‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 78 sur 155 · DJ^TAILS SUR LA MOSAÏQUE · texte numérisé non relu

DJ^TAILS SUR LA MOSAÏQUE

numents, et qui représentait des figures géométriques et des arabesques; la mosaïque moyenne, servant pour la décoration des murailles et pouvant, bien que sous des traits plus ou moins imparfaits, représenter des créatures oi^aniques ; la p^H^e mosaïque, capable de le disputer au pinceau pour la vivacité de la teinte, pour Fharmonie des couleurs et la perfection de la ressemblance. Ces trois genres d'ouvrages, mais surtout les deux premiers^ furent prodigués par les Romains avec un luxe qui accuse, et leurs richesses colossales, et leur incroyable sybaritisme.

Restaurateur de toutes choses, le Christianisme s'empressa de ramener les arts à leur véritable destination : la mosaïque fut employée avec une prédilection visible à décorer les églises. Peinture immortelle, elle était éminemment propre à fixer des faits, des souvenirs, des dogmes qui ne périssent point. Aussi vous la voyez resplendir dans tous les grands sanctuaires de la Ville éternelle. Avec les sciences et les arts, la mosaïque périt dans le grand cataclysme qui suivit l'inondation des Barbares. Ce fut un moine, un bénédictin, un abbé du Mont-Cassin, qui, de Constantinople, en rapporta le secret en Occident. € Cet homme, plein de sagesse, dit Léon d'Ostie, eut grand soi» de faire étudier cet art à ses religieux, de peur qu'il ne vînt à se perdre de nouveau parmi nous^»

Les données précédentes suffisaient pour nous faire admirer avec plus d'intelligence les mosaïques dont nous étions environnés ; toutefois, notre curiosité n'était pas satisfaite. De quoi se compose la mosaïque ? Quel procédé emploie-t-on pour donner à ces tableaux le coloris et la perfection qui en font de véritables chefs-d'œuvre? Voilà

* In chronico monaster. Cassin,^ cap. xxix.

ce que nous tenions à savoir. La visite des ateliers de Rome, et surtout de Saint-Pierre, nous donna la réponse.

Deux choses entrent dans la composition de la mosaïque, les petites pierres, c'est-à-dire, les petits morceaux de marbre, de porphyre ou de verre, lapilli, et la colle, gluten. Le verre est l'élément ordinaire de la petite mosaïque. La matière vitrifiable étant préparée, on y mêle la couleur, puis on la jette dans un creuset qui, pendant huit jours, reste exposé dans le four à on foyer très-ardent. La cuisson finie, on prend cette matière en fusion avec une cuiller en fer et on l'ételid sur une table de marbre creusée de quelques pouces, à laquelle on superpose un autre marbre poli, afin d'obtenir une couche parfaitement égale. Après cette opérstàon, qui a eu lieu pour les verres de toute couleur, on lève la feuille vitrée, qui peut avoir trois ou quatre lignés d'épaisseur. A sa place on met ce que les Italiens appellent le tagliuolo, espèce de scalpel ou de couteau l(mg trèseffilé ; il est placé sur le dos, en sorte que le tranchant divise en petites lames oblongues la feuille de verre qu'on lui présente, et sur laquelle on frappe doucement avec un petit marteau. Telle est la manière d'obtenir les lamelles pour la grande mosaïque.

Quand il s'agit de la mosaïque fine, on n'emploie ni le petit couteau, ni le maillet, mais la scie. D'autrefois on coule en forme de petits tubes les verres que Ton veut employer; on les met ensuite au feu pour les obturer et les arrondir; souvent même on a recours à la roue. Dans ce cas, on taille les pièces de mosaïque comme le diamant et les métaux; ce dernier moyen donne les résultats les plus parfaits. S'agit-il d'obtenir des lames dorées? On ne mêle point l'or à la matière ; mais lorsque celle-ci sort du four en fusion, on la couvre de feuilles

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