‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 88 sur 155 · TEMPLE DE VÉNUS ET ROME · texte numérisé non relu

TEMPLE DE VÉNUS ET ROME

la curia Julia, et, pour ainsi dire, sous les yeux du sénat, qui, du secretarium senatm^ semblait l'observer comme pour modérer ses fougues et la contenir dans le devoir *.

Près de la Tribune aux harangues et de la curia Hostilia était le comitium *. Dans ce lieu, environné de portiques, s'assemblaient les curies pour l'adoption des lois et l'élection des prêtres: on y battait aussi de verges les condamnés à mort. C'est dans le comitium que furent flagellés saint Pierre et saint Paul avant d'être conduits au martyre; là étaient les deux colonnes de marbre oii ils furent attachés, et que Ton voit encore aujourd'hui dans l'église de Sainte-Marie Transpontina ^.

A l'extrémité du Forum, sur la voie Sacrée, est l'arc de Titus; j'en parlerai après-demain. En revenant delà, vers le Capitole, par le côté opposé de la place, on rencontre les ruines du temple de Vénus et Rome, les ruines colossales du temple de la Paix, le temple de Faustine, et enfin l'arc, bien conservé, de Septime Sévère, qui touche au Capitole. On voit que le nom de Geta est effacé de l'inscription : triste souvenir du fratricide ! De tant de magnifiques monuments entassés au Forum, témoins et théâtres des grands événements dont l'histoire occupa notre enfance, que reste-il? Des ruines, et encore

* Cic, pro FlaccOy xxiv ; Yarr., lib. LIV, p. 37.

* Curia Hostilia , quod primus aedificavit Hostilius rex. Ante hanc Rosira, cujus in vocabulum ex hostibus capta fixa sunt ro.stra; sub dextera hujus, à Comitio locns substructus, ubi nationum subsistèrent legati, qui ad senatum essent missi : is grœcosiasis appellatur à parte, ut mulla. Cœnaculum supra l^rsecostasim, ubi aedes Goncordiae et basilica Opimia. Yarr., lib. IV, de Ling. latin. — Plin., Epist, II, lib. IV. — Sueton., in Domit,, c. vm.

* Baron., AnnaL^ 1. 1, p. 477, an. 60, n. vu.

des raines. Ce Foram même, ob se débattirent, dorant tant de siècles, les intérêts de l*anivers, a perdu son nom : il s'appelle aujourd'hui Campo Vaccino, et des bœufs gris, aux longues coraes, mugissent là où Gicéron faisait retentir sa voix * !

Cependant, sur les débris de ces édifices fameux, s'élèvent aujourd'hui des temples chrétiens dignes de toute Tattention du voyageur. Le premier que nous visitâmes est dédié à samte Martine. Il occupe l'emplacement du temple de Mars ^ ou du secretarium senatus, dans lequel le sénat jugeait les causes criminelles que l'empereur loi renvoyait.

On y remarque surtout l'église souterraine avec ses voûtes plates et son magnifique autel. Romaine et fille de consul, l'illustre vierge soutint dignement devant les bourreaux et dans l'amphithéâtre le grand combat de h foi. Son corps sacré, tout couvert des glorieux stigmates du martyre, repose dans la crypte, et la châsse brillante qui le renferme est exposée de temps en temps à la vénération des fidèles. Ainsi, depuis des siècles, la vierge chrétienne triomphe au pied du Capitole, dont ses aïeux montèrent un jour les degrés, couverts des lauriers de la victoire. Dans le même souterrain se trouve une des inscriptions antiques les plus curieuses de Rome. Aurait-on jamais cru que l'architecte du Colisée fût un chrétien? Et pourtant Tinscription suivante ne laisse làdessus aucun doute ; seulement il est permis de supposer que Gaudentius était encore païen lorsqu'il dirigeait les travaux du sanglant amphithéâtre.

* Le sol même du Forum a été couvert d'une couche épaisse de débris : Pie IX l'a fait déblayer en partie.

* ClAMPIM, t. II, p. 65.

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