‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 141 sur 215 · VISITE A SAINTE-GALLE ET A SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

VISITE A SAINTE-GALLE ET A SAINT-LOUIS

chercher dans les rues et les carrefours, les faire monter dans son carrosse et les conduire à son hospice l.

Il parvint à en recueillir jusqu'à cinq ou six cents , dont il réparait les haillons décousus, raccommodait les chaussures, et auxquels il donnait un lit, du feu et une soupe qu'il leur offrait de ses propres mains; mais son principal but était de les instruire dans les choses de la foi. Innocent X, don Livio et don Baldassare Odelcaschi, tous membres de l'illustre famille si connue à Rome par sa généreuse charité, assurèrent la perpétuité de cette œuvre.

Aujourd'hui, les pauvres trouvent donc à Sainte- Galle un abri pour leur sommeil et un lit composé de supports, de tablettes, d'une paillasse, de draps et de couvertures. En été, on les y reçoit jusqu'à huit heures du soir; en hiver, jusqu'à huit heures et demie. On compte 244 lits distribués en cinq dortoirs : trois sont communs; un autre sert aux maladies de la peau ; un cinquième est destiné aux ecclésiastiques : ce dernier est de onze lits. Le refuge est ouvert tant que le pauvre en a besoin.

Nous entrâmes avec ces membres souffrants du Sauveur, ou plutôt avec nos maîtres, suivant l'évangélique expression de saint Jean l'Aumônier. Plusieurs ecclésiastiques étaient là qui les recevaient avec une grande cordialité. On leur fit prendre place, puis on commença à leur rompre le pain de la charité spirituelle. Un jour, c'est le catéchisme, un autre jour, le chapelet ; le samedi, un trait d'histoire relatif à la Sainte Vierge : on les confesse quand il y a lieu. CiCS différents exercices,

1 Egli medesimo si andava cercando per le vie e per le piazze di Roma, e ritrovandone li conduceva in carozza in quest' ospizio. Const., 209.

accompagnés quelquefois de chants, se prolongent fort avant dans la nuit. Chaque année, on leur donne nne petite retraite, et le 3 octobre, jour de la fête de Sainte- Galle, on tire an sort nne liste de douze pauvres auxquels on sert un bon dîner.

Cette maternelle charité qui accueille les hommes à Sainte-Galle, nous la retrouvâmes à Saint-Louis, s'exerçant à l'égard des femmes. Ce nouvel hospice, voisin du premier, fut fondé au commencement du dernier siècle par le vénérable père Gallazi de Florence. Il se compose de deux dortoirs, d'une chapelle, d'une salle de récréation et d'un jardin. Les revenus actuels ne permettent pas d'avoir plus de trente lits ; mais le local en contiendrait le double. Les pauvres femmes qui, vers Y Angélus du soir, se présentent, sont admises tant qu'il y a place. On exclut seulement les malades, les femmes enceintes, celles affectées de maux cutanés, puisqu'elles ont des refuges spéciaux. Des personnes charitables les reçoivent et les instruisent. Après l'instruction et la prière, on les envoie dans leursl its, composés de paillasses, de draps et de couvertures. Le matin, à peine levées, elles sortent et vont à leurs travaux. Une lois par mois elles entendent toutes la messe et communient dans l'hospice. Ce jour-là, on leur donne un demi-paul par tête (25 cent.) en compensation de ce qu'elles auraient pu gagner pendant ce temps *.

A la vue de tant de soins, de tant de respect pour le pauvre, jadis si profondément méprisé de la société païenne, et aujourd'hui si mal compris dans nos sociétés matérialistes, les yeux du voyageur se mouillent de douces larmes, et sa mémoire lui rappelle l'oracle du

1 Constanzi, p. 209. — MORIRH.* p. 434.

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