‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 127 sur 215 · HÔPITAL DE SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

HÔPITAL DE SAINT-SAUVEUR

renouvellement de l'air, ainsi que les conduits murés dans le pavé des salles pour en éloigner toute cause d'humidité.

Dans la grande salle, comme à Gênes, et en général dans les hôpitaux d'Italie, de nombreuses inscriptions rappellent les noms des bienfaiteurs. Au premier rang, il faut compter la pieuse princesse Thérèse Doria Pamphili. L'hôpital de Saint-Sauveur lui doit son plus bel ornement : les Sœurs hospitalières. Formées sur le modèle de nos Filles dé Saint-Vincent de Paul, elles se dévouent au soin des malades et font les quatre vœux simples de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et d'hospitalité : Notre Saint-Père le pape Grégoire XVI a confirmé leur institut. Outre les soins maternels des religieuses, les malades de Saint-Sauveur reçoivent, comme ceux du Saint-Esprit et des autres hôpitaux de Rome, les services charitables des associations pieuses. Aux jours marqués, les nobles femmes qui en font partie viennent payer leur tribut de zèle et d'affectueux dévouement.

Sept prêtres habitent l'établissement : l'un, comme prieur, est chargé de la discipline; les autres assistent les mourants. Le zèle amène souvent à leur secours d'autres ouvriers évangéliques du clergé séculier et régulier, qui viennent procurer aux infirmes l'abondance des consolations spirituelles : un grand exemple les encourage. Nous lûmes avec bonheur, dans la sala Nuova, une inscription qui mérite bien d'être conservée. Elle rappelle que le Pape Clément XI, étant venu visiter l'hôpital, trouva un malade à l'agonie et ne le quitta plus, lui prodiguant les soins et les exhortations religieuses; jusqu'à ce qu'il le sentit expirer dans ses bras. Comme au Saint-Esprit, une pieuse confrérie accompagne chari-

tablement de ses prières les morts que l'on transporte de l'hôpital au campo santo.

Le Saint-Esprit et Saint-Sauveur, tels sont les deux asiles préparés aux maladies ordinaires. Si le pauvre fils d'Adam est atteint d'une maladie qui demande des opérations douloureuses et un traitement spécial, la charité lui montre le chemin de Saint-Jacques, de Saint- Gallican et de Sainte-Marie de la Consolation. Nous primes le même chemin, et nous allâmes visiter ces nouveaux théâtres, où la charité dispute à la maladie ses trop nombreuses victimes. La place Trajane, la place Colonne, l'ancien quartier du Champ de Mars, furent rapidement franchis, et nous arrivâmes non loin du mausolée d'Auguste : ici se trouve l'hôpital Saint-Jacques, destiné à la haute chirurgie.

On y reçoit les malades des deux sexes, sans distinction de religion et de pays, qui ont des plaies, des ulcères, des humeurs, des syphilis, etc. Pour être admis, il suffit d'être pauvre et atteint d'une maladie incurable : Saint-Jacques peut contenir trois cent soixante-seize lits. Les soins médicaux sont administrés par deux médecins et deux chirurgiens en chef, deux substituts, deux assistants et quinze élèves attachés à l'hôpital. Suivant l'usage, autrefois général en Europe, tous ces hommes de l'art portent un costume particulier. Le surtout rouge, couleur ordinaire des chirurgiens, est pour les étudiants; le blanc, pour les médecins.

Pour faire accepter au malade ces remèdes, quelquefois bien amers, pour le consoler, pour remuer sa couche douloureuse, et l'entourer d'attentions délicates, nous trouvâmes des religieuses hospitalières, auxquelles viennent se joindre souvent les dames romaines de la plus haute distinction. Une commission indépendante, corn-

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