‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 75 sur 155 · ÉGLISE DE SAINTE-PRUËOE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINTE-PRUËOE

Pierre offrit l'auguste sacrifice dans la maison du sénateur. Sous le maître-autel repose, en grande partie, le corps de sainte Pudentienne. Quoi de plus juste que l'héroïne soit honorée sur le théâtre même de son triomphe !

n nous restait à visiter un autre membre de la famille sénatoriale. Passant à gauche de Sainte-Marie Majeure, nous fumes en quelques minutes à Téglise de Sainte- Praxfede. Ce nouveau sanctuaire, dépendance de la maison de Pudens, est bâti sur les thermes de Novat. Asile des chrétiens primitifs, oratoire dès le second siècle, il est devenu, en 822, par les soins du pape Pascal P*", ce qu'il est aujourd'hui, une des plus vénérables églises de Rome. Le premier objet qui excita notre attention fut le grand arc du chœur {tribunà), formant Tabside audessus du maître-autel, entre la nef et le sanctuaire. On y voit une superbe mosaïque représentant le ciel. Le centre est occupé par une ville vers laquelle arrivent, les mains chargées de présents, de nombreux voyageurs. Sous la figure de deux anges, saint Pierre et saint Paul sont deT)Out sur les portes. Au milieu de réternelle cité est le Roi des siècles tenant le globe dans sa main. Les heureux habitants de la sainte Jérusalem environnent leur roi, la tête ceinte du diadème et des palmes à la main. En dehors de la ville apparaît un ange qui indique la route aux pèlerins du ciel.

Du sommet de Tare se détache le monogramme du pape Pascal, restaurateur de l'église; plus bas est une main sortant du ciel et tenant une couronne : c'est Temblème de la Divinité; et comme elle repose sur la tête de Notre-Seigneur, elle indique la plénitude de sa puissance royale et sacerdotale. Notre-Seigneur lui-même apparaît debout, la main droite étendue, dans le moment

solennel où il disait : « Je suis le bon Pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. » Cela devient évident par la présence des brebis qui sont à ses pieds et des saints qui sont à ses côtés. A la droite du Sauveur est saint Paul, vêtu d'une tunique blanche sur le bord de laquelle se voit la lettre P, monogramme de TApôtre.

Après lui est une jeune vierge, sainte Praxède ; elle porte un superbe vêtement d'or, orné de pierreries, et sa main, cachée sous un voile, soutient une couronne ronde, figure des oblations offertes à l'autel par les premiers chrétiens. En troisième lieu vient le pape Pascal, avec le nimbe quadriforme, portant entre ses mains un modèle de réglise de Sainte-Praxède. Gomme ornement, figure un palmier au vert feuillage sur lequel est perché le phénix, oiseau mystérieux, symbole de la résurrection. A gauche du Sauveur paraît saint Pierre, vêtu de blanc, présentant à Notre-Seigneur une autre jeune vierge, sainte Pudentienne, costumée comme sa sœur. Après elle est un personnage vêtu d'une dalmatique blanche et tenant un livre orné de perles. Ce livre représente l'Évangile, et tout porte à croire que le personnage est le saint prêtre Hennon dont le corps repose dans l'église. Nous ne pouvons qu'indiquer rapidement les traits saillants de cette première mosaïque, digne de toute l'attention des archéologues *.

En se détachant de ce curieux monument, nos regards tombèrent sur le maître-autel. C'est un superbe ouvrage, surmonté d'un baldaquin soutenu par quatre grandes colonnes de porphyre. Elles furent données par saint Charles Borromée, cardinal du titre de Sainte-

* ClAMPlNI, t. II, p. 250.

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