‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 132 sur 215 · CHARITÉ ROMAINE POUR LE CONVALESCENT · texte numérisé non relu

CHARITÉ ROMAINE POUR LE CONVALESCENT

secours nécessaires, il se trouve un malade, l'Aumônerie le fait transporter aux hospices de Rome : la Daterie apostolique consacre à cette bonne œuvre environ sept mille écus par an.

6 Février.

Charité romaine pour le convalescent, — pour le pauvre guéri.— Travaux publics. — Secours particuliers.— Aumônerie apostolique.

Pendant les trois premiers siècles , on put suivre la religion chrétienne à la trace de son sang et la distinguer ainsi des sectes étrangères. Aujourd'hui on peut encore la reconnaître au caractère incommunicable de ses œuvres. Depuis huit jours nous la suivions dans la grande Rome, à la trace de ses bienfaits, et notre course n'était pas finie. Les soins maternels, dont la charité entoure l'homme au berceau et sur son lit de douleur, nous étaient connus; mais si le pauvre malade revient à la santé, sera-t-il jeté dans la rue et abandonné à luimême aussitôt que ses forces, imparfaitement rétablies, lui permettront de regagner sa demeure ? Il en est ainsi chez la plupart des nations civilisées ; Rome tient une autre conduite. Il est vrai , le malade est en convalescence; mais il est encore faible, il ne peut encore gagner son pain du jour, et un travail trop prompt peut amener de fâcheuses rechutes : le temps , une nourriture saine et abondante, un air pur, peuvent seuls lui rendre sa vigueur primitive.

<r Et voilà, dit M. deTournon, que la charité romaine, qui, d'une main si libérale, crée des établissements oîi les malades trouvent des secours, complète son œuvre par une fondation que doivent envier toutes

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nos grandes Tilles. Sur les bords du Tibre s'élève un faste et beau bâtiment destiné aux convalescents, c'està-dire à ceux qui, dans les hôpitaux, ont atteint le moment ou les remèdes sont inutiles, et pour qui un air pur, une nourriture saine, l'absence des travaux et des soucis domestiques, sont les uniques soins. Le convalescent, reçu dans la maison délia Santisshna Trinità de Pellegrini , loin des images funèbres qui, dans les hôpitaux, assiégeaient son lit, ouvre son cœur à l'espérance et à la joie, et peu après la société le retrouve dans un état de santé affermi et prêt à loi être utile *. 9

C'est un saint qui le premier eut la pensée de cet établissement. Touché de compassion , en voyant sortir des hôpitaux des hommes à peine relevés de maladie, exténués, languissants , privés encore des forces nécessaires au travail, saint Philippe de Néri se mit à les recueillir dans la maison que lui donna généreusement la noble dame Héléna Orsini, aux Thermes d'Agrippine. D les gardait jusqu'à ce qu'ils eussent repris leurs forces et qu'ils fussent capables de travail : cela se passait en 1551. La libéralité des souverains pontifes agrandit tellement la maison primitive, qu'elle est devenue le magnifique hospice des pèlerins et des convalescents.

Lors donc qu'un malade doit être congédié de l'hôpital, voici venir un carrosse qui s'arrête sur le seuil. Le malade y monte, et comme un grand personnage on conduit cet enfant de la charité dans une superbe demeure. Tous les hôpitaux de Rome ont une voiture semblable , destinée au même usage. Ces malades sont reçus avec empressement par les confrères, et on les garde

1 Études statistique*, L II, p. 118.

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