‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 65 sur 155 · SAINTE-CAOIX EN JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

SAINTE-CAOIX EN JÉRUSALEM

ce pas là un contraste touchant, ou, si vous aimez mieux, une magnifique hannonie? Venons à Thistoire de Tauguste monument.

Constantin, ayant vu en songe la croix du Sauveur, avait fait faire le Labarum, merveilleux étendard portant le monogramme du Christ, avec ces mots révélés pour devise : In hoc signo vinces. « Par ce signe tu vaincras. » L'événement avait justifié la prédiction. Vainqueur de Maxence et maître de Rome, le nouvel Auguste voulut rendre à la croix les honneurs qui lui étaient dus. Sainte Hélène, sa mère, partit pour Jérusalem, découvrit la vraie croix et revint à Rome, apportant une partie considérable de ce riche trésor, ainsi que plusieurs autres reliques insignes, dont nous donnerons bientôt le détail.

Afin de recevoir ce précieux dépôt, une église fut construite aux frais de l'empereur et consacrée par le pape saint Sylvestre : cette église est l'auguste Basilique de Sainte-Croix en Jérusalem. Dans l'histoire on l'appelle tour à tour Basilique Sessorienne, à cause du palais Sessorien, auquel elle a succédé; Basilique Hélénienne, en mémoire de la mère de Constantin ; ^ifin Sainte-Croix en Jérusalem. De ce dernier nom voici l'origine et le sens : avec la croix, sainte Hélène apporta une grande quantité de la terre du Calvaire, trempée du sang du Rédempteur; elle en remplit, du sol jusqu'à la voûte, l'oratoire particulier oîi furent déposées les saintes reliques. De là est venu à la chapelle et à l'église elle-même le nom de Jérusalem.

Comme il avait enrichi Saint-Jean de Latran, le César chrétien déploya sa magnificence impériale en faveur de la nouvelle Basilique. Entre les riches présents dont il lui fit hommage, il faut distinguer : quatre chandeliers

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d*or et d'argent, suivant le nombre des Ëvangélistes, allumés nuit et jour devant le bois de la croix, pesant chacun 30 livres ; cinquante lampes d*ai^ent, du poids de 50 livres chacune; un chalumeau, de Tor le plus pur, ^pesant 10 livres ; cinq calices ministériels, en or, chacnn 1 livre ; trois chalumeaux d'argent, chacun 8 livres; dix autres aussi d'argent, chacun 3 livres; une patène d'or, 10 livres; une patène d'argent, enrichie d'or et de pierreries, 50 livres ; un autel en or massif, S50 livres. Gomme celles de Saint-Jean de Lâtran, ces prodigieuses richesses ont disparu dans les différents sacs de Rome. L'église elle-même, restaurée par saint Grégoire n et par Lucius II, fut de nouveau réparée au quinzième siècle par le cardinal Pierre de Mendoza, qui en était titulaire.

G'est alors qu'arriva la découverte mémorable que nous allons raconter en nous servant des propres pardes d'un témoin oculaire, c Le premier jour de février ùc l'an 1492 fut pour Rome un jour de miracle. Pendant que le cardinal de Mendoza faisait à ses dépens incruster et blanchir les murs de Sainte-Croix en Jérusalem, les ouvriers touchèrent au sommet de l'arc élevé dans le milieu de l'église et qui monte jusqu'au toit. Arrivés à l'endroit ou sont encore aujourd'hui deux colonnettes, ils rencontrèrent un vidé; l'ayant percé, ils y trouvèrent une petite fenêtre sur laquelle était une caisse en plomb, de deux palmes de longueur, par&itement fermée; elle était recouverte d'une table de marbre quadrangulaire, sur laquelle on lisait ces mots : Hic est titulus ver(Z crucis; « C'est ici le titre de la vraie croix. »

Dans la caisse on trouva effectivement une petite planche d'une palme de longueur, dont un des côtés était endommagé par le temps. Sur cette planche étaient gravds

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