‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 126 sur 215 · CHARITÉ ROMAINE POUR LES MALADES · texte numérisé non relu

CHARITÉ ROMAINE POUR LES MALADES

continueront de se prêter un mutuel appui : Tune priera sur la montagne pendant que l'autre combattra dans la plaine, jusqu'au jour solennel où, réunies de nouveau devant le Dieu de l'éternité, elles recevront la même couronne obtenue dans des combats différents.

4 Février.

Charité romaioe pour les malades. — Hôpital de Saint-Sauveur, — - de Saint- Jacques, — de Saint-Gallican.

Les jours précédents nous avions suivi la charité romaine au seuil de la vie. Ce qu'elle fait pour sauver de la mort l'enfant nouveau -né, ou protéger l'orphelin contre la cruelle misère, et l'orpheline contre la misère et la séduction, nous est connu. Reprenant aujourd'hui notre itinéraire, nous arrivâmes bientôt à une nouvelle station. A- peine l'homme est-il entré dans son pèlerinage, que la douleur physique, la maladie sous toutes les formes, l'attend et le saisit, comme le cruel vautour saisit sa proie pour la déchirer et la faire expirer toute vive. Afin de le soustraire à ses funestes atteintes en lui rendant la santé, Rome lui a préparé dix-neuf hôpitaux oii l'attendent des secours de tout genre. Deux sont destinés spécialement aux maladies médicales : le Saint-Esprit pour les hommes, Saint-Sauveur pour les femmes. Ici encore se manifeste le caractère vraiment catholique de la charité romaine.

Vous êtes tout à coup saisi par la fièvre si commune en Italie vers la fin de l'été; vous êtes étranger, vous êtes pauvre, n'importe, présentez-vous à l'hôpital du Saint-Esprit. Qui que vous soyez, quels que soient votre âge, votre patrie, votre Condition, votre religion, la porte s'ouvrira sur-le-champ devant vous. On ne vous

demandera ni passe-port, ni certificat, ni profession de foi, ni recommandation aucune; vous êtes malade, ce titre vous tient lieu de tout : la charité vous reçoit les yeux fermés et les bras ouverts. Il y a mieux : si seulement vous vous croyez malade, sans en avoir la certitude, frappez encore; vous serez accueilli avec empressement. Dans la crainte de vous communiquer la maladie que vous n'avez peut-être pas, on vous placera dans une salle particulière d'observation. Le médecin vous visitera, des soins assidus vous seront prodigués, jusqu'à ce que, le doute se changeant en certitude, vous deviez entrer définitivement à l'hospice ou que vous puissiez retourner avec confiance à vos affaires.

Comme nous avions déjà visité l'hôpital du Saint- Esprit, nous nous rendîmes directement à Saint-Sauveur. Traversant pour la vingtième fois, et leCapitole, et le Forum, et le Colisée, nous arrivâmes à l'hôpital, situé non loin de ces lieux si tristement célèbres par les cruautés de l'ancienne Rome. Il est, comme nous l'avons dit, exclusivement destiné aux femmes. On les y admet, selon la généreuse coutume de la charité romaine, sans distinction d'âge, de condition, de patrie et de religion, dès qu'elles sont atteintes de maladies médicales, aiguës ou chroniques.

L'établissement compte quatre grandes salles, qui peuvent recevoir ensemble cinq cent soixante-dix-huit malades. Une exquise propreté fait l'ornement de ce vaste hôpital. J'avoue que nous fûmes charmés de retrouver ici cette qualité suréminente et si utile de nos hôpitaux français. Parmi les moyens employés pour l'obtenir, on remarque les petits trous faits sous les lits, dans la partie inférieure des murs. Ce moyen, inusité, je crois, ailleurs , est très-utile pour la salubrité et le

Page 1