TRAVAUX PUBLICS
tant qu'iïs ne sont pas encore entièrement rétablis. Leur nourriture consiste, le matin, en un bouillon et une once et demie de pain; au diner, un potage, dix onces de pain, six de viande, une feuillette de vin et des fruits ; au souper, un potage, trois onces de viande, six de pain , une salade, une demi- feuillette de vin.
Un médecin visite chaque jour l'établissement : si le convalescent éprouve une rechute, on le transporte de nouveau à l'hôpital, ou bien on le conserve à l'hospice quand il n'est pas en état de supporter le trajet. Le nombre moyen des convalescents est d'environ soixante-dix1. Je ne donnerai point ici la description de l'hôpital ; je la réserve pour le jour oh nous viendrons faire notre visite aux pèlerins.
Voilà donc le malade parfaitement guéri; il peut, avec confiance, rentrer dans sa famille. Mais pour vivre, il lui faut du travail, et qui sait s'il en trouvera ? La charité n'a pas voulu lui laisser cette cruelle inquiétude. Intelligente, autant que généreuse, Rome a compris, et peutêtfe la première, que l'aumône la plus utile au pauvre valide est celle du travail. De cette maxime, si chère aux économistes modernes, voyez quelle magnifique application dans la cité des pontifes! En fait de travaux publics, Rome chrétienne rivalise avec les capitales de l'Europe, ou plutôt elle les surpasse toutes. Les papes ont entrepris des ouvrages séculaires, non -seulement pour répandre sur la ville la gloire et la splendeur, mais aussi pour offrir aux pauvres inoccupés un moyen de profit et de soulagement. Tel fut, en particulier, le but de Sixte V, d'Innocent XII, de Pie VI, de Pie VII, dans leurs immortelles entreprises. Quoique
4 Mork H., p. 80.
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pauvre, Grégoire XVI consacre à cet objet annuelle de 92,293 écus '.
Les ouvriers sont ordinairement an nombre de six cents; on leur donne par jour douze baioques et un pain. Afin d'empêcher llnconduite on la paresse, on congédie celui qui manque trois fois de suite. L'administration se compose de deux inspecteurs, de huit surveillants, de trente-deux caporaux, de quelques greffiers et gardiens, qui tous, excepté les inspecteurs, sont pris parmi les ouvriers eux-mêmes.
Pendant notre séjour à Rome, les pauvres étaient occupas aux fouilles du Forum ; les vieillards désherbaient la voie Sacrée ou curaient les fosses du Palatin ; d'autres étaient employés à la bâtisse de Saint-Paul hors des Murs, et une soixantaine environ aux forges de Tivoli. Il est bon de remarquer que tous les travaux publics de conservation, de déblayement et de constructions romaines, profitent à l'Europe entière. Chaque année des milliers de savants et d'artistes viennent les étudier; et si une chose étonne, c'est qu'un petit nombre seulement songent à bénir la main, deux fois bienfaisante, qui accomplit ces utiles ouvrages.
Malgré sa bonne volonté, il se peut que l'ouvrier ne puisse par son labeur subvenir aux besoins de sa famille. La charité romaine vient alors à son aide, et résout de la manière la plus libérale le redoutable problème des sociétés modernes : l'abondance des uns supplée dans de justes limites à l'indigence des autres. Il serait trop long de nommeren détail toutes les œuvres charitables qui ont pour objet les secours à domicile. Je dirai seulement qu'à la personne du souverain pontife est attaché un
1 Moricu., 17 et 174.