UNIVERSITÉ
qu'elles étaient dans le même état il y a plusieurs siècles : le Dante ne laisse là-dessus aucun doute ^ Est-ce à l'affaissement du terrain, est-ce à la vanité rivale des anciens nobles bolonais qu'il faut attribuer rinclinaison extraordinaire de ces deux monuments? Malgré les magasins d'encre et de papier qu'elle a fait user, la question est encore indécise. Je la trouve bien ainsi : continuons.
L'Université de Bologne, la plus ancienne de l'Italie et une des plus célèbres du monde, attira bientôt notre curiosité. Fondée en 428 par l'empereur Théodose, elle mérita d'avoir pour protecteur Gharlemagne lui-même, qui lui donna un nouveau lustre. Il serait long de nonuner tous les grands hommes qu'elle a produits. Les parois et les voûtes des inunenses cloîtres sont ornées d'une multitude d'écussons, qui rappellent les savants de tout genre et les nobles personnages, élèves et maitresr de cette glorieuse Université. Leurs noms, montrés avec orgueil aux étrangers, est un encouragement perpétuel pour les jeunes générations, appelées aux labeurs de semblables témoins.
Dans les temps modernes, l'Université compte parmi ses membres Benoit XIV, Galvani, le cardinal Mezyofanti, qui sufiQsent pour rendre sa gloire inunortelle. La bibliothèque possède quatre-vingt mille volumes et quatre mille manuscrits, dont quelques-uns du vi* et même du V* siècle. Entre ces derniers, nous parcourûmes avec attendrissement les Images de Philostrate : cet ouvrage rappelle de touchantes infortunes; il est de
* Quai pare a riguardar la Garizenda Sotto'l cbinalo, quand'un nuvol vada Sovr'essa si, ch'ella in contrario penda ; Tal parve Ânteo.
Enfer^ xxxi.
408 LES mNS M».
la main de iMSchd Apostobos, on des Grecs fiigiiife de Constantinople au quinzième siède, et pente cette inscription : Le roi des pauvres êe €ê monde a éerUee livre pour vivre. On ne pent £ûie un pas ai Italie sans rencontrer quelques grandes dérisiotts de la fortune.
Madone de 5m Xvm. — S« fîHe. — Campo Santo.
Si, du haut de la Gariienda, tous tournez vos regards vers rooddent, vous qieroevez une verte colline, située à une liaiede Bdogne. Sur la dme âancée de ce mont sditaire s'âève une riche é^ise, dont le svdte dodier etla brillante coupole a^ipeDent au loin Pattention du TOjageur : c'est Notre-Dame de la Garde, on la madone de San Luca, là, on vénère une image merveilleuse de la Sainte Vierge, peinte par saint Luc. Suivant une ancienne tradition S ce portrait aurait été
* Au diredu P. Lansy, dans son flisloire de la PeiNliire, ceux qui ont e3»miné les tableaux atuibaés à saint Luc conviennent qu*ik ne peoTent réeUeinent M appartenir, au moins dans l'étal où ik sont. D faudrait supposer une série de retouches qui auraient fini par foire des tableaux tout à £iit différents de ) œuvre primitive. Aucun, tel qu il est, ne dépasse répoque de h peinture dite byxantîne. Sdon Mazzolan, il fout ceriùnemeat excepter la madone de Saînte-Marie- Majeure, à Rome. Cependant fo tradition qui attribue des tableaux au saint éran^iste est tellement répandue en Orient et en Occident, qu^il en a réellanent exista. Plusieurs de ceux qu'on donne pour tels sont peut-être même les premiers bois sur lesquels s'exerça le pinceau du compagnon de saint Paul, liais Rome eUe-mème est loin de Taffirnier. En indiquant les jours ou l'on découvre les vieilles, le Diono romamo se contente de dire : Dipinte^ corne dicet, da san Luco. Cest aa