‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombes (volume 2)Chapitre 9 sur 155 · ARLES · texte numérisé non relu

ARLES

née une fête superbe à laquelle vous seriez conlents d'assister *. »

Le château de Tarascon nous montra ses noires murailles, du haut desquelles furent précipités, après le 9 thermidor, un grand nombre de républicains forcenés. Ainsi, à quelques lieues de distance de ces théâtres sanglants de la révolution française, la glacière d'Avignon pour les victimes, le château de Tarascon pour les bourreaux : môme genre de mort ; justice de Dieu !

s et 'y Novembre.

Arles. — Saint-Trophime. — Sainl-Césaire. — Le Théâtre. — L'Amphithéâtre. — Les Conciles. — Saint-Genès. — La Mer. — Notre-Dame de la Garde. — Lazare. — Marseille. — Le Port, -

De bonne heure il fallut gagner le port, vers lequel se précipitait la foule des voyageurs. La cloche du Papin avait sonné, et sa cheminée lançait au loin une large colonne de famée blanche, signe d'un prochain départ. A huit heures nous étions en pleine eau ; le ciel était superbe et le Rhône tranquille, en sorte qu'à dix heures nous abordions à Arles, après avoir franchi une distance de six lieues.

Le philosophe qui, sans sortir de France, voudrait faire un cours complet de méditations sur les révolutions des choses humaines, ne pourrait mieux faire que de fixer son séjour dans l'antique cité artésienne. Les Grecs, les Romains, les Bourguignons, les Goths, les Sarrasins, les Francs, que sais-je ? vingt peuples divers

* Il est digne de remarque qu'un grand nombre des premiers apôtres de TÉvanfi^ile ont eu à combattre des serpents ou des draji^ons en chair et en os.

ont tour à tour remué de leurs mains et détrempé de leur sang ce sol, couvert encore aujourd'hui des monuments de leur puissance. Autrefois, temples, édifices, palais, forum, amphithéâtres, citadelles, ces m(munuments sont devenus ce que deviennent à la longue tous les ouvrages de Thomme : des ruines. Pour cela même, ils n'en sont, ce me semble, que plus éloquents. Ajoutez que le peuple, gardien de ce grand tombeau, est un peuple à part. L'Arlésien diffère de costume, de langage, de mœurs, avec les populations voisines : on dirait qu'il se souvient de sa gloire passée et qu'il veut rester soi.

Cependant, parmi tous ces pouvoirs brisés, il en est un qui survit et qui a su imprimer là, comme ailleurs, un cachet d'immortalité à ses hommes et à ses monuments : c'est le christianisme. Après tant de siècles, Arles conserve un religieux souvenir de Trophime, de Gésaire, de Genès. Le premier était un pauvre disciple d*un faiseur de tentes appelé Paul, qui, de la prison où il était enchaîné dans la grande Rome, bravait la puissance de Néron, ébranlait sur leurs autels les dieux du Capitole, et envoyait ses disciples à la conquête du monde. Arles échut à Trophime; et le jeune apôtre, secondant merveilleusement les desseins de son maître, réussit à courber sous l'empire de la croix une partie de la Gaule méridionale *.

Le glorieux disciple de saint Paul commence la longue chaîne des pontifes arlésiens, dont un des plus brillants anneaux fut l'illustre Gésaire. Admirateur de saint Augustin, et comme lui le fléau du pélagianisme, il devint

* Mauachi, Origin, et AnHquit, chratian.^ t. Il, lib. ii, p. 266.

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