pèlerins. Au bas de cette jolie fresque étaient écrites les paroles suiyantes, qui semblaient s'adresser à nous :
Figli d'Eva che per le vie andate Di saltUar ilaria non vi scordate ^.
L'Italie est, par excellence, le pays de la dévotion envers la sainte Vierge. Sa douce image apparaît partout aux yeux du voyageur, et le pauvre pèlerin de la vie est sans cesse averti qu'en traversant la vallée des larmes, il a dans le ciel une Mère qui veille sur ses pas.
Nous entrâmes à Plaisance vers les dix heures du matin. Murailles, maisons, palais, églises, tout est en briques ; les rues sont larges, longues et peu fréquen* tées : c'est assez dire combien l'aspect général de cette grande ville est triste et sévère. Veuve de sa gloire et de sa nombreuse population. Plaisance ne s'est jamais relevée de l'affreux pillage que lui fit subir, en .1448, le terrible François Sforce. Les églises, surchargées d'ornements, n'offrent rien de remarquable, à l'exception de la cathédrale, belle construction du xii'' siècle. La porte d'entrée est précédée d'un péristyle engagé dans la mu-*
rempereur-césar François I*', archiduchesse d*Âatriche, duchesse de Parme, Plaisance, Guastaila, à laTrébie qu'Annlbal Tan de Rome 535, Lichteinstein Tan de J. G. 1746, Sowarow et Mêlas Tan de J. G. 1799, illustrèrent par leurs victoires ; cette princesse bienfaisante a ajouté une gloire plus heureuse par la construction d'un pont, l'an 1820. »
^ « Fils d*Ève qui vous en allez par les chemins, n'oubliez pas de sahier Marie. »
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faille et porté ai ayant sur deux cokmnes, lesqndles Tiennait eUe-mènies reposer sur le dos de deox lions couchés et portés sur des {Hédestanx. Noos trouyâmes le même pâristyle à Bwgo San Domno, à Panne, à AncAne el dans un grand nombre d'antres TiDes.
Lnsa^ de placer ainsi des lions se rattadie, à œ qu'il parait, k celui qui existait de rendre la justice, fi de £ùre certains actes publics devant le pcvtail des églises, qui devoiaitaiBsiuneeqpèce de tribunal. Delà la formule inier ïeanes, que portent certains actes.
La ooupde est ornée de fresques très-estimées, du Guerdiin et de Unis Garrache ^ A 1 extérieur du docher, on Toit la funaise cage de fer dans laqudle, ditHm, furent enfermées, pour les Tlaisser mourir, qudques-unes des plus illustres viclimes des nombreuses résolutions italiennes. Plaisamce rappelle au voyageur dirAien le souvenir de deux condles mémorables. Le premier, tenu par le pape Urbain n en 10%. CKsa le mariage que PfaibH^ I**. roi de Rance. avait contracté avec Bertrade. sqprès avoir répudié Betlhe, fQle du comte de Hollande; le second, tenu par InnooeHl U, en 1132, condamna Fantipo^ Anadeu
La stérilité de nos pKmitres excursions fat condensée par une visite que jeconsdlle à tous les vovageurs; c^est rinspecdon détaillée de FM^lal général. Gonne à GèK5.nonsTinMnime$k$ Filles de Saint-Tinceni de VmL Affàîts^ par Marîe-Lonise^ elks n étaient ft que èqpmskmoîsde juillet. Xénnioins tout av»i cfeai^ de tef dans ce bd éiablisssaneni. ou n^gnaît, avant kur anivér, un pîDage ofieux et un inlidUe gidûs. Avec les liviines so^urs^ tous les abus ont cessé. Aussi
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radminisiratioa lew laisse-t-elle pleine liberté d'agir et de régler tous les détails comme bon leur semble. Je me rappelai avoir vu la même chose à Lucerne et à Neufchâtel. Quel humiliant contraste pour les hommes qui gouvernent la France! Tracassière, minutieuse, défiante, notre bureaucratie tient les sœurs dans un odieux état de suspicion et de gêne, tandis que ritalie et la Suisse, même protestante, heureuses de se décharger sur nos hospitalières du soin des pauvres et des malades, leur accordent une confiance illimitée. Le simple bon sens leur dit assez que les Filles de Saint-Vincent, devenues mères par la charité, ne dissiperont point le patrin[M)ine de leurs enfants adoptifs.
La supérieure, qui parut charmée de voir des compatriotes, nous conduisit partout. Elle nous dit avec un accent de bonheur : « Ici le tour n'est point supprimé. Nos petites filles sont envoyées à la campagne jusqu'à l'âge de douze ans. Si elles reviennent à l'hôpital, elles sont libres d'y rester toute leur vie, à moins qu'elles n'aiment mieux se marier ou entrer en service. Dans ce dernier cas, le maître s'oblige, par un acte public, à s'en charger le reste de leur vie, ou à ne les placer que dans les maisons qui offrent toutes les garanties désirables. » Il faut convenir qu'un semblable système atteint merveilleusement le but de la charité. Il assure tout à la fois la vie physique, l'éducation chrétienne et le sort de l'orpheline jusqu'à la fin de ses jours.
En France, la charité, sous ce rapport, est incomplète. Abandonnée une première fois à sa naissance, la jeune fille l'est de nouveau au sortir de l'hospice ; l'adoption sociale cesse en ce moment. Entrée dans le monde sans protection, elle y reste avec danger, et trop souvent d'aiBigeants désordres vi^ment rendre inutiles les soins
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coûteux prodigués à son en£mce. Qae notre philanthropie ne se Tante donc pas trop : il y pins d'une lacune dans ses théories, et tout ce qu'elle £dt de bien, la diarité l'a fidt ayant elle et mieux qu'elle.
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Borgo San Donino. — Casa di Layoro. — Pont du Taro. — Dames da Sacré-Gœnr. — Étades cléricales. — Yae dePuurme.
A sept heures du matin, par un temps froid et lurumeux, nous praiions la route de Parme en compagnie de quatre Italiens. Après avoir traversé de vastes plaines, dont aucun accident de terrain ne coupe la monotonie, on arrive promptement à Borgo San Donino. Cette petite ville, élégamment bâtie, forme avec sa banlieue le quatrième évêché des États de Parme. La vue de son bel hôpital fit tomber le discours sur les institutions de charité. On nous apprit qu'il y avait à Parme, comme à Gênes, un ouvroir public, oh les pauvres valides allaient travailler à volonté. Faire gagner la vie à l'homme qui le peut, secourir à domicile celui qui en est incapable, c'est rendre le difficile problème de concilier la loi du travail et de la charité. L'ouvroir italien n'a pas le caractère odieux de nos dépôts; il ne prive pas le pauvre du seul bien qui lui reste, la liberté; et, néanmoins, il atteint le but que nous cherchons : l'extinction de la mendicité. Nous aurons lieu de revenir sur cette institution.
A quelque distance de Parme, on passe le Taro sur un pont qui n'a de remarquable que sa longueur : elle est de cinq cents mètres. Arrivé dans la capitale de notre ancienne impératrice, le voyageur français apprend avec