VISITE A SAINT-PIERRE
queur de Maxence, le premier empereur chrétien, Constantin le Grand. Après lui, c'est Théodose, qui, en 393, partant pour la guerre contre Eugène, vient revêtu du sac et du cilice demander la victoire par l'intercession du vicaire de Jésus-Christ. En 449, c'est Valentinien avec son épouse Eudoxie et sa mère Galla Placidia. En 848, c'est le vainqueur des Barbares, le soutien de l'Empire ébranlé, BéKsaire, qui feit hommage de ses lauriers à Pierre, cet autre vainqueur de la barbarie. Sur ses pas s'avance un roi au regard terrible, à la nature gigantesque : c'est le ferouche Totila, le ravageur du monde, le fléau de Rome. Loup cruel partout ailleurs, il n'est plus, sur le tombeau de l'apôtre, qu'un agneau timide. QueUe est cette autre tête couronnée qui domine la foule ? c'est Cedwella, roi des Saxons occidentaux, qui, en 689, a quitté son royaume pour venir, humble catéchumène, recevoir le baptême dans l'église des Apôtres.
n est suivi de près par un pèlerin non moins illustre : c'est Concred, roi des Mercîens. Il se trouve tellement heureux près de la tombe du vicaire de Jésus-Christ, qu'il dépouille la pourpre royale et se feit religieux dans un monastère voisin de Saint-Pierre, afin d'obtenir la grâce de vivre, de mourir et de reposer auprès des Apôtres. Sur tous les chemins qui conduisent au glorieux tombeau se pressent une foule d'autres chefs de nations civilisées ou barbares; Luitprand, roi des Lombards; Ina, roi d'Angleterre; Carloman, roi de France; Richard, roi d'Angleterre ; la pieuse Bertrade, femme de Pépin et mère de Charlemagne; Offa, roi des Saxons orientaux, qui fit son royaume vassal de Saint-Pierre; le roi des Lazzi, peuple des Colchide, accompagné de l'élite de sa nation; les empereurs Othon P', Othon II, Othon ni; saint Henri, roi de Germanie ;l'Uûç4e^\xv^
Agnès, femme de Henri III; Machestad, roi d'Ecosse; Christiern, roi des Daces et des Goths; l'empereur Jean Paléologue, et une multitude d'autres rois et d'autres reines qui brillent, dans l'histoire, de la double auréole du génie et de la vertu.
Quel est donc l'attrait puissant qui conduisit tous ces monarques à la tombe du vicaire de Jésus-Christ ? Quelle est la signification mystérieuse de ce fait séculaire? Pour réponse, apparaît dans toute sa splendeur la glorieuse révolution qui brisa l'empire de la force brutale et inaugura la suprématie de l'intelligence sur la double croix du Calvaire et du Vatican. Avec l'Évangile revient la vraie notion du pouvoir : la royauté est une charge. Et voilà que, pour le bonheur des peuples, une main divine conduisait tous ces monarques sur la tombe de Pierre, afin d'y puiser et la connaissance de leurs devoirs, et le dévouement, et l'esprit de sacrifice, et les sentiments paternels qui doivent remplir le cœur des rois, enfants du Christianisme. Utile pèlerinage ! oîi les puissants et les forts juraient, sur les ossements sacrés du vicaire de Jésus-Christ, de ne jamais régner suivant leurs caprices, mais selon l'équité.
Alors on comprend la signification profonde de tous ces couronnements de rois et d'empereurs accomplis dans Saint-Pierre de Rome, aux acclamations de l'Europe régénérée. Alors se dessine, rayonnante de lumière, la plus grande figure des temps modernes, Charlemagne, restaurateur de l'empire romain et type de la royauté chrétienne. Quatre fois il vint à ce tombeau sur lequel nous allions nous prosterner. La dernière fois , l'an 800, le jour de Noël, le fils de Pepm, agenouillé sur les dalles de la vénérable Basilique, recevait la couronne impériale des mains du pape saint Léon III ; et tout le peuple