‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 153 sur 215 · ÉCOLES GRATUITES · texte numérisé non relu

ÉCOLES GRATUITES

enseigner aux enfants le catéchisme, la lecture, récriture, l'arithmétique ; à renseignement, le saint fondateur ajoutait la fourniture des livres et de tous les autres menus objets que la pauvreté de ces chers enfants ne leur eût pas permis de se procurer.

Bientôt les écoles pieuses passèrent au palais Vestri, près de l'église de Saint-André délia Valle. Là prit naissance une société de prêtres instituteurs, et saint Joseph reçut le titre de préfet des Écoles pies. U donna à sa congrégation le nom touchant de pauvres de la Mère de Dieu des écoles pies. La pauvreté, Marie, Y enfance, ces trois mots allaient droit à l'âme et attiraient des bénédictions et des secours abondants aux hommes dévoués qui les adoptaient pour devise.

Ajoutez que, par un trait de charité bien digne d'un saint, Joseph admettait les enfants juifs eux-mêmes, et souvent on l'entendit tonner, dans ses prédications, contre l'usage de la populace romaine, qui poursuivait de ses insultes ces pauvres petits malheureux, à cause de leur religion. Clément VIII approuva la nouvelle congrégation, qui devint un ordre régulier avec les trois vœux ordinaires, et de plus la consécration à l'enseignement.

Le saint s'appliquait surtout à élever les enfants sous l'empire d'une sage discipline ; les religieux [Scalopiï) observent encore la même méthode. Ils reçoivent gratuitement les enfants de toute condition, dès l'âge de sept ans, et leur donnent trois heures de leçon le matin et autant le soir. Les élèves vont à la messe tous les jours, disent leurs prières au commencement et à la fin des classes; ils se réunissent, même le dimanche, dans leurs salles, pour se livrer à divers exercices religieux, entre autres, pour réciter le petit office to V^6sAk^^*s-

Chaque année, aux environs <le Pâques, on donne à tous ces enfants les exercices de la retraite *.

Combien de fois nous avons vu, en passant devant Saint-Pantaléon, à la fin des classes, les bons religieux, fidèles à l'exemple de leur père , accompagnant les écoliers jusque chez leurs parents ! Pour cela, les enfants sortent en rang, et se dirigent deux à deux vers les différents quartiers de Rome ; la file diminue petit à petit, à mesure qu'ils arrivent à leurs habitations respectives. Ainsi l'on évite, et le tapage, et le désordre, et les accidents qui ne manqueraient pas d'arriver parmi cette multitude d'enfants abandonnés à eux-mêmes. A l'enseignement élémentaire, les écoles de Saint-Pantaléon joignent l'instruction supérieure , et même les éléments de la grammaire latine.

Que la France soit fière, elle le peut à bon droit, de ses écoles chrétiennes ; mais, fille respectueuse, qu'elle cède encore ici le pas à sa mère. Rome a sur elle, comme sur toutes les autres Églises, le glorieux avantage d'avoir ouvert la première des écoles gratuites pour les enfants du peuple. C'est un saint prêtre qui, luttant avec courage contre tous les obstacles, a laissé au monde ce bel exemple, et la religion peut dire que renseignement des pauvres lui appartient, et par droit de naissance, et par droit de conquête. Double injustice de vouloir le luiôter; mais aussi double châtiment et double malheur : je désire n'être pas prophète.

Sur les pas de saint Joseph deCalasanz, on vit accourir de saints prêtres, de vertueux laïques, jaloux de partager, et les pénibles travaux, et les récompenses éternelles du généreux ami de l'enfance. En 1727, Benoît XIII

1 Coxstanzi, t. \, p. \^ \ff\.

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