PORT DU TARO. — DAMES DU SACRÉ-COEUR
bonheur qu'il compte ici de nobles compatriotes, et une de nos premières visites fut pour les Daines du Sacré- Coeur, bistitutrices de la classe pauvre et de la classe âevée, elles donnent à Tune et à l'autre une éducation éminemment chrétienne; de plus, leurs pensionnaires reçoivent une instruction toute française. Pour leur apprendre notre langue, la seule qu'elles étudient avec l'italien, les classes se font en français. Ainsi, grâce à Marie-Louise, notre nom est béni à Parme et à Plaisance, 011 notre influence se fait sentir à tous les âges et à toutes les conditions.
Si la France voulait se souvenir de sa mission providentielle, et, cordialement soumise à l'Église, dont elle est la fille ahiée, mettre ses soins et sa gloire à propager les idées de sa mère, l'empire des peuples lui appartiendrait et ne lui serait pas contesté. Voyez ce que font dans l'intérêt de notre nom les Dames du Sacré-Cœur en Italie, nos Sosurs de Saint-Vincent dans le même pays, ainsi qu'en Orient et en Afrique. Que serait-ce si leur action salutaire était secondée par ceux qui sont chargés de veiller aux destinées du royaume très-chrétien? Que serait-ce surtout si, à côté des enseignements vivifiants et des soins maternels de nos religieuses, les peuples étrangers ne voyaient pas sortir de France d'autres doctrines, que l'instinct de la conservation les oblige à repousser de toute leur énergie? Honte étemelle à ceux qui ont Mi mettre la pensée française au ban des nations, et enrôlé dans la propagande de l'impiété le peuple missionnaire de la charité et de la foi !
La supérieure du Sacré-Cœur eut l'obligeance de nous fedre visiter sa maison, et de nous mettre en rapport avec l'aumônier, jeune prêtre qui me parut joindre aux manières les plus polies un sens droit et un esprit
9ï LES nms uun.
caitivé. n mjqHMit que 1 organisatk» des éludes ecdésustiqaes est à Parme ce qu'elle est à Gènes et dans presqne tonte Tltalie. Le grand et le petit séminaire ne forment qn*un étabUssement a les conditions rigonn»sement exigées pour les ordres sont Texamen ^ la retraite de dix jonrs.
L'henre avancée nous permit à peine de jeter nn rapide conp d*œil sur l'ensemUe de la Tille. Sitnée dans une vaste jriaine, Parme est beaucoup plus animée, et comme nous disons, je ne sais pourquoi, beaucoup plus vivante que Plaisance : nous la verrons demain.
Cathédrale de Panne. — Baptistère. — Hasée. ~ Galerie. ^ Btbliothèq[ae. — intérieur delà TiUe. — Église Stmt-Qantin.
La température, qui, la veille, était assez firoide pour entretenir une légère couche de neige sur les {daines du Parmesan, s'était radoucie. Plus de firimas sur les arbres, plus de brouillards dans Tatmosphère; mais un brillant soleil à Thorizon, un air tiède et presque chaud, enfin une belle journée dltalie que nous commaaçàmes par la visite du Duomo ou cathédrale. C'est un vaste édifice de style gothique, dont les détails ne manquent ni de finesse, ni d'élégance, mais dont Fensemble est un peu lourd. La coupole est surtout ranaïquaUe par son élévation et par les fresques dont elle est ornée. Ces peintures passent pour le meilleur ouvrage du Gorrége S et représentent V Assomption de la Sainte Vierge au milieu des anges. On adndre surtout la hardiesse des roe-
«MéàGom^o, en 1494.
CATH^DilALE DE PARME. 93
coureis. En ^trant dans l'église, on voit à droite, an fond d'une chapelle latérale, le monument, d'assez mince apparence, consacré à la mémoire de Pétrarque : on sait que le célèbre poëte fut longtemps archidiacre de Parme. Je ne m'arrêterai point à décrire ni à juger les nombreux tableaux qui garnissent le sombre Duomo, ainsi que la brillante église des Bénédictins.
Cette profusion de tableaux, de statues et de dorures répandus dans toutes les églises d'Italie, donne lieu à une observation qui ne doit point échapper au voyageur attentif. Plus qu'aucun autre, le peuple italien semble avoir besoin des arts pour s'élever à la méditation des choses spirituelles. Otez-lui sa musique, sa peinture, sa sculpture, ses fêtes religieuses, le luxe de ses temples, et ce peuple tombera promptement dans le sensualisme. La vivacité de son sang, la mobilité de son caractère, la chaleur de son tempérament, l'ardeur de son imagination, la douceur un peu molle et les grâces efféminées de la langue qu'il parle, les charmes et la richesse du pays qu'il habite, la beauté du ciel sous lequel il respire, ne laissent, sur ce point, aucun doute à l'observateur réfléchi.
Qu'au milieu des peuples du Nord, la religion revête des formes plus sévères, je le conçois : mais je conçois aussi qu'en Italie, et chez toutes les nations méridiona* les, elle doit s'environner d'harmonie, se parer de grâces et se parfumer d'encens : elle le fait. Et voilà un nouveau rapport sous lequel elle se montre vraiment catholique. Admirable instinct que nulle secte étrangère ne posséda jamais ! A la seule véritable Église de pouvoir, sans compromettre ni son existence, ni sa dignité, ni son autorité sainte, se mettre en harmonie avec le caractère, les mœurs et les besoins des habitants de tous les
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elimats; en m mol, de se Eure toate à tons, pour les gagner tons au spiritualisme, à Dieu, à la vertu, an del.
La visite des églises de Parme conduit à une autre observation dont le sujet se reproduit partout en Italie. Sous la table de Tautel, supportée par quatre colonnes, repose la châsse qui contient les reliques des martyrs. On est vivement touché de cet usage invariable qui rappelle le souvenir triste et glorieux des Catacombes et perpétue en faveur des dernières générations catholiques un grand mystère et un sublime enseignement.
De la cathédrale nous passâmes au Baptistère, qui n*en est séparé que par la largeur d'une rue. Cet autre monument de notre vénérable antiquité est un édifice romain, de forme octogone, dcmt toutes les parties, convergeant au même centre, vous donnent une coupole d'une élévation merveilleuse, n est tout en marbre vérenais et date de 1196. Autour de la vaste coupole régnent des galeries, d'où les nombreux assistants pouvaient jouir des magnifiques cérémonies du baptême solennel. Tout le pourtour est orné de peintures antiques; les plus saillantes sont : Saint Octave tombant de cheval et le Baptême de Constantin.
Le milieu du Baptistère est occupé par la grande cuve dans laquelle on descendait les catéchumènes; elle est octogone et d'un seul morceau de marbre rougé. Au centre du vaste bassin, s'ouvre l'espace quadrangulaire cil se plaçaient Tévéque et ses asSiistants pour accomplir la double cérémonie de l'immersion et de l'onction. Que de souvenirs, que d'impressions à la vue de toutes ces choses tant de fois vénérables I La pensée se reportant à ces nuits brillantes et solennelles oii le Baptistère était illuminé par des milliers de flambeaux, on voit aux galeries ce ''\ chrétiens qui assistaient à la renais-