‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 79 sur 155 · HISTOIRE DE L*ART · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L*ART

d'or, puis on h remet au feu, et Fadhérence est telle que l'or ne peut plus en être séparé. Telle est la formation du premier élément de la mosaïque.

Reste la préparation de la colle que les Italiens appellent lo stucco^ destinée à lier entre eux tous ces morceaux de verre. Les anciens employaient pour la former la chaux vive avec un mélange de poussière de marbre, d'eau commune et de blancs d'œufs ; mais Texpérience a montré que cette composition était défectueuse. Appliquée en couche sur la forme destinée à recevoir la mosaïque, elle sèche si vite qu'elle ne permet pas à l'ouvrier de placer son verre avec la précision convenable. Les artistes chrétiens en ont trouvé une meilleure : ils prennent une partie de chaux vive, trois parties de poussière de marbre de Tivoli et une d'une autre espèce ; ce mélange est détrempé avec de Thuile de lin et remué, chaque jour, avec une truelle comme le mortier.

Cette opération se renouvelle pendant huit, quinze et même vingt jours, selon la température du lieu et de la saison. Voici les signes auxquels on reconnaît la fusion par&ite de tous les éléments : la pâte se gonfle d'abord et s'élève en forme de pyramide ; pendant ce travail, l'eau restée dans la chaux vive s'évapore et la pâte durcirait, si l'on n'avait soin de l'arroser d'huile. Tant qu'il reste quelques parties aqueuses, une nouvelle fermaitation ne tarde pas à se manifester. On arrose de nouveau, jusqu'à ce que la pâte reste fixe et malléable, de telle sorte qu'en l'étaodant elle ne lève plus, ne se durcit plus, mais prend la consistance d'un onguent visqueux.

Voilà le* éléments de la mosaïque préparés. On les met en œuvre de la manière suivante : une couche de chaux est répandue sur le mur que l'on veut peindre; 01 polit parfeitement cette couche, dans laquelle on pra-

tique^ de distance en distance^ de petits trous, afin que la mosaïque tienne plus fortement. On répand la colle sur toute la surface, et Ton place, suivant le dessin donné, les lames de verre qui doivent former le tableau. Ces lames ou plutôt ces pointes carrées ont deux ou trois pouces de longueur sur quelques lignes de parement ou de face. Huit pouces carrés de mosaïque ordinaire coûtent environ trois francs; la mosaïque fine est beaucoup plus chère, et un tableau de ce genre, bien exécuté, doit être sans prix.

En examinant dans les églises de Rome leurs nombreux chefs-d'œuvre en mosaïque, on remarque sur les vêtements des personnages certains caractères alphabétiques dont l'explication a fort occupé les savants. Inutile labeur; l'énigme reste, à moins de dire, avec Ciampini, « que ces caractères sont la marque personnelle de Tartiste *. »

Plus heureuse a été la science dans ses recherches sur les ornements qui environnent la tête des figures principales. Les traditions et les monuments de l'histoire sacrée et de l'histoire profane lui ont appris que le nimbe quadriforme indique un personnage vivant; que le nimbe circulaire, symbole de la perfection, est l'attribut des personnages morts et le signe distinctif de la sainteté, comme le nimbe radié, c'est-à-dire orné de rayons et d'étoiles, est Tomement exclusif de la Divinité. La connaissance de ces signes donne la clef de certains tableaux mystérieux, dont on parvient à découvrir ainsi le sujet et môme à fixer l'époque *.

^ Monim. veter., t. I, p. 98-105.

• Voyez Ciampini, i6id., 406.

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