HÔPITAL DE SAINT-GALLICA>T
séparées par une église quadrangulaire, dont un côté a une porte sur la rue; les trois autres sont terminés par des autels. De larges fenêtres bien percées, l'une vis-àvis de l'autre, éclairent et rafraîchissent les salles; à l'extérieur règne un balcon d'où Ton peut facilement ouvrir et fermer les croisées sans déranger les malades. La salle des hommes peut contenir cent vingt lits ; celle des femmes quatre-vingt-huit. Des salles, tenues avec une exquise propreté, nous passâmes dans le bel amphithéâtre dont Léon XII enrichit l'établissement. Des préparations anatomiques, six cuves de bains en marbre, une riche pharmacie avec un laboratoire et une chambre d'opération, assurent aux médecins les ressources, et aux malades tous les soins qu'ils peuvent réclamer.
Dans sa prévoyante sollicitude, Benoit XIII a réglé les conditions d'admission. Les malades qui ont à la fois la gale et la teigne, ou la lèpre et la fièvre, sont admis surle-champ, quels que soient leur nom, leur pays, leur religion; ceux qui ont des maladies cutanées sans fièvre vont se faire soigner tous les jours, s'ils demeurent à Rome ; s'ils viennent du dehors, ils sent reçus avec un ordre des supérieurs : là ne se borne pas la charité romaine. On a remarqué que la teigne naît principalement de la malpropreté de la tête, et se trouve communément chez les enfants de la classe pauvre. Quoiqu'ils n'aient pas toujours la fièvre, on les admet pourtant à l'hospice jusqu'à leur guérison : ils y forment une maison à part.
Tous les matins ils assistent à la messe avec les autres malades; on panse ensuite leurs maux et on les conduit à l'école. Ils ont un réfectoire général, et pour dortoir la magnifique salle de Benoît XIV. Pendant le jour, ils peuvent se promener dans les cours intérieures, et même sortir tous ensemble. Les jeunes filles vivent de même
dans leur quartier. Un conseil de trois membres gouverne l'hôpital, un prieur ecclésiastique dirige la partie des hommes ; les femmes sont confiées à des Soeurs hospitalières qui ont leur noviciat dans la maison. Deux chapelains et deux confesseurs sont chargés des soins spirituels : pour ceux du corps, vous avez un médecin en chef, un assistant interne, un chirurgien qui fait les cours d'anatomie, et deux substituts.
5 Février.
Charité romaine pour les malades qui ont besoin de prompts secours. — Hospice de Sainte -Marie de la Consolation, — des Benfratelli, — pour les malades chroniques ; — pour ceux qui n'ont besoin que de remèdes ou de soins domestiques, les visites et l'aumônerie apostoliques.
Chaque peuple a ses défauts particuliers, le romain comme les autres. La déplorable habitude de se battre au couteau semble naturelle au peuple italien, comme aux autres nations méridionales. J'ai vu un Français et un Romain se quereller pour quelques pièces de monnaie. Dans son impatience, notre compatriote disait : « Je te payerai à coups de bâton. » Le Romain, pâle de colère, lui répondit froidement : « Et moi avec le couteau : Ed xo eon coltello. » Les gamins, dans la rue, recourent à cette arme, à propos de tout, et à propos de rien. Prévenir par tous les moyens de semblables excès, et, s'il ne peut les empêcher, en guérir les tristes suites ; tel est le devoir d'un bon gouvernement : Rome l'entend ainsi. Nous dirons plus tard ce qu'elle fait pour détruire l'abus que nous signalons ; l'ordre de nos courses veut que nous parlions aujourd'hui du remède qu'elle prépare.
Quand vous descendez au Vélabre, on vous montre,