‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 81 sur 155 · CITADELLE · texte numérisé non relu

CITADELLE

ment en or, représentant Jugurtha livré à Syllapar Boechus; les sept statues en bronze des anciens rois de Rome, et une foule d'autres *.

A l'extrémité opposée du Capitole s'élevait, sur un roc escarpé, la citadelle de Rome, avec le temple de Junon Maneta, U occupait remplacement de la maison deManlios et renfermait l'atelier des monnaies et les archives oii l'on gardait, sur des livres en toile, les vieilles annales du peuple romain*. La roche Tarpéienne servait de base à la citadelle. C'est un rocher taillé à pic, qui, avant les atterrissements, pouvait avoir cent soixante-dix pieds de hauteur; baigné par le Tibre, il formait un précipice afiDreux, hérissé de tous côtés de pointes qui déchiraient les corps ou les faisaient rebondir au loin. On lavait dioisi pour les exécutions, afin de n'avoir pas besoin de précipiter deux fois les criminels ^. Aujourd'hui la roche Tarpéienne n'a rien de très-menaçant. Des maisons adossées à la montagne masquent en partie ses flancs abrupts; le Tibre ne baigne plus sa base, et sur le sommet nous trouvâmes un jardin que cultivait assez mal une compagnie de poules magnifiques ; mais nous ne vîmes pas même une oie.

Non loin du temple de Junon était la Curia Calabra, espèce de palais oii le grand prêtre convoquait le peuple pour lui indiquer l'époque des Nones. Entre la citadelle et le temple de Jupiter se trouvait Vlntermontium, bosquet de chênes, dont Romulus fit un asile inviolable, afin d'attirer des habitants à sa ville nouvelle ; au centre de

* Foyeis DoNATi, lib. IL c. v; et Rome au siècle d'Auguste, t. I, p. 243, etc.

• TiT. Liv., IV, vu, XIII, XX.

' Senec, Controv.^ I, 3.

aSS LES TROIS ROME.

ce bois s'élevait le petit temple de Vejom ou de Jupiter enfant *.

Derrière Vlntermontium était le Tabularium. C'était un vaste dépôt d'archives, avec des portiques et des arcades d'une grande solidité. On y conservait les tables d'airain sur lesquelles le peuide romain, qui semblait avoir l'instinct de son immortalité, gravait majestueusement ses traités anciens et nouveaux avec les nations étrangères, ainsi que ses propres lois. Ces actes, placés en ce lieu, devenaient plus respectables, censurés qu'ils étaient par la garantie des dieux mêmes •. Vespasieo, parvaiu à l'empire, prit le plusgnmd soin de ces mwa* mentS; et il en fit restaurer plus de trois mifie, endom^ mages par l'incendie du Capitole*.

Deux chemins descendaient du Gapitole dans le Forum; l'un s'appelait le Clkus càpitoUnm, l'autre le Clivus saeer, ou Ascensus ad asilum, montée de l'asile. Au bas du premier, qui partait de la citadelle, m trouvait le temple de Saturne : c'était le trésor général de l'empire; il se divisait en plusieurs trésors particuliers, parmi lesquels figuraient en première ligne le trésor du butin et le trésor gaulois. Dans le premier, le plus ridie de tous, étaient accumulées les dépouilles de tout genre conquises sur le monde entier, et qui avaient fait l'ornement de tant de triomphes ^. Le second nous donnait un noble orgueil. Telle était la frayeur inspirée aux Romains par nos aïeux, que la fière république se tenait toujours sur ses gardes; et, pour n'être pas surprise de nouveau, elle avait établi un trésor spécial, auquel, sous peine des

» OviD., Fast. m, V. 430.

« JosÈPHE, Antiq.judaiCj XIV, xvii.

^ SuET., in Vesp,

* CicEK., in Verr., 1. 21.

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