‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 120 sur 215 · FÊTE DÉ LA CHANDELEUR · texte numérisé non relu

FÊTE DÉ LA CHANDELEUR

ils vont apprendre un métier dans les ateliers de la ville. Un pieux laïque procure le placement de ces élèves, et tout le jour il est en course pour s'assurer de leurs progrès et de leur conduite. Cette méthode permet à l'établissement de marcher avec peu de ressources et donne aux jeunes gens la facilité de choisir Tétat qui leur plaît, d'après leurs forces et leurs dispositions, si bien qu'entre cent vingt élèves vous voyez trente métiers différents. A vingt ans, on les congédie, parce qu'ils sont alors en état de se tirer d'affaire; et la conduite honorable qu'ils tiennent tous dans le monde prouve combien de semblables institutions influent sur la morale publique *.

g Février.

Fête de la Chandeleur. — Cierge bénit. — Charité romaine pour l'orpheline. — Sainte-Catherine des Cordiers. — Les Quatre- Saints-Couronnés. — Les mendiantes. — Le Zoccoletto. — Conservatoire de la Vierge des Douleurs. — Conservatoires Borromée, de Sainte-Euphémie, de la Divine-Providence.

Dès l'aurore on entendait par intervalles le canon du château Saint-Ange; sur tous les édifices publics, comme sur les nombreux palais particuliers, flottait le drapeau pontifical; de brillants équipages sillonnaient les rues, les troupes sortaient en grand uniforme, et bientôt le beau soleil de Rome éclaira de tous ses feux ce mouvant tableau. C'était aujourd'hui la Chandeleur, époque anniversaire de l'élévation de Grégoire XVI au souverain pontificat. Il y eut grande réception au Vatican et distribution d'aumônes à tous les pauvres; la religion elle-

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môme vint consacrer par ses pompes augustes ce jour si cher à tous les catholiques; nos cœurs battaient à l'unisson avec ceux des Romains, et nous partîmes pour Saint-Pierre.

Notre plaisir était doublé par la pensée de recevoir un cierge bénit de la main même du Saint-Père. Grâce à nos billets, il nous fut permis de prendre place dans les tribunes réservées, où se pressait un grand nombre de riches uniformes de toute nation. En face de nous étaient dom Miguel avec la reine douairière de Sardaigne, et, un peu plus loin, le prince royal de Prusse; car à Home les protestants sont avides de nos cérémonies. Plusieurs vinrent avec nous baiser la croix qui brille sur la mule du Pape, l'antechrist selon eux, et selon nous le vénérable vicaire de Jésus-Christ, recevoir le cierge de sa main et fléchir le genou devant sa personne sacrée. Combien d'actes d'idolâtrie!

Il faut que nos frères séparés tiennent bien peu à l'enseignement de leurs ministres, pour se permettre ces démonstrations étranges dans de pareilles solennités. Pour nous, c'est avec un sentiment profond de reconnaissance et de joie que nous reçûmes le cierge pontifical. Précieux souvenir de Rome et du Pape, nous te conservons avec soin. Puisses-tu sur notre lit de mort briller entre nos mains défaillantes, comme le symbole fidèle d'une vie éclairée par la foi et couronnée par la charité I

En sortant de Saint-Pierre, nous reprîmes notre visite de Rome charitable. Déjà nous connaissions les soins maternels dont la cité des pontifes environne l'orphelin. Au-dessous de l'orphelin il est un être plus faible encore, plus nul en quelque sorte , et par cela même plus digne des soins maternels de la charité : c'est l'orpheline. Qui

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